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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 17:15

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/05/22/les-socialistes-espagnols-plebiscitent-pedro-sanchez_5131602_3214.html

 

Les socialistes espagnols plébiscitent Pedro Sanchez

 

L'ancien secrétaire du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) s’impose face à Susana Diaz sur une ligne claire d’opposition à la droite.

 

Par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

 

Pedro Sanchez a obtenu sa revanche. Dimanche 21 Mai 2017, les militants l’ont réélu à la tête du PSOE lors d’une élection primaire interne décisive pour l’avenir de la formation. Cet économiste, candidat malheureux aux dernières élections, promet un virage à gauche, une opposition ferme au gouvernement conservateur de Mariano Rajoy et un rapprochement avec le parti de la gauche radicale Podemos.

Contre tout pronostic, alors qu’il avait tout l’appareil du PSOE contre lui et qu’il a eu recours au financement participatif pour sa campagne, Pedro Sanchez a obtenu cinquante pour cent des voix, loin devant sa grande rivale, la présidente de l’Andalousie, Susana Diaz, avec quarante pour cent des voix, et l’ancien président du Pays Basque, Patxi Lopez, avec dix pour cent des voix. Le taux de participation de cette élection-clé pour l’avenir du PSOE a atteint quatre vingt pour cent des militants. Le résultat des élections primaires sera validé lors d’un congrès, le 17 juin et le 18 juin 2017 à Madrid, qui pourrait rétablir la paix ou faire exploser la formation.

Par ce choix, les militants portent un coup dur aux grands ténors du parti et aux principaux barons régionaux, qui avaient poussé Pedro Sanchez à la démission au mois d'octobre 2016. Les dirigeants du PSOE critiquaient alors ses mauvais résultats électoraux lors des dernières élections législatives, quatre vingt dix députés au mois de décembre 2015 et quatre vingt cinq députés sur les trois cent cinquante députés du parlement espagnol au mois de juin 2016.

Ils ne comprenaient pas son refus obstiné, érigé en mantra, « no es no », « non c'est non », de faciliter l’investiture de Mariano Rajoy, arrivé en tête aux deux élections législatives, mais sans majorité absolue. Et ils ne toléraient pas ses tentatives de sceller, dans le dos du comité de direction du PSOE, une alliance avec le parti de la gauche radicale Podemos et les indépendantistes catalans afin de devenir président du gouvernement. « Le virus du populisme a gagné une nouvelle bataille », affirme un président de région socialiste proche de Susana Diaz au Monde, « je ne pense pas que le parti va se rompre mais tout dépend de celui qui en a la responsabilité ».

L’élection de Pedro Sanchez à la tête du PSOE marque aussi une rupture avec le PSOE historique, celui des anciens présidents du gouvernement Felipe Gonzalez et José Luis Rodriguez Zapatero, qui avaient donné leur soutien à Susana Diaz.

Le soutien des militants contraste avec l’hostilité qu’il suscitait aussi dans les principaux médias, à commencer par le Pais, journal de référence des électeurs du PSOE, qui a comparé l’élection de Pedro Sanchez au vote des britanniques en faveur du Brexit, « la victoire de Pedro Sanchez n’est pas étrangère au contexte politique de crise de la démocratie représentative dans laquelle s’imposent avec facilité la démagogie, les demi vérités, les fausses vérités et les promesses impossibles à tenir ».

Deux modèles opposés

« Rien ne se termine mais tout commence aujourd’hui », a déclaré le nouveau secrétaire général, « nous allons faire du PSOE le parti de la gauche de ce pays et mon engagement reste ferme, l’unité du parti ».

Susana Diaz, le visage décomposé, s’est mise à la disposition du PSOE, évitant soigneusement de prononcer le nom de son rival et demandant que la formation soit une « alternative de gouvernement avec un projet cohérent, solide et autonome », sous-entendu de Podemos.

La première tâche de Pedro Sanchez sera de recoudre un parti divisé et fracturé entre deux modèles opposés. En matière de fonctionnement interne, les divergences sont profondes. Alors que sa rivale entendait encadrer et limiter la participation directe des militants, Pedro Sanchez, opposé au PSOE des notables, comme il dit, aimerait consolider les attributs du secrétaire général et renforcer son pouvoir et son autonomie par rapport aux organes de direction collégiaux, tout en augmentant la fréquence et le nombre de consultations auprès des militants.

Sur les questions politiques et économiques, les différences sont aussi importantes. Alors que Susana Diaz défendait les principes de la sociale démocratie, Pedro Sanchez a annoncé son intention d’effectuer un virage à gauche pour récupérer « l’essence du socialisme et de la vraie gauche et construire une nouvelle sociale démocratie qui lutte contre le néo libéralisme et ses conséquences économiques et sociales ». Il est prêt pour cela à s’allier avec Podemos, avec qui Susana Diaz voulait au contraire mettre le plus de distance possible, elle qui gouverne en Andalousie avec le soutien du parti centriste et libéral Ciudadanos.

Fervent opposant à l’abstention des députés du PSOE qui a permis à Mariano Rajoy d’obtenir l’investiture du parlement et ainsi d’éviter de troisièmes élections législatives en un an, le nouveau patron des socialistes n’entend en aucun cas collaborer avec le Parti Populaire. Il a déclaré durant la campagne que sa première décision, une fois élu, serait de demander la démission de Mariano Rajoy, du fait des scandales de corruption qui éclaboussent sa formation.

La victoire de Pedro Sanchez pourrait ainsi avoir des conséquences directes sur la stabilité de l’exécutif. En refusant de négocier tout accord ou toute loi avec le Parti Populaire, le secrétaire général pourrait inciter le chef du gouvernement à convoquer de nouvelles élections législatives ou provoquer son départ par une motion de censure, comme celle déposée par Podemos, Vendredi 19 Mai 2017. Pour être effective, celle-ci doit être « constructive » et elle doit s’accompagner de la présentation d’une candidature alternative capable d’obtenir la majorité absolue au parlement. Pedro Sanchez, qui s’est dit prêt à se lancer « droit vers la Moncloa », le palais du chef de gouvernement, pourrait être tenté par cette perspective.

 

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