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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 21:15

 

François Hollande et Bernard Cazeneuve tranchent le cas de Bruno Le Roux (Reuters)

 

François Hollande et Bernard Cazeneuve ont tranché Mardi 21 Mars 2017 le cas du ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux, qui a démissionné moins de vingt quatre heures après des révélations sur l'emploi de ses filles comme assistantes parlementaires à l’assemblée nationale.

A trente trois jours du premier tour des élections présidentielles, le chef de l’état et le premier ministre ont ainsi évité de prêter le flanc aux accusations d'instrumentalisation de la justice brandies par le candidat de la droite, François Fillon.

L'ancien premier ministre, mis en examen dans l'affaire des emplois fictifs présumés dont aurait notamment bénéficié son épouse Pénélope Fillon comme assistante parlementaire, n'a de cesse de dénoncer le traitement particulier dont il se dit la cible.

Le Parquet National Financier (PNF) a agi avec une célérité plus grande encore dans le cas de Bruno Le Roux, en annonçant Mardi 21 Mars 2017 en début d'après-midi l'ouverture d'une enquête préliminaire visant le ministre de l’intérieur.

L’ancien chef de file des députés socialistes a alors été reçu par François Hollande en présence de Bernard Cazeneuve.

Mardi 21 Mars 2017 peu après 18 heures, après une rencontre avec des élus de Seine-Saint-Denis, il a annoncé à la préfecture de Bobigny sa démission d'un ministère où il avait succédé à Bernard Cazeneuve il y a seulement trois mois et demi, le 6 décembre 2016.

Peu après, l'Elysée annonçait son remplacement par une étoile montante du Parti Socialiste, Matthias Fekl, jusqu'ici secrétaire d’état au commerce extérieur et soutien du candidat socialiste au premier tour des élections présidentielles, Benoît Hamon.

L'enquête ouverte par le PNF et confiée à l'Office Central de Lutte contre la Corruption et les Infractions Financières et Fiscales (OCLCIFF) vise des faits révélés Lundi 20 Mars 2017 par une émission de la chaîne de télévision TMC.

Selon cette émission, les filles de Bruno Le Roux, âgées aujourd'hui de vingt trois et de vingt ans, auraient cumulé respectivement quatorze et dix Contrats à Durée Déterminée (CDD) effectués pendant les vacances scolaires, entre 2009 et 2016.

Lors de deux contrats spécifiques, l'aînée était en même temps en stage à plein temps chez Yves Rocher, en Belgique, et la benjamine en cours en classe préparatoire à Paris.

Bruno Le Roux a admis avoir embauché ses deux filles comme collaboratrices parlementaires pour des emplois d'été.

« Ces contrats, ponctuels et officiels, conformes aux règles juridiques des services de l’assemblée nationale, correspondaient tous bien sûr à des travaux effectivement réalisés », s'est-il défendu dans son discours de Bobigny.

Mais « je ne veux à aucun prix que ce débat fait d’amalgames puisse porter atteinte au travail du gouvernement », a-t-il poursuivi. « La responsabilité particulière qu'impose la lutte quotidienne contre le terrorisme, contre la délinquance et pour la maîtrise des flux migratoires, implique de ne prêter le flanc à aucune instrumentalisation. J'affirme mon honnêteté dans les rapports humains comme dans tous mes actes politiques. Mais ma responsabilité est aussi de préserver totalement l’action gouvernementale, c’est pourquoi j’ai adressé ma démission au président de la république ».

Bruno Le Roux est le troisième ministre de François Hollande contraint de démissionner dans ce type de conditions, après l’ancien ministre du budget Jérôme Cahuzac, accusé de fraude fiscale, il y a quatre ans, et l’ancien secrétaire d’état au commerce extérieur, Thomas Thévenoud, lui aussi en délicatesse avec le fisc, au mois de septembre 2014.

Cette affaire intervient alors que la moralisation de la vie publique est devenue un des thèmes de la campagne présidentielle après la mise en examen de François Fillon et les déboires judiciaires de la candidate du Front National, Marine Le Pen.

Le candidat du Mouvement En Marche, Emmanuel Macron, a promis une « grande loi de moralisation de la vie publique ».

Lors du premier débat télévisé des prétendants à l'Elysée, Lundi 20 Mars 2017, François Fillon a pour sa part promis, s'il est élu, la création d'une commission chargée de faire des propositions en matière de transparence de la vie publique.

La plupart des candidats se sont dits pour une interdiction de l'emploi par les parlementaires de membres de leur famille.

 

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