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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 19:20

 

https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/130517/lunite-est-un-combat-et-il-nest-pas-gagne

 

L'unité est un combat et il n'est pas gagné.

 

Par Caroline de Haas

 

Samedi 13 Mai 2017

 

Plusieurs internautes et militants nous interpellent depuis le Lundi 8 Mai 2017 sur la division de la gauche dans la dix huitième circonscription de Paris. Voici en quelques mots où nous en sommes.

Au mois de décembre 2016, des écologistes du dix huitième arrondissement de Paris m'ont proposée d'être candidate au premier tour des élections législatives dans leur circonscription face notamment à Myriam el Khomri. L'objectif était de rassembler toutes celles et tous ceux qui s'étaient mobilisés contre la loi travail et son monde pour gagner cette circonscription face à une candidate qui incarne les renoncements du quinquennat.

Dès le mois de décembre 2016, après une rencontre avec les écologistes du dix huitième arrondissement, j'ai contacté les forces de gauche, le Mouvement de la France Insoumise (MFI), le Parti Communiste Français (PCF), Nouvelle Donne et des proches de Benoît Hamon, pour échanger avec eux sur la possibilité de créer une candidature de rassemblement.

Chacun était pris dans les logiques des élections présidentielles, mais tous m'ont dit que cela avait du sens. Personne n’était fermé à l’idée.

Au mois de février 2017, nous avons testé l'idée auprès des habitantes et des habitants du dix huitième arrondissement. Dans la rue, un par un, nous avons posé à huit cent personnes la question de ma candidature.

A la fin du mois de février 2017, une réunion publique a rassemblé cent vingt personnes dans laquelle nous avons décidé de lancer la campagne. Depuis, nous menons chaque jour des actions de terrain, du matin devant les métros au soir en porte à porte, en passant par les diffusions devant les supermarchés ou les déambulations sur la pause déjeuner. Nous déclinons nos priorités, emploi, écologie, éducation et égalité. Nous participons aux mouvements sociaux, comme le 4 mai 2017, où j'étais la seule candidate de la dix huitième circonscription présente aux côtés des salariés de Tati. Nous proposons également une transformation radicale de la pratique du pouvoir. Je me suis par exemple engagée à publier l'intégralité de mes dépenses et à ne faire qu'un seul mandat.

En deux mois, plusieurs milliers de personnes ont souhaité recevoir notre programme. Aujourd'hui, nous sommes plus d'une centaine à participer activement à la campagne. Parmi nous, quatre vingt pour cent de personnes qui ne sont pas adhérentes d'un parti politique. Plus d'un tiers n’avait jamais participé à une campagne. Beaucoup sont venus par l'engagement féministe, d'autres suite à la pétition contre la loi travail.

La plupart d'entre nous ont voté pour Jean Luc Mélenchon, d'autres ont voté pour Benoît Hamon ou Philippe Poutou au premier tour des élections présidentielles. Certains ont voté, d'autres n'ont pas voté au deuxième tour des élections présidentielles.

Notre objectif est clair, notre objectif est de gagner. Nous voulons élire à l'assemblée nationale une députée qui résistera à la deuxième loi travail, à la suppression des postes de fonctionnaires ou à la remise en cause des engagements de la France sur le climat. Une candidature qui porte des propositions pour créer des emplois ou pour lutter contre la fraude fiscale. Je suis à ce jour la seule candidate de la circonscription à avoir signé les quinze propositions pour la solidarité.

Pour cela, il y a plusieurs conditions, un programme clair et ambitieux, un rassemblement de toutes les forces motivées dans l'arrondissement et une candidature qui puisse être majoritaire. Notre objectif était également de créer une campagne citoyenne, innovante, inclusive et participative. Une campagne qui s'appuie sur les organisations politiques de l'arrondissement tout en allant au delà d'une addition d'appareils. Le pari est presque réussi.

