Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 15:11

 

http://www.madrid15m.org/francia-motines-suburbiales-y-chovinismo-fascista

 

Les émeutes de banlieue et le chauvinisme fasciste
 

Par Frank Mintz
 

Dimanche 26 Mars 2017
 

Avec l'agression et le viol par un policier d'un jeune homme de vingt et un ans, Theo Luhaka, le 2 Février 2017 dans la banlieue parisienne, il y avait une série de manifestations et de protestations contre la police et pour la solidarité avec Theo Luhaka, insulté aussi pour être noir, aussi bien dans la région parisienne que dans le sud de la France, à Montpellier et à Avignon, ou dans l’ouest de la France, à Rennes et à Nantes.

L'extrême-droite du Front National a publié une déclaration réaffirmant « le soutien des français à la police nationale et à la gendarmerie » et le leader du parti, Marine Le Pen, a dénoncé « le laxisme qui se répand dans la société française, dont les responsables sont les politiques qui ont régné pendant des années ».

L'événement semble confirmer l'interprétation des médias selon laquelle les noirs et les musulmans remettent en question l'intégration sociale avec leur violence culturelle, qui ne peut provoquer que plus de violence.

Deux données démontrent la fausseté d'une telle propagande.

Les incidents éclatent toujours géographiquement dans les mêmes zones avec des couches sociales pauvres, des bâtiments sociaux surpeuplés dont les loyers sont bas, mais peu à peu mal entretenus. La plupart des habitants sont des français d’origine blanche ou noire des Antilles, de la Guyane française et des îles de la Réunion, de Mayotte et de la Nouvelle-Calédonie, avec des minorités étrangères et récemment naturalisées du Portugal, du Maghreb et des pays slaves.

Tous les jeunes de ces zones, depuis leur naissance ou leur arrivée en France, sont dans des écoles libres et laïques. Mais ils manquent de soutien scolaire et d’enseignants capables d'écouter les jeunes des familles sans emploi. Cela affecte fortement le phénomène de la recherche d'un emploi, avec ou sans diplôme, avec une adresse postale dans ces quartiers qui provoque déjà une réponse négative presque systématique.

Pendant les années 1970 et 1980, les différents gouvernements de droite et de gauche ont établi un écart social entre les municipalités ou les zones municipales des gagnants et des perdants, les uns avec un programme de subventions sociales et individuelles et les autres avec une aide de plus en plus faible, comme le Revenu de Solidarité Active (RSA), d’environ cinq cent trente cinq euros, une aumône pour ne pas mourir de faim.

Depuis la fin des années 1990, des rapports sur les « zones à risque » révèlent toujours des situations d'explosion sociale latente et ils proposent des réformes urgentes. Cela suppose de grands investissements, qui ne sont pas effectués.

Ce sont les causes de la multiplication des vols, des violences des pauvres contre les pauvres et du grand commerce de la drogue, l'arme habituelle du pouvoir démocratique pour que la misère sociale des quartiers reste éloignée des gens « normaux et décents ».

La police formée pendant les guerres coloniales a gardé l’usage de la xénophobie contre les jeunes, avec beaucoup d’arabes et de noirs. Et chaque mort d’un jeune provoque des émeutes pendant plusieurs jours.

Une réponse forte a surgi après la mort de deux jeunes pendant les mois d’octobre et de novembre 2005. Dans la plupart des grandes villes, il y a eu des agressions contre les centres sociaux et des incendies de voitures. Ce fut l'exaspération de ceux qui ont été abandonnés par la société.

Parallèlement, il y a une limite à l’ascension sociale des personnes noires et arabes d'origine modeste qui ont pu étudier, une ministre de la justice d'origine marocaine et une ministre de l’éducation de la même origine avec le président actuel. Il est important de souligner que, malgré le chauvinisme occidental, les jeunes d'origine maghrébine et africaine, à la grande différence du machisme de leur propre culture, sont intégrés dans le monde du travail. Le même Front National a ses maghrébins, qui sont les enfants des membres des unités algériennes de la gendarmerie française, les harkis.

La solution doit venir de la population des quartiers pauvres et de la solidarité. Après la défaite de la lutte contre la loi travail entre le mois de mars et le mois de juin 2016, il est impossible de ne pas continuer le combat.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens