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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 19:28

 

HAYMARKET SQUARE


 

Je publiais déjà au moins un message relatif au massacre d’Haymarket Square du 4 mai 1886 à Chicago.

Un site internet publiait récemment un numéro spécial de la revue syndicaliste révolutionnaire de Pierre Monatte, la Révolution Prolétarienne, à l’occasion de la mort de Pierre Monatte.

Dans ce numéro spécial, il y avait un message de Pierre Monatte relatif à l’histoire de la journée internationale des travailleurs du premier mai.

Vous en trouverez ci-dessous une citation relative au massacre d’Haymarket Square du 4 mai 1886 à Chicago.

Le message et le numéro spécial de la revue sont disponibles en totalité à l’adresse ci-dessous.
 

Bernard Fischer
 

http://archivesautonomies.org/IMG/pdf/syndrev/revolutionproletarienne/serieap1947/larevolutionproletarienne-n151.pdf

 

Ce fut à Chicago que s'exerça la plus folle répression, Chicago qui avait pris la tête du mouvement et qui était le foyer le plus ardent du révolutionnarisme américain.

Il restait trente cinq mille à quarante mille grévistes le 3 mai 1886. Les patrons avaient fait venir des jaunes pour assurer le travail. Dans la soirée du 3 mai 1886, une manifestation de sept mille à dix mille grévistes conspuait les jaunes de la grande fabrique de machines agricoles Mac Cormick, lorsqu'elle fut assaillie par une bande de policemen qui tirèrent sur la foule, tuèrent un gréviste et en blessèrent des centaines d'autres.

Pour protester contre cet assassinat, un meeting fut convoqué pour le 4 mai 1886. L'Arbeiter Zeitung, journal quotidien de langue allemande publié à Chicago, lançait un appel aux armes.

« La guerre de classes a commencé. Hier, on a fusillé les travailleurs en face de l'usine Mac Cormick. Leur sang crie vengeance. Qui pourrait douter que les tigres qui nous gouvernent sont avides du sang des travailleurs. Mais les travailleurs ne sont pas des moutons. A la terreur blanche, ils répondront par la terreur rouge. Mieux vaut la mort que la misère. Si l'on fusille les travailleurs, répondons de telle façon que nos maîtres s'en souviennent longtemps. C'est la nécessité qui nous fait crier aux armes. Hier, les femmes et les enfants de pauvres pleuraient leurs maris et leurs pères fusillés. Tandis que, dans les palais, les riches remplissaient leurs verres de vins coûteux et buvaient à la santé des bandits de l'ordre. Séchez vos pleurs, vous qui souffrez. Ayez du cœur, esclaves. Insurgez-vous ».

Quinze mille travailleurs répondirent à cet appel. A Haymarket Square, du haut d'un char, les orateurs les plus populaires de Chicago, entre autres Auguste Spies, Albert Parsons et Samuel Fielden, parlèrent. Le meeting allait prendre fin. La nuit tombait. Tout à coup, une troupe de deux cent policiers fonça sur la foule. Avant qu'ils n'aient pu renouveler leur crime de la veille, une bombe tombait dans leurs rangs et en couchait une vingtaine par terre. Mais, par derrière eux, d'autres escouades de policiers avançaient. La bataille s'engagea, fusils à répétition contre revolvers du peuple.

La bourgeoisie s'empara de ces troubles qu'elle avait provoqués et en fit le prétexte d'arrestations en masse. Tout le personnel de l'Arbeiter Zeitung, dont Auguste Spies était rédacteur en chef, fut arrêté, rédacteurs, employés de bureau et typographes.

Un tri savant fut fait. Le 21 juin 1886, les huit principaux militants de Chicago comparaissaient devant la cour d'assises de Cook County.

Ces huit militants étaient Auguste Spies, Albert Parsons, Adolphe Fischer, Samuel Fielden, Georges Engel, Michel Schwab, Oscar Neebe et Louis Lingg, qu'on a appelés depuis, dans le mouvement anarchiste international, les huit martyrs de Chicago.

Auguste Spies dirigeait le quotidien de langue allemande, Arbeiter Zeitung, destiné aux émigrants allemands, et qui, d'abord exclusivement social-démocrate avec Paul Grottkau, était passé à l'anarchisme. Albert Parsons dirigeait I'Alarm. L'influence de ces hommes et de ces organes était considérable. Auguste Spies, Albert Parsons et Samuel Fielden étaient constamment en tournées de propagande. Ils avaient pris une grande part au mouvement pour les huit heures, en s'efforçant d'amener les ouvriers à regarder par-delà la réduction des heures de travail.

Albert Parsons n'avait pu être arrêté le 4 mai 1886 et il s'était réfugié chez des amis. Il n'aurait jamais été découvert. Cependant, le 21 juin 1886, de lui-même, il se présenta dans la salle d'assises, il se dirigea vers le banc de ses amis, il leur serra les mains et il prit place sur le banc des condamnés à mort.

Le procès fut laborieux. Le gouvernement voulait la mort. Cependant, rien n'établissait que l'homme qui avait lancé la bombe se trouvait parmi les huit accusés, Ce n'est qu'au vingt et unième jour que la liste des jurés put être dressée. On prouva, par la suite, par des dépositions d'hommes assermentés, que toutes mesures avaient été prises afin d'avoir un jury qui condamnerait à la pendaison. La sentence fut prononcée le 20 août 1886.

Le 11 novembre 1887, après dix-huit mois de prison préventive, Albert Parsons, Auguste Spies, Georges Engel et Adolphe Fischer furent pendus.

Louis Lingg, la veille de l'exécution, s'était fait sauter la tête avec un cigare de fulminate. Les peines de Samuel Fielden et de Michel Schwab avaient été commuées en emprisonnement perpétuel et celle d’Oscar Neebe avait été commuée en quinze ans de prison.

Un grand mouvement de protestation, auquel participèrent les fractions intellectuelles de la classe bourgeoise secoua toute l'Amérique du Nord, mais en vain ou presque.

Une réparation partielle intervint en 1893. A la suite d'une longue enquête, le gouverneur de l'Illinois, John Peter Altgeld, se convainquit de l'innocence des huit condamnés. Il fit remettre en liberté Samuel Fielden, Michel Schwab et Oscar Neebe et, dans les considérants du décret de grâce, il proclama le crime des juges, des jurés et des faux témoins de la cour de Cook County, et il démontra que le verdict avait été prononcé par ordre.

Sans la perte d'hommes comme Albert Parsons et Auguste Spies, sans la désorganisation de la propagande socialiste et anarchiste et l'affaissement qui se produisit dans tous les centres révolutionnaires, qui sait si le trade-unionisme n'eût pas débordé ses barrières corporatives et si, après avoir adopté la méthode révolutionnaire de lutte, il n'eût pas acquis l'esprit et la volonté de faire la révolution ?

 

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