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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 19:00

 

http://www.lesinrocks.com/2017/04/12/actualite/revolution-comment-bernie-sanders-prepare-deja-lapres-trump-11932711

 

Our Revolution, comment Bernie Sanders prépare déjà l’après Donald Trump

 

Par Juliette Redivo

 

Mercredi 12 Avril 2017

 

Alors qu’il a échoué aux portes de l’élection primaire du parti démocrate, Bernie Sanders enchaîne les meetings dans tous les États-Unis. Avec son nouveau mouvement Our Revolution, il appelle à une révolution politique.

Son objectif est de transformer le parti démocrate et, pourquoi pas, de se faire une place lors des élections de mi-mandat en 2018. Même si, lui, « ne sera plus candidat à rien ».

La plupart des guichets affichent complets au Kansas, dans le Massachusetts et en Virginie. Depuis plusieurs semaines, Bernie Sanders organise des meetings devant des centaines de personnes.

Pour la plupart, ce sont des déçus d’Hillary Clinton ou des démocrates qui avaient voté pour Donald Trump. Tout en finesse, le social-démocrate, comme il se revendique lui-même, y prône les valeurs de son mouvement Our Revolution, créé peu après la victoire de Donald Trump, des idées progressistes, comme la justice sociale, l’accès pour tous à la santé ou la lutte contre les inégalités économiques. Il n’hésite pas à attaquer directement l’actuel président sur ses dernières mesures polémiques.

Bernie Sanders est toujours en campagne. Il a même lancé une révolution politique, comme il le dit. Si les démocrates ont échoué à l’élection présidentielle, l’ancien candidat n’a, lui, jamais quitté le ring.

Le sénateur du Vermont a un objectif, dans deux ans, ce seront les élections de mi-mandat.

Le 6 novembre 2018, les quatre cent trente cinq sièges de la chambre des représentants seront renouvelés. Avant les élections présidentielles de 2020, c’est le prochain vote à l’échelle nationale. Et le mouvement entend bien remporter des sièges et reprendre la majorité à la chambre des représentants. « Je ne pense pas qu’il vise déjà les prochaines élections présidentielles. Le mouvement a un but précis, qui est de ne pas laisser retomber l’enthousiasme né autour de lui dans les élections primaires. Il prévoit davantage les élections de mi-mandat pour influer sur les programmes politiques actuels », décrit Anne Deysine, spécialiste des questions politiques et juridiques aux États-Unis, et auteur de « la cour suprême des États-Unis », aux éditions Dalloz.

Cette analyse est confirmée par Lauric Henneton, maître de conférences à l’université de Versailles et spécialiste de la politique américaine, « le mouvement met en place une stratégie qui part du bas vers le haut. Il s’intéresse d’abord à l’échelle locale pour ensuite, à priori, s’élargir à des élections nationales comme les élections présidentielles ».

Au début du mois de mars 2017, Bernie Sanders se rendait dans le comté de Mac Dowell, en Virginie-Occidentale, l’un des territoires les plus pauvres de tout le pays. Ici, Donald Trump a remporté les deux tiers des suffrages.

Ces enclaves seront déterminantes pour l’avenir du parti démocrate, selon le sénateur. « Ce n’est pas Donald Trump qui a gagné cette élection, c’est le parti démocrate qui a perdu », dénonçait-il lors d’un meeting du 31 mars 2017, imputant ainsi la défaite à Hillary Clinton.

Pour reconquérir l’électorat, Our Revolution mène une tactique en deux temps, parallèlement aux réunions, les membres du groupe apportent leur soutien à des candidats pour des élections locales, comme pour des postes de gouverneurs. Sur leur site, ils affichent déjà soutenir une vingtaine de candidats officiels. « Cet ancrage local leur permet d’être déjà sur le terrain, c’est pratique pour mobiliser l’électorat au moment des élections plus nationales », indique Lauric Henneton. Au mois de juin 2017, Bernie Sanders présentera ainsi le People’s Summit, un événement qui vise à encourager les activistes à se présenter aux élections.

Si Bernie Sanders s’y prend en avance, c’est qu’il a conscience de la difficulté de cette course.

« Il faudrait un raz-de-marée pour que les démocrates reprennent la majorité, et Bernie Sanders est en train de le susciter. Il risque de faire bouger le parti démocrate de l’intérieur, comme de l’extérieur », pressent Anne Deysine.

Pour Lauric Henneton, « la stratégie est encore balbutiante, mais elle peut porter ses fruits dans deux ans. C’est probable qu’ils puissent s’imposer dans de futures élections, mais rien n’est sûr depuis la victoire de Donald Trump ».

Et l’ancien candidat, âgé de soixante quinze ans, compte toujours gagner des points en ressortant son image de « porte-parole de la nouvelle génération d’électeurs », comme le définit le spécialiste de la politique américaine. S’il était le candidat le plus vieux en 2016, il avait obtenu soixante seize pour cent du vote des moins de trente ans. « Ils sont a priori encore tous mobilisés », précise Anne Deysine.

Pourtant, le sénateur du Vermont pourrait ne pas être le candidat à la présidentielle d’Our Revolution. Dans une récente interview à Cable News Network (CNN), Bernie Sanders disait qu’il était encore trop tôt pour parler de sa candidature en 2020.

En 2020, lors des élections présidentielles, Bernie Sanders aura alors soixante dix neuf ans. C’est un âge qui pourrait être un handicap, d’après Lauric Henneton, « à priori, Bernie Sanders ne sera plus candidat à rien. Il faut voir le mouvement indépendamment de son leader, en envisageant quelqu’un d’autre pour prendre la tête de la campagne ».

Pour reprendre le flambeau, un nom est déjà mis en avant, celui d’Elizabeth Warren, la sénatrice démocrate du Massachusetts. Comme Bernie Sanders, elle est une fervente opposante à Donald Trump. Elle était aussi à ses côtés le 31 mars 2017 pour réaffirmer que la révolution n’était pas morte. « C’est la seule qui soit associée au mouvement et qui puisse éventuellement le remplacer. C’est l’incarnation la plus évidente, après Bernie Sanders », confirme Lauric Henneton. En 2015, elle avait même été plébiscitée par de nombreux électeurs de gauche pour succéder à Barack Obama à la place d’Hillary Clinton.

« Elle est très populaire dans la gauche urbaine, intellectuelle et universitaire. En revanche, elle est considérée comme un peu élitiste et elle aura sans doute plus de mal à parler à l’électorat populaire ».

Reste à savoir si Elizabeth Warren accepterait de prendre la succession de Bernie Sanders alors qu’elle n’a pour le moment jamais aspiré à un mandat national.

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