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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 15:46

 

Euskadi Ta Askatasuna (ETA) remet à la France une liste de caches d'armes (Reuters)

 

Les séparatistes basques d’ETA ont fait parvenir Samedi 8 Avril 2017 aux autorités françaises une liste de huit caches d'armes situées en France, une opération qu'ils présentent comme le symbole de leur volonté de renoncer à quarante ans de lutte armée.

Le porte-parole de la Commission Internationale de Vérification (CIV) mise en place pour s'assurer du respect du cessez-le-feu décrété depuis 2011 par l'organisation, le sri lankais Ram Manikkaligam, a annoncé qu'il avait reçu une liste des caches d’armes d’ETA des mains d'un représentant de la société civile basque, Jean-Noël Etcheverry.

« Cette information a été immédiatement transmise aux autorités françaises compétentes », a-t-il déclaré devant la presse réunie au théâtre municipal de Bayonne.

Elles vont maintenant « sécuriser et collecter l’arsenal d’ETA », a-t-il ajouté.

Le président d'honneur de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Michel Tubiana, qui a joué un rôle dans ce processus au sein du groupe des Artisans de la Paix, a précisé que les caches d'armes étaient au nombre de huit.

« L'arsenal est composé de cent vingt armes à feu, plus ou moins trois tonnes d'explosifs et plusieurs milliers de munitions et détonateurs », a-t-il dit lors d'une conférence de presse organisée par les Artisans de la Paix.

Il a indiqué que cent soixante douze observateurs avaient été déployés autour des caches pour s'assurer « que ce sont bien les autorités françaises qui prennent possession de ces stocks ».

Le ministre de l’intérieur, Matthias Fekl, a confirmé à Paris que des opérations étaient menées après la remise des renseignements sur les caches.

« En ce jour incontestablement important, j'ai bien sûr une pensée particulière pour toutes les victimes, pour leurs familles, pour leurs proches et notamment pour les policiers et les membres de la garde civile espagnole », a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

ETA a voulu faire de ce Samedi 8 Avril 2017 un jour du désarmement, une initiative accueillie avec prudence en France et scepticisme, voire hostilité, en Espagne, où le gouvernement doute de la possibilité d'un désarmement complet d'une organisation dont la lutte contre Madrid a fait plus de huit cent morts en quarante ans.

Lors d'une opération présentée comme une amorce du désarmement d’ETA, cinq personnes avaient été interpellées le 16 décembre 2016 à Louhossoa, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, où un stock d'armes représentant quinze pour cent de l'arsenal de l'organisation avait été saisi.

Les cinq, parmi lesquels figuraient certains des Artisans de la Paix, intermédiaires dans le processus, avaient été mis en examen par un juge antiterroriste du parquet de Paris pour port, transport et détention d'armes, de munitions et de produits explosifs, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Jean-Noël Etcheverry, leader du mouvement écologiste Bizi, appartient à ce groupe de personnalités.

En visite dans le sud ouest à la fin du mois de mars 2017, le premier ministre français Bernard Cazeneuve avait indiqué que le gouvernement ne pouvait s'opposer à la restitution d'armes à l'origine d'actes de violences.

Mais il avait ajouté que l'opération devait se faire « dans le cadre du respect des procédures judiciaires qui ont été engagées après que les crimes ont été commis ».

En Espagne, le président du gouvernement, Mariano Rajoy, a déclaré de son côté « qu’ETA a fait une énième annonce de désarmement. Cela se fera en échange de rien ».

« Les actions entreprises aujourd'hui par le groupe terroriste ne sont rien de plus que le résultat de sa défaite définitive », a estimé le ministre espagnol de l’intérieur, Juan Ignacio Zoido, devant des journalistes à Madrid.

Le porte-parole au parlement basque des élus du Parti Populaire au pouvoir à Madrid, Borja Semper, a indiqué de son côté voir dans l'opération du Samedi 8 Avril 2017 une reddition finale après six années de promesses non tenues.

« ETA que nous avons connue disparaît pour toujours », a déclaré Borja Semper, « il reste à éradiquer la haine qu’ETA a instillée dans une grande part de la société basque ».

Le dirigeant du parti indépendantiste basque espagnol Euskal Herria Bildu, Arnaldo Otegi, a assuré Vendredi 7 Avril 2017 que « nous entrons dans une situation irréversible. La violence ne sera plus utilisée pour obtenir l'autodétermination et l'indépendance. A partir d'aujourd'hui, nous mettrons sur la table tous les problèmes que nous avons encore en tant que société et en tant que nation », a-t-il ajouté.

Les plus grandes questions en suspens, a-t-il dit, sont le sort des quelque trois cent militants d’ETA toujours emprisonnés en France et en Espagne et celui des victimes du groupe armé.

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