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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 18:52

 

http://blogs.publico.es/tomar-partido/2017/05/19/una-mocion-de-censura-en-clave-destituyente/

 

Une motion de censure pour la destitution

 

Par Miguel Urban

 

Vendredi 19 Mai 2017

 

Ces dernières semaines, les événements entourant la corruption du Parti Populaire ont engendré une situation politique extraordinaire qui rappelle trop la crise de l’opération Mani Pulite qui a pris fin avec le déclin du régime bipartite italien qui a émergé de la guerre. On pourrait dire que c'est un scandale public dont l'intensité et l'impact sont supérieurs par rapport aux épisodes précédents. La normalité politique est rompue de façon spectaculaire, cela devient chaque jour plus évident, non seulement par les révélations sur la mafia de la communauté de Madrid et de son actuelle présidente Cristina Cifuentes, mais par l'utilisation flagrante de la justice et d’une partie de l'appareil d’état par le gouvernement pour tenter de dissimuler des cas de corruption. C’est une preuve supplémentaire que la corruption a été et reste une forme de gouvernement dans notre pays.

Il y a quelques années lors d'une manifestation étudiante, une personne a écrit sur les marches du congrès des députés « à bas le régime ».

C’est une inscription qui symbolise un slogan qui a été progressivement étendu au cours des mouvements sociaux qui ont émergé avec le mouvement du 15 mai 2011 et qui montre le rejet croissant de toutes les institutions et de la culture politique construite à partir du pacte constitutionnel de 1978. C’est à la fois la cause et l'effet de la dévastation économique du pays, nous assistons à un véritable processus de délégitimation et de décomposition des piliers centraux du régime espagnol de 1978, la monarchie, le système judiciaire, le cadre territorial et, en fin de compte, le système des partis et le bipartisme.

Les institutions zombies sont actuellement incapables de répondre aux besoins et aux exigences sociales. Des institutions qui, dans tous les cas, survivent encore comme un simple réflexe de survie.

Bien que vous puissiez avoir des nuances sur la mesure ou le caractère tardif de la crise du régime dans lequel nous nous trouvons, personne n’est insensible aux changements profonds qui ont déjà eu lieu dans le système politique espagnol, dont Podemos et les confluences sont la preuve palpable. Un moment exceptionnel, qui ne fait apparemment que commencer, auquel ne peut pas faire face la normalité parlementaire et sociale. Il exige une réponse qui soit à la hauteur du défi politique auquel nous sommes confrontés, qui est non seulement la crise du parti au pouvoir, mais qui est aussi l'aggravation de la crise elle-même du système de parti né de la transition.

La motion de censure est la réponse. Parce que, même si elle n’obtient pas le soutien parlementaire nécessaire pour prospérer, dans la situation politique et le cycle à long terme ouvert par le mouvement du 15 mai 2011, elle constitue un événement perturbateur de la normalité politique et, en même temps, elle apporte une perspective importante dans le sens de l’ouverture d’une forme de destitution du régime de 1978.

Pourquoi la motion de censure est-elle si bouleversante, selon tous les porte-paroles du régime, si elle n'a aucune chance de succès ? On pourrait dire, en ce sens, que c’est parce que ce qui est en jeu est plus qu'un simple changement de cycle politique ou même de gouvernement.

La crise des grands partis de la transition, comme cause et conséquence de la crise générale qui menace l'ensemble du régime politique, a touché jusqu'à présent en particulier le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). C’est un pilier fondamental du bipartisme et de la construction de l'ensemble de l'architecture institutionnelle et des fondations économiques du modèle espagnol. Mais ces derniers temps, la grande nouvelle a été l'érosion du Parti Populaire qui, en dépit du fait qu’il reste au gouvernement, souffre des dommages politiques de l'effondrement du complot de corruption truqué de son financement illégal. Et ses conséquences pour le système politique sont dévastatrices dans la mesure où elles remettent en cause les possibilités de survie du système de bipartisme.

La crise des partis est la crise de leurs appareils et de leur manque de projet social et démocratique. Il y a donc une désaffection politique des citoyens, ce que montre le niveau élevé de mobilisation sociale que le pays a connu depuis des années. C’est une manière de faire de la politique. C’est une demande d’une plus grande intervention populaire et d’une redéfinition des pratiques militantes encouragées par une nouvelle exigence démocratique et culturelle en relation avec les transformations sociales.

Le potentiel de la motion de censure devrait être de rendre la parole aux citoyens, de dépasser et de rompre les étroites limites parlementaires.

La manifestation du Samedi 20 Mai 2017 ne doit pas être une fin en soi, mais le début d'un processus de convergence qui va au-delà de la dynamique des partis. Si le mouvement du 15 mai 2011 a ouvert le cycle politique qui a permis l'émergence et le développement de Podemos, le retour à la mobilisation sociale devient une condition sine qua non pour sortir de l'impasse institutionnelle actuelle et faire pencher la balance vers le chemin du changement politique et non pas vers le rétablissement du régime. Restauration ou régénération, comme dit Perry Anderson, le système lui-même prépare des « anticorps de simulacres populistes, comme Albert Rivera en Espagne ou Emmanuel Macron en France, contre les impasses et les corruptions présentes et il promet une politique plus propre et plus dynamique à l'avenir, au-delà des partis décadents ».

La mobilisation peut non seulement se tenir dans des « moments dramatiques », mais elle doit territorialiser la politique, ce qui ne veut pas dire autre chose que de s'impliquer dans la construction collective et de tisser le mouvement dans tous les domaines de la vie sociale, en collaboration avec d'autres acteurs pour générer des institutions de classe autonomes. Des initiatives telles que le Syndicat des Locataires de création récente, la réactivation des marées blanches ou vertes, la lutte pour un modèle de cité différente avec des espaces auto-organisés comme ingouvernables et/ou les conflits les plus probables dans les ports, sont des éléments qui vont dans la bonne direction.

Une motion de censure pour la destitution du système de la corruption est à son tour une occasion d'entrevoir un horizon constituant. Ce n’est pas seulement pour arrêter l’hémorragie de la perte des droits, mais c’est un moment historico-politique pour garantir de nouveaux droits et pour inventer de nouvelles formes de démocratie par la promotion de nouvelles expressions politiques.

Contre ceux d’en haut qui voient la crise socio politique comme une époque de décadence, ceux d’en bas devraient voir la scène, toute aussi dramatique, comme une occasion irremplaçable pour la recréation démocratique, la redéfinition de la logique de la représentation et la subversion de toutes les règles du système social qui nous ont conduit à la catastrophe actuelle. Il n’y a pas de temps à perdre, l'urgence sociale et écologique appelle des pas en avant nécessaires.

 

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