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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 18:10

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/08/russie-pas-de-repit-pour-l-opposant-alexei-navalny_1547236

 

Pas de répit pour l'opposant Alexeï Navalny

 

Par Veronika Dorman

 

L'adversaire principal de Vladimir Poutine a été condamné Mercredi 8 Février 2017 à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds.

C’est une affaire qui n’en finit pas de traîner et de rebondir. Alexeï Navalny, la figure la plus en vue de l’opposition à Vladimir Poutine, a été condamné Mercredi 8 Février 2017 pour la deuxième fois, dans la même affaire, à la même peine de cinq ans de prison avec sursis et huit mille euros d’amende. Il est accusé par la justice russe d’avoir orchestré en 2009 un détournement de fonds à hauteur de quatre cent mille euros au détriment de la société publique d’exploitation forestière Kirovles. A l’époque, il était conseiller du gouverneur libéral de la région de Kirov, à neuf cent kilomètres de Moscou, Nikita Belykh, lui-même en détention depuis l’été dernier car soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin.

Lors d’un premier procès, selon lui complètement fabriqué dans le but de gêner son ascension politique, Alexeï Navalny avait été condamné, en 2013, à une peine identique. La décision du juge est la même à la virgule près. Littéralement. Il a simplement recopié la précédente, a révélé l’opposant, blogueur invétéré, dans une série de tweets, publiés depuis la salle d’audience. « Il lit mot pour mot la condamnation précédente », a écrit Alexeï Navalny, en publiant des photographies de cet ancien document. Ce qui rendait la situation encore plus cocasse, c’est que cette condamnation de 2013, après avoir été dénoncée comme « arbitraire et politiquement motivée » par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), avait été cassée par la cour suprême russe au mois de novembre 2016 et renvoyée en première instance.

Depuis qu’il a pris la tête de l’opposition contre Vladimir Poutine, pendant les manifestations de 2011 et de 2012, Alexeï Navalny, avocat, fustige infatigablement le pouvoir. Spécialisé dans les enquêtes sur le patrimoine caché des proches de Vladimir Poutine et autres députés et gouverneurs, mais aussi sur les schémas de corruption à grande échelle, organisés par ces élites, il est régulièrement aux prises avec la justice.

Condamné à de multiples reprises à des peines administratives à l’issue de manifestations, il écope en 2014 de trois ans et demi de prison avec sursis pour une autre affaire de détournement de fonds, au détriment cette fois d’une filiale russe de la société Yves Rocher. Toutefois, au mois de septembre 2013, à son étonnement, il est autorisé à briguer la mairie de Moscou. Sans surprise, il ne parvient pas à déloger le maire sortant Sergei Sobianine, mais fait néanmoins un score honorable, en arrivant deuxième avec vingt sept pour cent des voix.

Pour Alexeï Navalny, il n’y a aucun doute, l’affaire Kirovles est principalement destinée à saper ses ambitions politiques et notamment son intention de défier le Kremlin aux élections présidentielles de 2018.

« Ce que nous venons de voir, c’est une sorte de télégramme de la part du Kremlin », a déclaré l’opposant à l’issue du jugement. « Ils me considèrent, moi, mes partisans et mes électeurs, comme étant trop dangereux pour nous laisser participer aux élections. Mais nous ne reconnaissons pas ce jugement, il sera annulé. En vertu de la constitution, j’ai le droit de participer au scrutin ».

Si l'opposant n’a rien perdu de sa résolution et de son désir de braver le système, son avenir politique demeure incertain. Effectivement, la constitution russe permet à quiconque n’est pas en détention de se porter candidat à des élections.

Sauf que selon la loi électorale, le cent soixantième article du code pénal en vertu duquel Alexeï Navalny a été condamné, un crime grave le rend inéligible. Même en cas de réhabilitation ou d’annulation judiciaire, il faut attendre dix ans avant de pouvoir se présenter. Par ailleurs, cette même loi stipule que tout candidat, s’il a fait l’objet d’une condamnation, doit avoir impérativement purgé sa peine, qu’il s’agisse de prison ferme ou de sursis. Or, si le jugement entre en vigueur, la justice prenant en compte trois ans et demi de la peine originelle, il restera à Alexeï Navalny dix huit mois à purger, selon son avocate Olga Mikhailova. Ce qui ne lui permettra pas de se présenter aux élections présidentielles du mois de mars 2018.

En réalité, quels que soient les conflits institutionnels, c’est le Kremlin qui décidera in fine si le candidat de l’opposition pourra tenter sa chance, insistent les observateurs. Et le pouvoir ne sera pas guidé par des impératifs de liberté démocratique, mais par ses intérêts propres.

« Le but du Kremlin est que le prochain scrutin ne soit pas une vaste blague », a expliqué à Reuters la politologue Lilia Shestova. « Et Alexeï Navalny est gardé en réserve, comme un atout, mais il est trop tôt pour dire si la carte sera jouée ».

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