Au mois de mai 2017, après plusieurs demandes, le MFI du dix-huitième arrondissement a enfin accepté une rencontre. Nous avons réuni autour de la table Europe Ecologie Les Verts (EELV), le PCF, Ensemble et le Parti de Gauche pour échanger sur l'idée d'une candidature commune à toutes nos dynamiques. Nous avons expliqué que la suppléance à ma candidature n'était pas fixée et qu'il était possible pour nous d'envisager un ticket. Cette discussion très cordiale a montré deux désaccords avec le MFI. Pas sur le fond, nous partageons le même programme, il suffit de regarder le projet proposé par la dix huitième citoyenne pour le constater. Il s'agit de désaccords stratégiques. Nous pourrions nous dire que si c’est stratégique, ce n'est pas très grave. Je ne suis pas d'accord. Le programme est fondamental, la stratégie l'est aussi.

Il y a deux désaccords.

Le premier désaccord porte sur le rassemblement de la gauche. La proposition faite par le MFI, dans le dix huitième arrondissement comme presque partout en France, est assez simple, ralliez vous.

Cette proposition est, bien sûr, non amendable. Leur pari est que seule la dynamique du MFI peut gagner et que les voix faites par Jean-Luc Mélenchon au premier tour iront toute aux candidats du MFI. C'est un pari risqué. D'autant plus que, dans la circonscription, les voix seules de Jean Luc Mélenchon, qui risquent fort, en plus, de ne pas se reporter automatiquement, ne permettent pas de gagner. Emmanuel Macron a fait trente trois pour cent des voix, Jean Luc Mélenchon a fait vingt trois pour cent des voix et Benoît Hamon a fait treize pour cent des voix. La droite est largement en deçà de son score habituel. Nous avons donc besoin d'élargir la dynamique du MFI pour gagner en rassemblant toutes les organisations et les énergies de l'arrondissement. Le MFI pense le contraire. C'est le premier désaccord.

Le deuxième désaccord porte sur la personne la mieux placée pour gagner. Une élection législative, lorsqu'il s'agit de s'opposer à la majorité présidentielle, se gagne notamment sur la capacité à créer une dynamique locale, à mobiliser et rassembler l'électorat et à créer l'événement. Nous avons besoin d'une personne pour incarner cette dynamique, le MFI est bien placé pour le savoir. Entre la présence de Myriam el Khomri sur la circonscription et la volonté d'Emmanuel Macron de faire une deuxième loi travail, plusieurs partis politiques comme des dizaines d'habitantes et d'habitants plaident pour que je l'incarne. Le candidat du MFI nous a alors expliqué, je mets des guillemets, je cite, que « la loi travail, c'était loin » et que « la pétition ne représentait plus grand-chose ». Il a donc maintenu qu'il était plus légitime à incarner cette dynamique. C’est le deuxième désaccord.

Ce qui ne sera pas dit dans cette réunion et que j'apprendrai après, c'est que la décision de ne pas me soutenir n'a pas été discutée par les militants du MFI du dix-huitième arrondissement. Elle a été prise ailleurs.

La campagne lancée depuis trois mois par la dix huitième citoyenne rassemble des dizaines de citoyennes et citoyens n'ayant jamais milité de leur vie, elle est soutenu par EELV, le PCF, des militants d'Ensemble, des militants du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), des militants du MFI, des hamonistes, des féministes et des syndicalistes.

Cette volonté du MFI d’être l’unique organisation politique à partir seule à la bataille est incompréhensible. Ne pas vouloir participer à ce rassemblement, dans la dix huitième circonscription de Paris comme ailleurs, présente le risque majeur de faire gagner la droite. Les jours passent et avec eux s'éloigne la possibilité de partir groupé.

Je veux encore y croire. Nous allons nous battre de toutes nos forces pour que cela n'arrive pas et créer les conditions de la victoire de la gauche et des écologistes dans l’arrondissement.

 

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