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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 17:38

 

http://www.melenchon.fr/2017/02/17/jean-luc-melenchon-propose-rendez-vous-benoit-hamon

 

Jean-Luc Mélenchon propose un rendez-vous à Benoît Hamon

 

Vendredi 17 février 2017

 

À Strasbourg, voir la vidéo du discours, j’ai proposé à Benoît Hamon un rendez vous la semaine prochaine. Mon intention est de faire cesser la partie de cache-cache qui dure depuis son investiture. Dès le lendemain, il a pris contact, enfin. Je lui parlerai aujourd’hui. Pour faciliter la conversation et lui donner un cadre clair, j’ai résumé ma position dans une lettre. Dans la mesure où a immédiatement commencé une communication qui n’est pas de mon fait, je publie cette lettre ici pour que nul ne l’ignore. Je ne pratiquerai aucune diplomatie secrète. Je n’ai rien à marchander. Mon souhait est que Benoît Hamon continue a se rapprocher de nos positions et qu’il rompe pour de bon avec le système du Parti Socialiste et du gouvernement.

Pour discuter, je demande des garanties. Sinon mieux vaut en rester là. Car à soixante dix jours du premier tour des élections présidentielles, ma priorité est à la diffusion du programme de l'avenir en commun pour convaincre et entraîner.

 

Bonjour Benoît Hamon,

 

Lors de mon meeting à Strasbourg, j’ai pris l’initiative de te proposer publiquement une rencontre. J’ai proposé la fin de la semaine prochaine compte tenu des rudes obligations de mon calendrier. Tu avais dit que tu me contacterais dès ton investiture. Mais tu n’en as pas eu le temps. Il en résultait un harcèlement de questions exclusivement sur ce thème de la part des médias et il devenait difficile de s’épargner le ridicule d’une situation qui semblait bloquée. Or, elle ne l’est pas de mon fait. J’ai rencontré avec grand plaisir Yannick Jadot à Strasbourg et je te verrai de même. Demain nous allons échanger une première fois, de vive voix.

Pour faciliter notre échange, je voudrai résumer ici ce que j’ai dit sur le sujet à Strasbourg et au cours de divers entretiens.

Ton investiture a exprimé un net désaveu de la politique du quinquennat. Non seulement du point de vue de ton programme mais aussi du fait de la rude sanction qu’a subie le premier ministre emblématique de cette période qu’est Manuel Valls. À présent tu proposes une convergence de nos forces dans les élections présidentielles et dans les élections législatives.

Je ne crois pas un instant qu’elles puissent s’ajouter sans que de très sérieuses garanties ait été données. Au contraire, des accords d’appareils pourraient bien, hélas, démoraliser et désorganiser ce qui a été rassemblé de part et d’autre.

Voyons ce que nous pouvons faire d’utile. Nous sommes bien d’accord que les élections présidentielles et les élections législatives sont étroitement liées. Dans ces conditions parlons-nous avec sérieux, sincérité et loyauté à l’égard de notre peuple pour éclairer la décision et le choix qu’il va faire.

Tu as dit que tu ne faisais aucun préalable même de ta propre candidature. C’est une attitude positive. Mais tu as aussi déclaré qu’en toute hypothèse il y aura un bulletin de vote à ton nom le Dimanche 23 Avril 2017. Que devons-nous retenir ? Nous proposes-tu une candidature unique au premier tour des élections présidentielles ?

En toute hypothèse, il s’agit d’être prêt à convaincre à entraîner et à gouverner. Cela nécessite confiance et cohérence. Sans que cela soit attaché à ta personne ni à ton talent, il est évident que dans les sondages ta candidature reste à un niveau extrêmement bas par rapport aux scores traditionnels du Parti Socialiste. C’est cela le bilan de ce quinquennat. Le Parti Socialiste dont tu es le candidat n’est plus en mesure de fédérer les français. Tout est à reconstruire dans notre pays.

