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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 19:14

 

CAMPAGNE POUR OZGUR GUNDEM

 

Le site www.kedistan.net publiait récemment un très long message relatif à la répression du gouvernement turc contre le quotidien turc Ozgur Gundem.

 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie de ce message.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.kedistan.net à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.kedistan.net/2017/03/16/campagne-pour-ozgur-gundem

 

CAMPAGNE POUR OZGUR GUNDEM

 

Mais qu’était donc cette campagne pour Özgür Gündem ?

 

Par Anne Rochelle

 

Jeudi 16 Mars 2017

 

Bloqué une première fois le premier juillet 2016 par les autorités, le site internet d’Özgür Gündem est de nouveau rendu inaccessible le 27 juillet 2016. Et le 16 août 2016, c’est le quotidien lui-même qui est fermé par un décret statutaire, au prétexte qu’il fait régulièrement la propagande du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et qu’il est ni plus ni moins que l’organe de presse d’une organisation terroriste armée, sous entendu le PKK.

Ce n’est certes pas la première fois que le journal est aux prises avec le pouvoir. Né en 1992, Özgür Gündem a été fermé sur décision judiciaire en 1994, faisant alors l’objet d’environ cinq cent actions en justice, et jusqu’en 2011, il a été imprimé sous d’autres noms. Pire, il a déjà du faire face à des attentats, mais aussi à l’assassinat ou aux tentatives d’assassinat de plusieurs de ses contributeurs, Hafız Akdemir, tué le 8 juin 1992, Yahya Orhan, tué le premier juillet 1992, Burhan Karadeniz, blessé et paralysé le 5 aout 1992, Hüseyin Deniz, tué le 9 aout 1992, et Musa Anter, tué le 20 septembre 1992. Du reste, même après avoir repris son activité légale, le journal a encore fait l’objet d’une descente policière à la fin de l'année 2011 et ses derniers journalistes emprisonnés n’ont été libérés qu’au printemps 2014, après avoir pour certains passé deux ans et demi derrière les barreaux.

Alors, l’équipe n’est pas tout à fait surprise par le raid policier qui suit immédiatement l’arrêté de fermeture du journal, même si l’intervention est brutale. Les arrestations qui vont suivre s’inscrivent somme toute elles aussi dans une logique prévisible. Reste qu’elles ne vont pas se limiter aux « rédacteurs en chef de garde » et aux journalistes du quotidien. Mais toucher également des chroniqueurs plus ou moins occasionnels, voire de simples conseillers éditoriaux. C'est ainsi que, suite au raid dans les locaux du journal, la police fait une descente infructueuse aux domiciles d’Eren Keskin, avocate chroniqueuse, de Filiz Koçali, femme politique et journaliste, de Ragıp Zarakolu, activiste et éditeur, ou encore de la romancière Aslı Erdoğan, qui se retrouve mise en joue chez elle par des policiers armés, puis menottée et embarquée.

Au bilan, après la mise sous scellés des locaux d’Özgür Gündem, le journal sera liquidé par décret le 29 octobre2016 et, sur cinquante six personnes ayant participé à la campagne de solidarité, pas moins de cinquante personnes feront l’objet de poursuites judiciaires. Parmi elles, trente six personnes devront faire face à un procès, une vingtaine de personnes seront mises en garde à vue et l’une d'entre elles va passer plusieurs mois en détention provisoire, la linguiste Necmiye Alpay. Vont également être emprisonnés la romancière Aslı Erdoğan, pour des chroniques et pour sa collaboration en tant que conseillère éditoriale, le rédacteur en chef du quotidien, Zana Kaya, mais aussi Hakan Ergün, distributeur du journal ainsi que du quotidien kurde Azadiya Welat, İnan Kızılkaya, directeur de la rédaction du journal, et Kemal Sancili, propriétaire du titre. Ces trois derniers sont toujours derrière les barreaux. Quand sortiront-ils ? Certains des inculpés risquent-ils de les rejoindre ?

Difficile de se prononcer pour l’instant. Les premières condamnations sont tombées le 13 janvier 2017, le musicien et défenseur des droits de l’homme Şanar Yurdatapan et l’éditeur İbrahim Aydın Bodur ont été reconnus coupables de propagande pour une organisation terroriste et de publication de communiqués d’une organisation terroriste par un tribunal d’Istanbul et ils ont été condamnés chacun à quinze mois de prison avec sursis et six mille lires turques d’amende, soit environ mille cinq cent euros.

Depuis, d’autres « rédacteurs en chef de garde » ont écopé de peines similaires ou du même ordre. L'écrivain et journaliste Cengiz Baysoy, l’élue du parti démocratique des peuples (HDP) Çilem Küçükkele et la journaliste et auteure Nadire Mater, ont été condamnés à quinze mois de prison avec sursis et à six mille lires turques d'amende.

Le scénariste Yıldırım Türker a été condamné à vingt deux mois et quinze jours de prison avec sursis. L'écrivain Murat Uyurkulak et les journalistes Kumru Başer et Ayşe Batumlu ont été condamnés à quinze mois de prison avec sursis. La journaliste Derya Okatan et le fils de Musa Anter ont été condamnés à sept mille lires turques d'amende et les journalistes Faruk Balıkçı et Hasan Cemal ont été condamnés à six mille lires turques d'amende, des dossiers où le chef d’accusation de « propagande pour une organisation terroriste » n’a pas été retenu.

D'ici le 4 juillet 2017, pas moins de huit audiences sont encore prévues, sans compter les reports, et notamment celui du procès de la romancière Aslı Erdoğan. Des audiences où vont se jouer la destinée d’une vingtaine de personnes, dont le seul crime est de s’être montrées solidaires envers un journal persécuté et, plus largement, de défendre les droits et la liberté de la presse. Alors nous aussi, nous devons faire preuve de solidarité. Parler d’eux et d’elles. Les lire. Les faire lire. Les faire connaître. Et surtout, ne pas les oublier.

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