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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 20:22

 

Les démocrates réclament le départ de Jeff Sessions (Reuters)

 

Les démocrates américains ont réclamé la démission du ministre de la justice Jeff Sessions après des révélations du Washington Post sur ses conversations avec l'ambassadeur de Russie à Washington qu'il aurait passées sous silence lors de son audition au sénat.

Dans les rangs républicains, plusieurs élus influents ont recommandé au ministre de la justice de se récuser des investigations en cours sur une possible intervention russe dans la campagne électorale.

Le Washington Post a rapporté Mercredi Premier Mars 2017 que Jeff Sessions s'était entretenu à deux reprises avec l'ambassadeur de Russie à Washington pendant la campagne présidentielle, alors qu'il était encore sénateur.

Selon le quotidien, Jeff Sessions et Sergueï Kislyak se sont notamment parlé en privé le 8 septembre 2016, dans le bureau du sénateur, alors que la campagne présumée d’attaques cybernétiques russes dénoncée par les services de renseignement américains battait son plein.

Les entretiens ont été confirmés par le département de la justice.

Or, lors de son audition de confirmation au mois de janvier 2017 devant le sénat, l'homme choisi par Donald Trump pour diriger le département de la justice, en réponse à une question de l'élu démocrate Al Franken, a déclaré sous serment qu'il n'avait « pas eu de communications avec les russes » durant la campagne.

Pour la chef de la minorité démocrate à la chambre des représentants, Nancy Pelosi, le ministre de la justice doit quitter l'administration de Donald Trump. « Il a menti sous serment, rien d'autre n'est acceptable que sa démission ou son limogeage », a-t-elle notamment dit sur Twitter.

Chuck Schumer, son homologue au sénat, a exprimé une position identique, « parce que le département de la justice se doit d'être au-dessus de tout reproche, pour le bien de notre pays, le ministre de la justice Jeff Sessions devrait démissionner », a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

L’American Civil Liberties Union (ACLU) a réclamé pour sa part l'ouverture d'une enquête sur le parjure présumé du ministre de la justice.

L'affaire de Jeff Sessions survient deux semaines à peine après la démission du conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump.

Michael Flynn avait été contraint à la démission trois semaines après son entrée en fonction pour s'être lui aussi entretenu avec l'ambassadeur Sergueï Kislyak et avoir caché au vice-président Mike Pence une partie des sujets abordés.

Dans un communiqué publié Mercredi Premier Mars 2017, Jeff Sessions a démenti avoir discuté de questions de campagne avec des responsables russes, une ligne qu'il a réitérée Jeudi 2 Mars 2017 sur l'antenne de la chaîne National Broadcasting Company (NBC) News, « je n'ai rencontré aucun russe à aucun moment pour discuter de la campagne », a-t-il dit.

Mais ce fidèle de Donald Trump, il fut le premier sénateur à rallier sa candidature lors des élections primaires républicaines au mois de février 2016, a ajouté que « si cela s'impose un jour, je démissionnerai. Cela ne fait guère de doute ».

En tant que ministre de la justice, Jeff Sessions supervise le département de la justice et le Federal Bureau of Investigation (FBI), à la pointe des enquêtes sur les attaques cybernétiques russes présumées et d'éventuels liens entre le Kremlin et les équipes de Donald Trump.

Soucieux de contrôler les répercussions de l'affaire, plusieurs élus républicains au congrès ont suggéré que Jeff Sessions se récuse de ces investigations pour ne laisser aucune place à un éventuel doute sur leur intégrité.

« Pour qu'une investigation progresse, je pense qu'il faut s'assurer que chacun a confiance dans l'enquête », a déclaré sur MSNBC le chef de file du groupe républicain à la chambre des représentants, Kevin Mac Carthy.

De ce point de vue, a-t-il ajouté en réponse à une question, les choses seraient plus faciles si Jeff Sessions se récusait. Mais il a précisé plus tard sur Fox News que la décision appartenait au ministre de la justice.

Richard Burr, qui préside la commission du renseignement au sénat, a affiché pour sa part sa confiance dans la capacité de Jeff Sessions à décider du moment où il se récuserait dans cette enquête.

 

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