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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 16:13

 

http://socialisme-2010.fr/blog2016/mars2017.php#mars26

 

Après la manifestation de soutien à Jean Luc Mélenchon du Samedi 18 Mars 2017, notes de réflexion

 

Par Jacques Cotta.

 

Je m’inscris avec retard dans une discussion qui pourtant est essentielle. Il s’agit d’essayer de comprendre les raisons pour lesquelles nous sommes tous à notre place dans une situation d’isolement très négative et très désagréable.

Réduits à une position de commentateurs de la lutte des classes, nous n’avons pas prise sur des événements qu’il nous faut en effet caractériser pour tenter d’y voir clair. Je vais donc tenter de souligner quelques faits sur lesquels nous n’avons pas à mon avis pris suffisamment le temps de nous arrêter. Quitte à souligner des contradictions qui sont les miennes et les nôtres auxquelles il faut nous confronter. Tout cela n’est évidemment pas exhaustif. Il s’agit d’un début.

Je fais partie des gens qui se sont félicités, après l’avoir préconisée durant des années, de la rupture à l’époque d’une aile du Parti Socialiste conduite par Jean Luc Mélenchon et par Marc Dolez pour fonder le Parti de Gauche.

Nous avions à l’époque écrit une lettre ouverte à Jean Luc Mélenchon et à Marc Dolez, Denis Collin et moi-même, lettre demeurée sans réponse.

Nous avions déjeuné avec Jean Luc Mélenchon qui en substance nous demandait de rester à notre place, philosophie pour l’un, journalisme pour l’autre et politique pour lui.

J’étais par ailleurs présent à la grande messe donnant officiellement naissance au Parti de Gauche derrière le périphérique parisien. En quelques heures je constatais que le nom du parti avait été décidé, son programme adopté et sa stratégie définie. Cela sans discussion, sans débat et sans échange, sinon les interventions des lieutenants d’alors adoubés par le chef. Je me souviens de Christophe Ramaux regrettant de me voir regarder passer le train. Quelques temps plus tard, Christophe Ramaux comme d’autres étaient éjectés du Parti de Gauche.

Je me souviens de Jacques Nikonoff cherchant des ponts avec Jean Luc Mélenchon mais se heurtant à une fin de non-recevoir au prétexte que ses positions sur l’Europe étaient incompatibles. Je me souviens de Marc Dolez me demandant d’écrire un livre qu’il signerait, puis ne donnant plus de nouvelles lorsque je m’étonnais de la demande. Bref, nous avons je pense tous des exemples de ce type. Exemples dramatiques, car nous sommes dès lors plongés dans la situation suivante, d’un côté des aspirations qui pour s’exprimer plongent derrière Jean Luc Mélenchon dont le talent est incontestable, hier dans le Parti de Gauche et dans le Front De Gauche (FDG) ou encore aujourd’hui dans le Mouvement de la France Insoumise dont l’intérêt premier pour son initiateur est d’être une mouvance et non un parti, donc d’accepter le plus grand monde pourvu que le pouvoir demeure concentré dans les mains dignes de le recevoir.

Ce premier point pour soulever quelques questions concernant le passé, nous avons tous une expérience et un passé différent. Christophe Ramaux par exemple a fait un bout de chemin important avec le Parti de Gauche, Robert Duguet aussi.

Nous avons été indiscutablement victimes du fonctionnement du groupe de Jean Luc Mélenchon qui jamais n’a accepté que des semeurs de discorde viennent prétendre débattre et élaborer. Pouvions-nous faire autrement ?

Aurions-nous raté une occasion pour peser ? Quelle est notre part de responsabilité ? Il faut bien nous poser aussi ces questions, quitte à y répondre très vite.

La question de l’isolement est liée étroitement aux rapports entre les classes. Nous avons par exemple à l’époque, nous étions dans les années 1980, adhéré au Parti Socialiste. Il y avait de vraies sections et de vrais militants. Nous éditions un bulletin contre le courant que nous vendions de façon importante, plusieurs centaines d'exemplaires par numéro. Nous avions prise avec la réalité et le débat et nous ne laissions pas indifférents là où nous passions. La politique de François Mitterrand et de Pierre Mauroy a réglé son compte à ce Parti Socialiste qui s’est progressivement vidé. Nous en avons alors été de fait évincés, non administrativement, mais politiquement. Il n’y avait plus personne à qui s’adresser, donc plus de raison d’être.

De ces deux premiers points je tire une conclusion, assise sur l’expérience du passé, pour ne pas nous résoudre à nous raconter des histoires et à une stérilité démoralisante, il nous faut le contact avec des franges permettant de débattre, de confronter, de regrouper et d’agir. A défaut nous sommes réduis à commenter, commenter encore. Ce n’est pas inutile, mais les limites sont immédiates. Où donc nous plonger et comment ?

