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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 17:22

 

Le président du Brésil, Michel Temer, se heurte de front à la cour suprême (Reuters)

 

Le président du Brésil, Michel Temer, s'est vivement défendu Samedi 20 Mai 2017 des accusations de corruption portées contre lui, redisant qu'il n'avait aucune intention de démissionner.

La cour suprême du Brésil a lâché une bombe en dévoilant Jeudi 18 Mai 2017 un témoignage l'accusant, lui et deux anciens présidents, Luiz Ignacio Lula da Silva et Dilma Rousseff, d'avoir reçu l'équivalent de plusieurs millions d'euros de pots-de-vin.

Ce témoignage livré par des cadres du groupe alimentaire José Batista Sobrinho (JBS), numéro un mondial du conditionnement de viande, a été obtenu en échange d'une réduction de peine dans le cadre de l'opération anti-corruption Lava Jato qui secoue le pays depuis de longs mois.

Il pose la question du maintien au pouvoir du président Michel Temer, qui a lui-même succédé à Dilma Rousseff, destituée l'an dernier pour manipulation des comptes publics.

La cour suprême a ouvert Jeudi 18 Mai 2017 une enquête visant Michel Temer pour corruption et obstruction à la justice. Les appels à sa démission se multiplient, y compris dans les colonnes du quotidien O Globo, pourtant critiqué par l'opposition de gauche pour ses positions en faveur des conservateurs.

« C'est de loin le pire moment au Brésil depuis le retour de la démocratie », estime Claudio Couto, politologue à la Fondation Getulio Vargas.

Michel Temer nie toute malversation et exclut de démissionner. Samedi 20 Mai 2017, affirmant que « le Brésil ne sera pas dévié de sa route », il a demandé à la cour suprême de vérifier l'intégrité d'un enregistrement le mettant en cause, à savoir s'il n'a pas été édité après coup et, en attendant, de suspendre l'enquête ouverte contre lui.

Dans un communiqué diffusé dans la soirée, l’actionnaire majoritaire de JBS a déclaré que l'enregistrement avait été remis dans son intégralité à la justice et qu'il « n'avait jamais fait l'objet d'une quelconque manipulation ».

Dans cet enregistrement audio diffusé par la cour suprême et effectué en secret par le patron de JBS, Joesley Batista, lors d'un entretien au mois de mars 2017, le président Michel Temer semble tolérer le versement d'argent à l'ancien président de la chambre des députés, Eduardo Cunha, pour qu'il accepte de se taire.

Dans son intervention Samedi 20 Mai 2017 au palais présidentiel, Michel Temer a jugé que les déclarations des cadres de JBS n'étaient qu'un tissu de mensonges et qu’elles étaient pleines de contradictions.

JBS, jadis un petit producteur de viande, a connu une croissance exponentielle pendant les treize années de gouvernement dirigé par le Parti des Travailleurs, sous les présidences de Luiz Ignacio Lula da Silva et de Dilma Rousseff. Il s'est étendu grâce à des acquisitions financées par des prêts à faible taux d'intérêt accordés par la banque de développement du Brésil.

Les dirigeants de JBS qui ont témoigné devant la justice en échange d'une remise de peine disent avoir versé environ cinq cent millions de reals, cent trente sept millions d'euros, à des responsables politiques et à des fonctionnaires en échange de l'obtention de contrats publics, de crédits auprès des banques et du règlement de litiges, fiscaux notamment, avec l'administration.

Le président Michel Temer a démenti avoir fait obstruction à la justice en intervenant dans l'enquête ou avoir touché des pots-de-vin. Les avocats de Luiz Ignacio Lula da Silva affirment l'innocence de leur client et Dilma Rousseff a nié toute malversation.

Les trois anciens ou actuels présidents ne sont pas les seuls concernés par le témoignage de JBS qui met en cause des élus du congrès, des ministres et plusieurs gouverneurs et maires de grandes villes. Tous les partis sont impliqués, dans la coalition gouvernementale comme dans l'opposition.

Selon ces récits, Michel Temer, du Parti du Mouvement Démocratique du Brésil (PMDB), a reçu quinze millions de réals, quatre millions d'euros, de dessous-de-table de JBS.

Pour l'ancien président Luiz Ignacio Lula da Silva, déjà visé par cinq procès pour corruption, la cour suprême donne un chiffre équivalent à environ quarante cinq millions d'euros reçus sur des comptes à l'étranger. L’ancienne présidente Dilma Rousseff aurait perçu près de vingt sept millions d'euros, également placés sur des comptes à étranger.

L'opération Lava Jato vise un vaste système de corruption, qui permettait aux sociétés d'obtenir des contrats dans des entreprises publiques, notamment auprès de la société pétrolière Petrobras.

Plus de quatre vingt dix hommes d'affaires et politiques ont déjà été inculpés et des dizaines de parlementaires et un tiers des membres du gouvernement de Michel Temer font l'objet d'investigations.

Eduardo Cunha a été l'un des initiateurs de la procédure de destitution de Dilma Rousseff. Reconnu par la suite coupable de corruption, il a été condamné au mois de mars 2017 à quinze ans de prison.

De nombreux dirigeants politiques craignent que, s'il devait devenir témoin, son témoignage ne mette en cause des dizaines de parlementaires et de membres de l'exécutif.

 

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