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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 16:56

 

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Espagne-Le-PSOE-tente-d-eviter-la-fracture--24458855/

 

Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) tente d'éviter la fracture (Reuters)

 

Le PSOE, qui s'est déchiré à l'automne dernier sur l'attitude à adopter face au gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, se dote Dimanche 21 Mai 2017 d'un nouveau secrétaire général sur fond de bataille pour le leadership sur la gauche espagnole, que lui conteste Podemos.

Pedro Sanchez, hostile au maintien au pouvoir du dirigeant du Parti Populaire, a démissionné au mois d’octobre 2016 après avoir été mis en minorité par les instances dirigeantes du PSOE et il remet son mandat en jeu devant les cent quatre vingt huit mille militants du PSOE.

Sa principale rivale, Susana Diaz, présidente de l'exécutif régional d'Andalousie, avait plaidé pour sa part pour une abstention des députés socialistes face au gouvernement de Mariano Rajoy. Sa ligne l'a emporté, permettant à Mariano Rajoy d'obtenir la confiance du parlement et à l'Espagne d'éviter de retourner une nouvelle fois aux urnes après les élections législatives du mois de décembre 2015 et du mois de juin 2016.

A quarante deux ans, soutenue par la vieille garde du PSOE dont les anciens chefs de gouvernement Felipe Gonzalez et José Luis Rodriguez Zapatero, Susana Diaz, si elle l'emporte, deviendra la première femme à diriger le parti en cent trente huit ans d'existence.

Un troisième candidat, l'ancien président du congrès des députés et ancien chef du gouvernement régional du Pays Basque, Patxi Lopez, se présente mais ses chances semblent minimes.

Du choix des militants pourrait dépendre le leadership que le PSOE, qui a subi l'an dernier ses plus mauvais scores électoraux, exerce encore sur la gauche espagnole mais que menace Podemos.

L'émergence du parti de la gauche radicale conjuguée à la poussée des centristes de Ciudadanos ont balayé le bipartisme qui organisait la vie politique espagnole depuis le rétablissement de la démocratie. Ces deux nouveaux venus disposent, ensemble, de près d'un tiers des sièges au congrès des députés, soixante et onze sièges pour Podemos et trente deux sièges pour Ciudadanos, le Parti Populaire a cent trente sept sièges et le PSOE a quatre vingt cinq sièges. Depuis 2008, le PSOE a perdu cinq millions huit cent mille voix.

En annonçant Vendredi 19 Mai 2017 le dépôt d'une motion de défiance contre le gouvernement de Mariano Rajoy, Podemos s'est invité dans les élections primaires du PSOE.

Podemos, qui a recueilli près d'un cinquième des suffrages lors des élections législatives de 2016, ne compte pas suffisamment de députés pour faire tomber le président du gouvernement espagnol.

Mais son initiative est un message adressé aux militants du PSOE, choisissez-vous un leader capable de détrôner Mariano Rajoy ou au contraire un dirigeant qui vous condamnera à rester dans l'opposition.

Interrogé par Reuters, le député José Luis Ábalos, coordinateur de la campagne de Pedro Sanchez, ne dit pas autre chose et met en garde le PSOE, « quand le PSOE perd son image d'alternative et se confond avec l'adversaire, l'électorat ne se reconnaît plus en lui et finit par se tourner vers d'autres propositions plus populistes », dit-il.

La porte-parole de Podemos, Irene Montero, qui a déposé Vendredi 19 Mai 2017 la motion de défiance au congrès des députés, a souligné que son mouvement incarnait « une alternative sérieuse au Parti Populaire, une alternative qui respecte les droits humains et la démocratie et qui ne tolère pas les pratiques autoritaires, le pillage ou les pratiques corrompues », a-t-elle dit.

Ce qui se joue sur la gauche de l'échiquier politique espagnol reflète des batailles similaires engagées dans d'autres pays européens, comme la France où le Mouvement de la France Insoumise (MFI) de Jean-Luc Mélenchon a contribué au cuisant revers du Parti Socialiste, Benoît Hamon signant au première tour des élections présidentielles le plus mauvais score d'un candidat du Parti Socialiste depuis 1969.

Podemos espère aussi une pasokisation du PSOE, qui s'engagerait sur un déclin comparable à ce qu'a vécu le parti socialiste grec (PASOK), débordé sur sa gauche par le parti Syriza du premier ministre Alexis Tsipras.

Notant que le PSOE conserve une solide bases territoriale, les politologues jugent faible la probabilité de voir le PSOE suivre la même voie que le PASOK.

« Le problème fondamental du PSOE, c'est qu'il va rester dans l'opposition dans de nombreux cycles électoraux à venir, non pas parce qu'il disparaîtrait, mais parce qu'il n'aura pas la capacité de forger des coalitions alternatives pour déloger le Parti Populaire du siège de la présidence du gouvernement », explique le politologue Pablo Simón.

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