Les travers de Jean Luc Mélenchon sont malheureusement répandus. Parmi ceux avec qui nous pourrions partager quelques points de vue essentiels, il y a par exemple le Parti Ouvrier Indépendant et Démocratique (POID). Nous avons là aussi une expérience commune et récente sur l’état d’urgence où nous avons été le moteur d’une mobilisation réelle qui à l’époque a marqué. Mais ensuite la direction du POID aurait bien vu que nous soyons la face démocratique du parti. Ils nous ont proposé d’initier un nouvel appel sur la question de la cinquième république et de l’Union Européenne. Nous avons discuté les formulations. Nous avons tenté d’infléchir pour que l’appel en question ne soit pas seulement susceptible d’intéresser les militants et la frange proche, mais le plus grand nombre. Fin de non-recevoir, on ne discute plus. Résultat, soit on adopte la ligne, soit on dégage. Nous avons donc dégagé.

La question qui se pose là est légèrement différente. Autant la personnalité de Jean Luc Mélenchon interdit toute avancée qui pourrait le mettre en question sur des sujets aussi minimes soient-ils. Autant la question était à mon avis évolutive avec ce deuxième appel du POID. N’avons-nous pas fait preuve de sectarisme ?

Nous avons sorti un manifeste au nom de notre site, qui soit dit en passant se réduit pour son fonctionnement à Denis Collin et à moi-même. C'est un grand titre donc pour une réalité beaucoup plus limitée.

Où en sommes-nous des ventes ? Pour la main à la main, j’ai personnellement vendu une quinzaine d’exemplaires. Ce qui en soi n’est rien et à la fois, si nous savions où nous voulons aller, serait beaucoup. Pour internet, nous pouvons constater que le virtuel a la vie dure, pas de vente, rien.

Question donc, ces résultats indiquent bien que, hors de relations sociales précises et de combats engagés, le simple débat d’idées à des limites objectives que nous ne parvenons pas à dépasser.

Nombreux sont les groupes, organisations ou autres, qui préconisent comme le POID l’unité et l’indépendance de la classe des travailleurs et pour la construction du parti ouvrier. Et qui de façon aussi grotesque que grossière en appellent à l’unité entre Benoît Hamon et Jean Luc Mélenchon comme si cela avait un sens. Chacun de ces groupes avec sa variante veut donc fonder un parti. C'est une impasse totale. Cela est-il dû à la seule absence de programme, à la conception bureaucratique de chefs auto proclamés, ou bien aussi au fait que le parti en tant que catégorie ne répond plus aux aspirations saisissables ? En un mot, le passé n’a t’il pas ratiboisé la perspective même de parti ? Mais alors quoi, qu’est-ce qui est susceptible de permettre un minimum de regroupement et à quelles conditions ?

Partons de la situation, jamais les tensions n’auront été aussi fortes, au point que nul ne peut prédire ce que l’avenir immédiat va donner. Il y a la question de l'avenir électoral, outre François Fillon qui a sérieusement du plomb dans l’aile, personne ne peut donner un nouveau souffle à la cinquième république. Les Républicains, le Parti Socialiste et la gauche de la gauche risquent fort de se retrouver explosés à l’issue de l’élection.

Marine Le Pen ou Emmanuel Macron ne feront pas illusion bien longtemps. La crise explosive est devant nous. Cela d’autant que les tensions sociales sont bien présentes, les forces engagés dans le combat contre la loi travail n’ayant pas été anéanties. C’est d’ailleurs ce qui explique l’existence et l’importance du Mouvement de la France Insoumise et de la marche de Paris. La volonté du capital exprimée notamment par l’Union Européenne sur la question de la sécurité sociale, des retraites, de l’emploi, du travail et des salaires, annonce des soubresauts explosifs.

Quel que soit le résultat électoral, la question d’un prolongement sur le terrain direct de la lutte des classes va se poser et avec cette question celle d’une organisation, dont j’ignore les formes qu’elle pourra prendre, permettant de rassembler. Reprenons le cas de Jean Luc Mélenchon. Il peut dans l’effervescence électorale jouer sur sa seule personne, Mais demain, quel que soit le résultat, dans l’éventualité d’une explosion du Parti Socialiste et donc d’une recomposition dans les faits, il devra bien lui aussi se plier aux nécessités du rassemblement.

Son programme fourre-tout, qui se mêle de tout sauf de l’essentiel, la lutte implacable contre le capitalisme, les rapports sociaux et donc les mesures immédiates à prendre pour le travail au détriment du capital, ne fera pas l’affaire. La question programmatique sera de fait au centre de toute possibilité de recomposition politique.

La question à ce stade est donc pour nous de savoir comment nous disposer pour en être, à la fois dans le mouvement pratique qui risque de se dégager et dans le mouvement programmatique permettant de contribuer à la colonne vertébrale de toute reconstruction.

J’ai quelques idées sur des initiatives que nous pourrions prendre dans les semaines qui viennent.

 

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