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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 18:37

 

http://www.liberation.fr/france/2017/03/19/contre-les-violences-policieres-une-manif-plusieurs-familles_1556908

 

Contre les violences policières, une manifestation et plusieurs familles

 

Par Ismaël Halissat

 

Des milliers de personnes ont défilé Dimanche 19 Mars 2017 à Paris de la place de la Nation à la place de la République à l'appel d'organisations hétéroclites, mais sans la famille d’Adama Traoré.

Balle de football au pied, jogging bleu et coupe de cheveux dans le genre de celles des rappeurs de PNL, un adolescent, la quinzaine, se demande ce qu’il se passe au loin. De là, on n’aperçoit que les gyrophares des camions de gendarmes mobiles. Il s’approche et voit un cortège avancer. Une banderole ouvre la marche avec les figures et les noms de plusieurs hommes tués ou blessés lors d’interventions des forces de l’ordre. En lettres blanches sur fond noir, « stop à l’impunité policière ». Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris, Dimanche 19 Mars 2017 de la place de la Nation à la place de la République, pour la justice et la dignité.

Cette marche, prévue depuis plusieurs mois, a été organisée par Amal Bentounsi, du collectif Urgence Notre Police Assassine (UNPA). En 2012, son frère Amine Bentounsi a été tué d’une balle dans le dos par un agent. Ce policier a été condamné en appel il y a quelques jours à cinq ans de prison avec sursis. La thèse de la légitime défense a été écartée par la cour d’assises. « Une victoire », disait Amal Bentounsi après l’audience. Micro en main, elle est en première ligne aujourd’hui.

« Nous allons écouter les paroles de plusieurs familles de victimes de violences policières », annonce-t-elle. La mère d’Hocine Bouras, détenu tué par un gendarme lors d’un transfert entre la maison d’arrêt de Strasbourg et le palais de justice de Colmar, prend la parole.

L’instruction avait conclu au mois de septembre 2016 à un non-lieu. Dans le cortège, de nombreuses organisations sont représentées. On croise Lutte Ouvrière, l'Union Syndicale Solidaire (USS), la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), ATTAC et Droit Au Logement (DAL), mais pas SOS Racisme, qui n’a pas pris part à l’appel. Plusieurs de ces associations ont participé aux réunions préparatoires. Des politiques sont également là, Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) au premier tour des élections présidentielles, Eric Coquerel, coordinateur du Front De Gauche (FDG), et Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste Français (PCF). Une présence qui n’est pas du goût de tous. « Il ne faut pas que les premiers concernés soient dépossédés de leur lutte », réagit une militante antiraciste.

« La marche est ouverte à tous ceux qui souhaitent nous soutenir, car même si les quartiers populaires restent les premières victimes, ils ne sont plus les seules », se justifiait Amal Bentounsi au Monde ce week-end. Le portrait de Rémi Fraisse sur la banderole l’atteste. Le militant écologiste avait été tué par la grenade d’un gendarme au mois d'octobre 2014 lors d’affrontements à Sivens, dans le département du Tarn.

Les mois de mobilisation contre la loi travail ont également fait émerger la question des violences policières dans le centre des villes. Jusqu’à devenir un motif de revendication lors des manifestations.

« Ce qui est important, c’est que l’appel à manifester vienne avant tout des familles », estime Annick Coupé, d’ATTAC, qui a participé aux réunions de préparation. « D’habitude c’est l’inverse, c’est mieux comme cela ». Au mois de février 2017, une manifestation organisée notamment par SOS Racisme, le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) et le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) avait été critiquée par des militants antiracistes, qui jugeaient ces organisations déconnectées de la réalité des quartiers populaires.

Très mobilisée depuis plusieurs mois, une famille était absente Dimanche 19 Mars 2017, celle d’Adama Traoré, tué au mois de juillet 2016 lors de son interpellation. Son nom est présent dans les slogans, mais Adama Traoré ne figure pas sur la banderole en tête de cortège.

Sa sœur Assa Traoré, devenue la porte-parole de la famille, a fait le choix de ne pas participer à la manifestation. « Nous n’avons pas besoin de signer un texte pour marcher. L’appel ne nous correspondait pas. Mais si cela permet d’aider les familles des victimes de violences policières, c’est très bien », a-t-elle indiqué à Libération.

 

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