Veux-tu t’atteler à cette tâche ? Un accord à l’ancienne ne le pourra jamais. D’autant que le quinquennat de François Hollande a montré quel usage un candidat du Parti Socialiste pouvait faire de ses engagements les plus solennels. Je te fais de bon cœur crédit de ta bonne foi. Mais nous ne pouvons avoir la naïveté de te croire sur parole alors même que tu es et que tu reste le candidat d’un parti et d’élus majoritairement hostiles à l’orientation que tu défends. Il est donc légitime et honnête que nous te demandions des garanties politiques précises sur ton engagement à rompre avec le quinquennat et son bilan.

Comment sans cela parler de quoi que ce soit avec confiance ?

La première garantie concerne le périmètre de la convergence. Nous ne voulons aucun accord ni aux élections présidentielles ni aux élections législatives avec Emmanuel Macron et son mouvement. Pour nous, ce que nous connaissons du programme d’Emmanuel Macron est purement et simplement la poursuite ou le durcissement de la politique mise en œuvre par François Hollande.

La seconde garantie concerne ta propre volonté d’assumer la rupture avec la politique du quinquennat et donc l’engagement clair à en abolir les mesures emblématique c’est-à-dire essentiellement la loi travail, le Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE) et l’état d’urgence permanent. Cela se traduira par la mise à l’écart des prochaines élections notamment des ministres du gouvernement qui a imposé cette loi travail à coup de quarante neuvième article de la constitution.

Mais nous croyons qu’à la rupture doit s’ajouter une volonté positive d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de notre pays. Notre programme comporte trois cent cinquante sept mesures.

Nous le mettons à la disposition de la discussion. Mais nous croyons que l’essentiel de l’esprit qu’il incarne, en lien avec les enseignements de l’alter mondialisme, est à la base du contrat à nouer avec notre peuple.

Compte tenu de ce que nous t’avons entendu dire, nous croyons qu’il t’est possible de t’avancer largement vers ces positions quitte à ce que ceux qui te combattront de toute façon dans ton parti prennent leur distance.

Nous demandons la garantie de tourner la page de la monarchie présidentielle avec la convocation d’une assemblée constituante dans les trois premiers mois de la nouvelle mandature.

Nous demandons la garantie d’ouvrir le chapitre d’un cycle vertueux du partage de la richesse. Je suppose que nous sommes d’accord sur l’augmentation du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) et des minima sociaux. Mais il faut ouvrir de nouveaux horizons de progrès social avec l’échelle des salaires limitée de un à vingt, l’instauration de la sécurité sociale intégrale et au minimum le retour aux trente cinq heures réelles comme à la retraite à soixante ans avec quarante annuités.

Nous demandons la garantie du changement de la matrice productive du pays avec la sortie du nucléaire et le passage au cent pour cent d’énergies renouvelables.

Nous demandons la garantie de la récupération de l’autonomie économique de notre pays avec l’annonce du retrait de la signature de la France du Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) et avec l'organisation de la consultation du peuple sur cet accord.

Nous demandons la garantie de l'arrêt immédiat de l’application des directives européennes mettant en cause les services publics de notre pays et le passage au plan B en cas d’échec des discussions avec nos partenaires européens pour mettre fin à la politique des traités budgétaires et des semestres européens.

Nous demandons la garantie de l’indépendance de notre pays vis-à-vis de l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) avec la sortie de cette alliance militaire et le retour à une politique pour la paix et pour le désarmement dans le monde.

En t’adressant ces lignes, j’ai le sentiment de répondre à une exigence de sérieux et de sincérité dans les relations politiques. Comme la majorité de notre peuple, je n’ai plus aucune confiance dans les accords d’appareils entre les partis politiques. Le mouvement de la France Insoumise s’est constitué sur un programme et une candidature qui le porte, rien d’autre. Cela nous suffit amplement pour vouloir en convaincre le grand nombre. Mais s’il existe une possibilité que la trame essentielle de ce qui nous a regroupés puisse aussi fédérer des partis politiques de la gauche traditionnelle, je suis prêt à consulter les deux cent cinquante mille personnes qui se sont personnellement engagées à mes côtés sur la proposition qui leur serait faite.

Mais je veux dire directement et franchement que je ne saurai composer avec les engagements que j’ai pris, ni faire confiance à ta parole sans garantie ferme et solide de ta part, avec l’espoir de t’en convaincre.

 

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