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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 19:10

 

Le choix de Manuel Valls pour Emmanuel Macron scelle l'implosion du Parti Socialiste (Reuters)

 

Le choix de Manuel Valls, annoncé Mercredi 29 Mars 2017, de voter pour Emmanuel Macron au premier tour des élections présidentielles entérine au Parti Socialiste le divorce entre deux gauches irréconciliables, possible prélude à une scission du parti fondé en 1971.

La tentative de mise à mort anticipée Dimanche 26 Mars 2017 par le candidat issu de l’élection primaire organisée par le Parti Socialiste, Benoît Hamon, est donc advenue, signant en quelque sorte la fin de la séquence ouverte le premier décembre 2016 par le renoncement de François Hollande à briguer un deuxième mandat au nom du rassemblement.

Prenant acte de ce grand coup de plus porté à la démocratie, Benoît Hamon a dénoncé un jeu morbide et, dans un nouvel appel quasi désespéré, invité le candidat du Mouvement de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui le précède désormais dans les sondages, à se rallier à sa candidature, jugeant que sa position était une position centrale.

« Je fais cette adresse forte et fraternelle pour que nous ne laissions pas les forces de destruction et de l'argent présider aux destinées de notre pays », a-t-il lancé lors d'une brève déclaration à son siège de campagne à Paris.

Le communiste Pierre Laurent a proposé pour sa part une rencontre entre Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et lui-même pour « créer les conditions de la victoire autour d'un projet profondément ancré à gauche, d'une campagne et d'une candidature commune », écrit-il dans un communiqué.

En campagne à Douai, dans le département du Nord, Benoît Hamon a accepté cette invitation à former « un contrat de gouvernement et un contrat de législature sur des bases claires ».

A ses côtés, la maire de Lille, Martine Aubry, a dit n'être ni surprise ni triste face au rapprochement entre Manuel Valls et Emmanuel Macron.

« Quand les valeurs et les idées passent au second plan et quand les intérêts personnels et l'envie du pouvoir pour le pouvoir sont en premier lieu, on se ressemble et on s'assemble », a déclaré aux journalistes l’ancienne première secrétaire du Parti Socialiste qui avait rallié François Hollande après sa défaite à l’élection primaire du Parti Socialiste en 2011.

Le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a refusé devant la presse d’ajouter de la division à la division au sein d'un Parti Socialiste où il milite depuis quarante six ans.

La décision de Manuel Valls a outré certains partisans de Benoît Hamon, qui ont crié au déshonneur, tandis que le camp de l'ancien premier ministre invoquait l'impérieuse nécessité de lutter contre l'extrême droite.

« Face au danger que représente le Front National, on ne peut pas hésiter », a fait valoir Manuel Valls sur BFM Télévision et Radio Monte Carlo (RMC).

« Ce n'est pas un ralliement, c'est le choix de la raison », a ajouté celui que beaucoup soupçonnent de lancer, par ce geste, la bataille pour la direction du Parti Socialiste, qui devrait faire l'objet d'un congrès avant la fin de l'année 2017.

Le sénateur socialiste Alain Richard a d'ailleurs jugé la situation clarifiée, « la ligne politique du Parti Socialiste sera soit celle de Manuel Valls soit celle de Benoît Hamon », a-t-il dit.

Pour ses partisans comme Harold Hauzy, responsable de sa communication à Matignon, Manuel Valls a fait le choix de la dignité, sans chichis. « Face au risque de l'extrême droite, dignité, clarté, responsabilité et valeurs, pas de chichis », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Dans le camp de Benoît Hamon, les avis sont amers, à l'image du tweet de l'ancien ministre Arnaud Montebourg qualifiant Manuel Valls d’homme sans honneur. Minable, a renchéri la députée Karine Berger.

Anticipant ces critiques, Manuel Valls a estimé n'avoir aucune leçon à recevoir de « ceux qui n'ont respecté aucune règle pendant cinq ans. Mais c'est vrai le Parti Socialiste ne sera plus comme il a été jusqu'à maintenant après cette élection », a-t-il reconnu.

Dans ce climat de guerre civile à vingt cinq jours du premier tour des élections présidentielles, le premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a tenté un appel au calme qui a peu de chances d'être entendu.

Dans une lettre aux militants, il demande de se méfier des sondages « qui ont déjà démontré qu'ils pouvaient être démentis par la réalité » et il rappelle que « ceux qui ont rejoint le Mouvement En Marche ne sont plus au Parti Socialiste ».

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