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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 19:57

 

Rex Tillerson fragilisé avant même son arrivée au département d’état (Reuters)

 

La tâche de Rex Tillerson, futur chef de la diplomatie américaine, s'est compliquée avant même son entrée en fonction.

La faute, dit-on à Washington, aux décrets de Donald Trump qui ont soulevé l'indignation des pays musulmans, de l'Union Européenne, du Mexique et même d'un partie de son administration.

L’ancien patron d'Exxon Mobil qui, sauf accident, doit devenir Mercredi Premier Février 2017 le soixante neuvième secrétaire d’état après le feu vert des sénateurs des Etats Unis, aurait quoi qu'il en soit hérité d'une situation délicate.

Les sujets de préoccupation ne manquent pas, entre la poursuite du conflit syrien, les provocations de la Corée du Nord, qui promet de tester prochainement un missile intercontinental, ou l'assurance de plus en marquée de la Chine et de la Russie sur la scène internationale.

Or, dans les douze jours ayant suivi son investiture, le nouveau locataire de la Maison Blanche a encore aggravé la situation avec une série de décisions qui, pour les professionnels de la diplomatie, sont loin de faire les affaires de Washington.

« Nous avons marqué contre notre camp », juge un membre éminent de l'exécutif ayant requis l'anonymat. « Il y a toujours des ratés et des tensions à l'arrivée d'une nouvelle administration. Ce n'est pas nouveau, mais cette fois c'est pire que d'habitude ».

Le président du Mexique, Enrique Peña Nieto, Jeudi 26 Janvier 2017, fait rare, a pris la décision d'annuler la rencontre prévue Mardi 31 Janvier 2017 avec Donald Trump, qui avait signé la veille un décret autorisant la construction d'un mur à la frontière et promis à nouveau de le faire financer par Mexico.

Vendredi 27 Janvier 2017, le nouveau président des Etats-Unis a suspendu l'accueil des réfugiés et il a interdit provisoirement aux ressortissants de sept pays musulmans de se rendre aux Etats-Unis, ce qui lui a valu les foudres d'une bonne part de la communauté internationale, mais aussi celles de fonctionnaires du département d’état.

Neuf cents d'entre eux ont signé une note dénonçant cette décision, selon une source proche de l'initiative. Alors que cette fronde tout à fait inhabituelle s'ébruitait, le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a invité Lundi 30 Janvier 2017 les membres de l'administration en désaccord avec leur chef à « adhérer à son programme ou à prendre la porte ».

En plus des tensions internationales, Rex Tillerson devra donc désamorcer une crise interne.

« Il va commencer avec un handicap et devra s'employer pour gagner la confiance de ses homologues comme celle du personnel du département d’état », estime John Bellinger, conseiller juridique du ministère sous la présidence de George Bush.

Sans même parler de consultations avec le congrès ou avec les alliés des Etats-Unis, plusieurs membres de la nouvelle équipe et de celles qui l'ont précédée doutent que le décret du Vendredi 27 Janvier 2017 ait fait l'objet d'un réel débat au sein du gouvernement avant d'entrer en vigueur.

John Kelly, secrétaire à la sécurité intérieure, aurait lui-même été pris de cours. Selon le New York Times, il en a été informé lors d'une téléconférence avec la Maison Blanche au moment même où Donald Trump le signait.

L'idée que le président puisse prendre des décisions sans consulter les membres de son gouvernement risque de nuire à la crédibilité du nouveau secrétaire d’état, souligne Loren de Jonge Schulman, une ancienne du ministère de la défense qui a siégé au conseil de sécurité nationale.

« Le pouvoir et l'influence du secrétaire d’état découlent en premier lieu de l'idée qu'il parle au nom du président », souligne-t-elle.

 

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