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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 20:02

 

La campagne de François Fillon entre défections et appels à Alain Juppé (Reuters)

 

François Fillon a repris Jeudi 2 Mars 2017 le fil ténu de sa campagne malgré des troupes en plein doute dont les rangs commencent à se clairsemer depuis l'annonce de sa possible mise en examen.

Quatre soutiens de poids d'Alain Juppé, dont son ancien directeur de campagne, Gilles Boyer, ont annoncé leur retrait de l'équipe du candidat de la droite et du centre à l'Elysée.

Plusieurs élus des Républicains et de l’Union des Démocrates et des Indépendants (UDI) en appellent désormais ouvertement à Alain Juppé, finaliste malheureux de l’élection primaire de la droite mais, si le maire de Bordeaux « est prêt techniquement », il n'incarnera un recours que s'il y est « unanimement invité », souligne son entourage. Une vingtaine de maires de droite et du centre ont par ailleurs cosigné un appel au retrait du candidat.

François Fillon, en déplacement dans le Gard, a balayé cette nouvelle salve de mauvaises nouvelles en s'en remettant au peuple. « Je m'appuie sur les français et ce sont les français qui se prononceront », a-t-il dit à la presse, « la base tient ».

Après la démission de son représentant aux affaires internationales Bruno Le Maire, ce sont le lemairiste Sébastien Lecornu, directeur adjoint de la campagne, et le juppéiste Vincent Le Roux, conseiller auprès du directeur de campagne Patrick Stefanini, qui ont fait défection, Jeudi 2 Mars 2017 dans la matinée.

Jeudi 2 Mars 2017 dans l'après-midi, les députés Benoist Apparu, Edouard Philippe et Christophe Béchu, suivis par Gilles Boyer, ont signifié la désapprobation juppéiste.

« La tournure que prend aujourd'hui la campagne nous apparaît incompatible avec notre façon d'envisager l'engagement politique », expliquent les trois députés dans un communiqué.

Dans une tribune publiée dans le Figaro, l'ancien premier ministre chiraquien Dominique de Villepin estime que François Fillon « emporte son camp dans une course vers l'abîme ».

Les jeunes juppéistes du collectif « cinq ans pour des idées » quittent également l'équipe de campagne, jugeant dans un communiqué que François Fillon, qui a décidé de maintenir sa candidature malgré sa convocation par les juges le Mercredi 15 Mars 2017, « fait courir un danger mortifère » à la droite.

« Des petites mains ont aussi décidé de partir. Elles n'arrivent plus à faire campagne, nous disent-elles, ce n'est plus possible », a dit à Reuters une source proche des Républicains.

« Peu importe », a lâché sur Radio Télévision Luxembourg (RTL) le lieutenant en chef de François Fillon, Bruno Retailleau, qui a implicitement imputé ces départs à un manque de courage.

« Dans la tempête, il y a des gens qui tiennent et il y a des gens qui tiennent moins », a-t-il dit, ajoutant qu'il ne refusait à « personne le fait de pouvoir s'interroger ».

Lors d'une réunion de l'état-major de campagne, Jeudi 2 Mars 2017 dans la matinée au quartier général de campagne, le président du sénat Gérard Larcher, compagnon de longue date de François Fillon, et le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, autre filloniste, étaient absents.

Tous deux avaient appelé Mercredi Premier Mars 2017 le candidat à se retirer lors d'une matinée aux allures de psychodrame où, selon plusieurs sources au fait des discussions, l'hypothèse d'une candidature de substitution d'Alain Juppé a été retenue, avant que Nicolas Sarkozy ne s'y oppose.

Lors de la réunion du Jeudi 2 Mars 2017, à laquelle participaient entre autres Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, François Baroin et Eric Woerth, des réserves ont été émises, par la présidente des Républicains de la région de l’Ile de France notamment, sur le rassemblement de soutien au candidat à Paris, Dimanche 5 Mars 2017, a dit une source proche du parti.

Présentée initialement comme une manifestation « contre les juges » par l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, cette initiative, dont l'organisation est confiée à Sens Commun, émanation politique de la manifestation pour tous, a choqué, notamment chez les juppéistes.

« Nous ne participerons pas à cette campagne nauséabonde, aux relents des années 1930, visant à jeter l'opprobre sur les journalistes, la justice et l'ensemble des corps intermédiaires », écrivent les membres de « cinq ans pour des idées ».

« Plus que jamais », ajoutent-ils, « nous pensons qu'Alain Juppé est l'homme de la situation ».

Des élus appellent à parrainer Alain Juppé pour un éventuel scénario alternatif. François Fillon, qui bénéficie déjà des cinq cent parrainages nécessaires à sa candidature, est convoqué chez les juges deux jours avant la date limite du dépôt des paraphes.

« Alain Juppé est techniquement prêt à y aller », précise-t-on dans l'entourage du maire de Bordeaux, « qui n'entend pas s'exprimer dans la situation actuelle. Si l'appel à sa candidature est unanime, il le considérera », ajoute-t-on.

« La vérité, c'est que la sarkozie est contre lui », souligne un proche du premier cercle. « Alain Juppé le sait, Nicolas Sarkozy fera tout pour l'empêcher ».

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