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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 20:08

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/26/presidentielle-melenchon-federe-la-contestation-de-gauche_5117738_4854003.html

 

Jean Luc Mélenchon fédère la contestation de gauche

 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

 

Mercredi 26 Avril 2017

 

Le score est historique pour sa famille politique. Avec vingt pour cent des suffrages, soit sept millions de voix, Jean-Luc Mélenchon a réussi à redonner des couleurs à la gauche radicale lors du premier tour des élections présidentielles du Dimanche 23 Avril 2017. Le candidat du Mouvement de la France Insoumise (MFI) améliore son résultat de plus de huit pour cent par rapport à 2012 et enregistre une progression de plus de trois millions de voix.

Avec sa campagne visant à fédérer le peuple contre l’oligarchie, le député européen a réussi son pari de rassembler largement. « C’est un mix de vote protestataire et de personnes qui donnent traditionnellement leur voix au Parti Socialiste », souligne Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Institut Français d'Opinion Publique (IFOP). Même si sa stratégie n’était pas de se positionner ainsi, Jean Luc Mélenchon est apparu pour de nombreux électeurs comme le vote de gauche, reléguant le socialiste Benoît Hamon très loin derrière, avec six pour cent des voix. Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean Luc Mélenchon, préfère souligner que « pour beaucoup, Jean Luc Mélenchon était celui qui était en capacité de répondre aux problématiques du quotidien ».

En regardant la cartographie du vote pour Jean Luc Mélenchon, plusieurs données frappent. S’il réalise des percées dans des zones rurales, c’est dans les grandes villes que Jean Luc Mélenchon recueille ses meilleures performances. A Lille, où Martine Aubry s’était rangée derrière Benoît Hamon, à Montpellier ou à Avignon, des villes du Parti Socialiste ou des divers gauche, il est en tête, autour de trente pour cent des voix. Plus surprenant, c’est aussi vrai pour des communes de droite.

A Marseille, Jean Luc Mélenchon, qui obtient vingt cinq pour cent des voix, devance d’un cheveu Marine Le Pen, qui obtient vingt quatre pour cent des voix. Il s’impose aussi à Toulouse, à Saint-Etienne, au Havre, à Tourcoing et à Roubaix.

L'ancien président de l’Union pour une Majorité Populaire (UMP), Jean-François Copé, a également dû avoir quelques sueurs froides en découvrant que ses administrés ont choisi de faire de l’ancien socialiste le numéro un dans sa ville de Meaux. A Paris, il finit derrière Emmanuel Macron et François Fillon mais il l’emporte dans le dix neuvième et dans le vingtième arrondissement. Le cœur de son programme, l’environnement, a également séduit là où un maire écologiste est présent, comme à Grenoble, Eric Piolle, avait appelé à voter pour lui, à Grande-Synthe, à Sevran et à Bègles, le fief de Noël Mamère, qui soutenait Benoît Hamon.

Dans trois départements de métropole, dirigés par des socialistes, il a pris la première place, la Seine-Saint-Denis, la Dordogne et l’Ariège.

De même en Martinique, où il s’est rendu au mois de décembre 2016, à la Réunion et à Mayotte, où il fait la course en tête. En Seine-Saint-Denis, longtemps détenu par le Parti Communiste Français (PCF), c’est un véritable raz-de-marée. Il y réalise trente quatre pour cent des suffrages contre trente neuf pour cent pour François Hollande en 2012, soit près de vingt pour cent de plus qu’il y a cinq ans.

Là encore, des villes de gauche comme de droite, dont plusieurs ont connu un maire PCF par le passé, l’ont placé en première position.

Parmi les communes socialistes, nous trouvons Clichy-sous-Bois, Les Lilas, Bagnolet, Pantin et Le Pré-Saint-Gervais, où est implanté le président de l'assemblée nationale, Claude Bartolone. A droite, nous trouvons Bobigny, Drancy, dont le patron de l’Union des Démocrates et des Indépendants (UDI), Jean-Christophe Lagarde, est le maire, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, Montfermeil et Saint-Ouen.

Sans surprise, les communes communistes en ont fait leur candidat préféré et lui ont donné bien souvent des scores supérieurs à quarante pour cent des voix, à Nanterre, La Courneuve, Montreuil, Saint-Denis, Champigny-sur-Marne, Ivry-sur-Seine, Vénissieux, Saint-Pierre-des-Corps et Dieppe. La palme revient à Gennevilliers, où il réalise, avec quarante sept pour cent des suffrages, sa meilleure performance.

A noter cependant que certaines villes PCF ont choisi Marine Le Pen avant Jean-Luc Mélenchon. C’est notamment le cas de petites communes du Nord et du Pas-de-Calais, mais aussi dans les Bouches-du-Rhône, à Arles, à Gardanne et à Martigues. Le PCF, qui dirige le Val-de-Marne, peut également s’inquiéter de la forte poussée d’Emmanuel Macron dans ce département, le seul qui lui reste. L'ancien ministre de l’économie y termine premier, devant leur candidat.

Un autre enseignement est que le leader du MFI a clairement réussi à contenir la poussée électorale de Marine Le Pen en captant une partie du vote protestataire. C’est particulièrement frappant dans les villes dirigées par le Front National où il se place systématiquement deuxième, derrière la candidate d’extrême droite, même si cette dernière est loin devant. Il y a une exception à Mantes-la-Ville, où il bat la présidente du Front National. Le raisonnement vaut pour la région des Hauts-de-France, où Jean Luc Mélenchon occupe la deuxième place, avec vingt pour cent des voix, derrière Marine Le Pen, avec trente et un pour cent des voix, en Seine-Maritime et dans les Bouches-du-Rhône.

Quant aux quartiers populaires, même si l’abstention y reste élevée, ils ont très majoritairement voté en faveur de Jean Luc Mélenchon quand ils avaient donné leurs voix à François Hollande en 2012. A Mantes-la-Jolie, qui avait voté à quarante quatre pour cent, il y a cinq ans pour François Hollande, Jean Luc Mélenchon améliore son score de presque vingt pour cent, avec trente quatre pour cent des voix, pour terminer premier. A Trappes, la ville des Yvelines où Benoît Hamon a été élu député, Jean Luc Mélenchon réalise trente trois pour cent des voix contre vingt quatre pour cent des voix pour Benoît Hamon. Ce dernier trouvera peut-être une consolation en regardant les résultats d’Evry, chez Manuel Valls en Essonne, où Jean Luc Mélenchon arrive en première position devant ses concurrents. La percée est tout aussi notable dans les quartiers nord de Marseille, à Vaulx-en-Velin, à Clichy-sous-Bois, à Garges-lès-Gonesse, à Sarcelles et à Villiers-le-Bel, où il passe presque toujours la barre des trente pour cent des voix pour finir en tête.

L'ancien sénateur obtient ses moins bonnes performances dans des départements comme le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, l’Aube, les Alpes-Maritimes et la Corse, où ses scores sont sous la barre des quinze pour cent des voix. Des résultats à nuancer car Jean Luc Mélenchon progresse partout par rapport à 2012.

Pour compléter ce tableau, nous pouvons ajouter que plusieurs sondages, réalisés le jour du vote, le donnent comme le candidat des jeunes entre dix huit et vingt quatre ans, devant Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Autant de succès qu’il faudra maintenant réussir à transformer aux élections législatives. Le plus dur ne fait que commencer.

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