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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 17:38

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/03/17/le-desarmement-de-l-organisation-eta-un-casse-tete-pour-l-etat_5096216_1653578.html

 

Le désarmement de l’organisation Euskadi Ta Askatasuna (ETA), un casse-tête pour l'état

 

Un collectif de la société civile veut restituer l'arsenal militaire de l'organisation basque caché en France

 

Par Rémi Barroux et Julia Pascual

 

Vendredi 17 Mars 2017

 

L’organisation ETA va-t-elle définitivement rendre les armes ?

 

L’essentiel de l’arsenal militaire des séparatistes d'ETA est caché en France. Depuis l’abandon de la lutte armée en 2014, ces centaines de fusils d’assaut, de pistolets et d’explosifs restent disséminés dans la nature et chez des particuliers.

Une première tentative de désarmement, dans la soirée du 16 décembre 2016 à Louhossoa, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, près de Bayonne, s’était soldée par une spectaculaire intervention policière.

Cinq personnes de la société civile, un syndicaliste, un agriculteur, un viticulteur et deux journalistes, chargées de rendre dix caisses d’armes aux autorités françaises, sans que celles-ci se soient engagées à les réceptionner, avaient été arrêtées. Après l’émotion suscitée par ces interpellations, les opérations de désarmement vont reprendre.

Le collectif Bake Bidea, le Chemin de la Paix, représentant divers secteurs de la vie sociale, politique, syndicale et associative du pays basque français, organise un colloque à Biarritz, le Vendredi 17 Mars et le Samedi 18 Mars 2017, intitulé « le désarmement au service du processus de paix », pour réfléchir à l’après-Louhossoa. Selon les informations du Monde, une initiative d’ampleur permettant de restituer l’ensemble de l’arsenal d’ETA, le stock de dix caisses saisi au mois de décembre 2016 ne représente que quinze pour cent de l’ensemble de l’armement de l’organisation, est prévue pour le Samedi 8 Avril 2017.

Plusieurs centaines de personnes de la société civile et de nombreux élus de la région participeraient à cette opération d’une ampleur inédite.

« ETA nous a confié la responsabilité du désarmement de son arsenal et, au soir du Samedi 8 Avril 2017, ETA sera totalement désarmée », confirme Txetx Etcheverry, militant de Bizi, organisation basque intervenant sur des thèmes sociaux et environnementaux, l’un des interpellés à Louhossoa. Reste à obtenir l’engagement des autorités françaises de prendre en charge les armes restituées sous le regard d’observateurs internationaux. Des conditions qui ne sont pas réunies à ce jour.

Car les représentants de la société civile attendent de longue date du gouvernement français qu’il intervienne dans le processus de paix, initié lors de la conférence internationale d’Aïete, qui s’est tenue à Saint-Sébastien au mois d'octobre 2011. A cette occasion, en présence notamment de Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies (ONU), et de Pierre Joxe, ancien ministre de l’intérieur et de la défense du gouvernement français, une déclaration avait été adoptée invitant ETA, ainsi que les gouvernements espagnol et français, à l’ouverture d’un dialogue.

Une commission de suivi avait alors été mise en place, réunissant des personnalités internationales. Certaines d’entre elles ont veillé à l’inventaire et à la mise sous scellés de l’ensemble de l’arsenal là où il est pour l’instant caché.

« Alors qu’ETA a annoncé, en 2014, l’abandon sans condition de la lutte armée, les états français et espagnols ont refusé de s’engager dans la voie du désarmement », explique Michel Veunac, maire de Biarritz, qui doit intervenir lors du forum. « Ils doivent sortir de leur inertie et devenir des bâtisseurs de la paix que la société basque réclame ».

Le maire de l’Union des Démocrates et des Indépendants (UDI) de Bayonne et président de la communauté d’agglomération du pays basque, Jean-René Etchegaray, complète, « si l’état veut rester aveugle et sourd à cette demande unanime, il n’y aura pas d’autre moyen que la société civile reprenne la main. Ce processus engage notre avenir, nous vivons avec ce conflit depuis des décennies et c’est insupportable ». Le conflit basque aurait fait, depuis les années 1960, quelque mille victimes, dont huit cent trente sept attribuées à ETA, cent soixante dix dues à l’état espagnol et aux milices paramilitaires et groupes d’extrême droite, les indépendantistes parlant, eux, de quelque quatre cent cinquante morts de leur côté.

En réaction aux arrestations du mois de décembre 2016, une manifestation de plusieurs milliers de personnes, à Bayonne, a montré la mobilisation des basques. Et quelque sept cent élus du département, tous les parlementaires et les maires des principales communes, des Républicains aux partis basques de la coalition Euskal Herria Bai, en passant par le Parti Socialiste, les centristes et les écologistes, ont adressé, le 23 décembre 2016, une adresse au gouvernement, lui demandant de « s’impliquer dans le processus de désarmement et la résolution globale du conflit ».

Depuis c’est le silence. « Nous n’avons reçu aucune réponse, malgré une lettre de relance, voici trois semaines, c’est incompréhensible et méprisant », s’indigne Michel Veunac. Au lendemain des événements de Louhossoa, le gouvernement s’est félicité, lui, des saisies d’armes opérées par la police. Le ministre de l’intérieur avait alors martelé au Monde que « personne n’a le droit de prêter son concours à ce qui relève d’une neutralisation ou d’une destruction d’armes ». Bruno Le Roux estimait « qu’il n’y a pas de processus de paix. Nous sommes encore sur des recherches de responsabilité ».

La sénatrice du Parti Socialiste des Pyrénées-Atlantiques, Frédérique Espagnac, engagée dans le processus de paix depuis la conférence d’Aïete, veut croire à une prise de conscience du côté des autorités. « Les choses ont évolué depuis Louhossoa », appuie-t-elle. « Des gens de la société civile s’engagent dans le processus de restitution des armes et cela oblige Paris à regarder les choses sous un nouvel angle ».

Sollicités, ni Matignon ni Beauvau n’ont souhaité s’exprimer sur le sujet.

D’après nos informations, des échanges ont eu lieu avec des membres du gouvernement. « Il y a eu de multiples contacts avec les autorités françaises mais elles semblent ne rien vouloir entendre », regrette Michel Tubiana, président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et l’un des artisans de l’initiative de Louhossoa. « La France a adopté la position du petit télégraphiste de l’état espagnol et campe sur une logique policière ». Il faut donc poursuivre l’action, dit-il. « Si le gouvernement veut entendre, très bien. Sinon, il se confrontera à l’ensemble de la société civile et politique basque ».

La députée socialiste des Pyrénées-Atlantiques, Sylviane Alaux, clame son incompréhension. « Je déplore l’attitude du gouvernement et du chef de l’état. Notre territoire a besoin de tourner définitivement le dos à la violence. Il y a une volonté politique unanime et une chance inouïe pour le chef de l’état d’inscrire un acte positif qui marquera son mandat », professe-t-elle. Et de rappeler la visite récente de François Hollande en Colombie, au mois de janvier 2017, après l’accord signé entre le gouvernement et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC). Le président de la république française avait alors salué « un choix courageux et un exemple pour le monde ».

 

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