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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 18:32

 

Emmanuel Macron exige la solidarité de ses ministres sur le cas de Richard Ferrand (Reuters)

 

Emmanuel Macron a pressé Mercredi 31 Mai 2017 le gouvernement d'être solidaire face aux difficultés rencontrées par Richard Ferrand et de faire le tri entre le grain et « l'avanie », soulignant que seule la justice pouvait dire ce qui constituait « une affaire ».

Le ministre de la cohésion des territoires est mis sous pression depuis dix jours par des informations sur ses activités passées à la tête des Mutuelles de Bretagne et comme député.

Ce fidèle de la première heure du chef de l’état, qui a reçu Mardi 30 Mai 2017 le soutien du premier ministre, Edouard Philippe, a indiqué Mercredi 31 Mai 2017 sur France Inter qu'il n'avait pas l'intention de démissionner.

Face à ce qui est considérée comme la première épreuve du quinquennat, Emmanuel Macron a tenu lors du conseil des ministres « à appeler à la solidarité, à la responsabilité au sein du conseil des ministres et à faire le tri en le grain et l’ivraie voire quelquefois l’avanie », a fait savoir le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

Emmanuel Macron a ajouté que « seule la justice dans ce pays est habilitée à décider ce qui relève d’une affaire, d’une instruction et d’une enquête », a-t-il poursuivi lors du compte rendu du conseil des ministres.

L'exécutif ne doit jamais « gêner une quelconque procédure », a dit le chef de l’état, en ajoutant que « les choses ne vont pas forcément bien quand la presse devient juge », a-t-il ajouté.

Le Parquet National Financier (PNF) et le parquet de Brest ont jusqu'à présent refusé d'ouvrir une enquête sur des faits qui, selon eux, ne le justifient pas.

Au coeur de la polémique éclaboussant le ministre de la cohésion des territoires, il y a la création d'une Société Civile Immobilière (SCI) qui a permis à la compagne de Richard Ferrand, Sandrine Doucen, d'acquérir à bon compte des locaux loués par les Mutuelles de Bretagne quand Richard Ferrand les dirigeait.

Le Monde a pour sa part décrit Mardi 30 Mai 2017 ce qu'il a présenté comme le système Ferrand, « mélange des genres entre intérêts publics et privés » sur vingt ans.

Prié de dire s'il avait proposé au chef de l’état de se retirer, l'ancien député socialiste a répondu à France Inter que « je ne le ferai pas pour deux raisons, d'abord j'ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice de la république, et puis j'ai une mission très importante, celle de la cohésion des territoires ».

Sept français sur dix jugent que Richard Ferrand, devrait démissionner, selon un sondage Harris Interactive pour Radio Monte Carlo (RMC) et Atlantico.

« Je comprends que, petit à petit, le doute a été créé et le doute c'est un poison, la suspicion c'est un poison de la démocratie et c'est normal que les françaises et les français s'interrogent », a déclaré Richard Ferrand.

Il a dit vouloir répondre aux interrogations des français, dont il a admis qu'ils pouvaient être « déçus » après les promesses de moralisation de la vie publique faites par Emmanuel Macron pendant la campagne des élections présidentielles.

« Je ne suis pas un faux-cul et je sais qu'il faut répondre aux questions des françaises et des français », a-t-il déclaré.

« Ce que je lis laisse apparaître des soupçons de duplicité, de vénalité et donc cela peut créer de la déception », a-t-il poursuivi, « mais nous n'avons rien trahi ».

S'il s'est abrité derrière le fait que la justice n'ait pas trouvé jusqu'ici matière à enquêter dans les informations publiées par la presse, il a néanmoins dit que, « par définition, il n'y a que la justice qui puisse lever le soupçon ».

Le ministre a toutefois ajouté que « tout ce que j'ai fait dans ma vie professionnelle est légal, public et transparent. Je suis un homme honnête ». Et il a dit vouloir désormais se consacrer aux priorités de son ministère.

L'association Front Républicain d’Intervention contre la Corruption (FRIC) a annoncé son intention de déposer une plainte en début de semaine prochaine auprès du procureur de Brest, pour délit d'entrave aux fonctions de commissaire aux comptes.

Elle estime que « les Mutuelles de Bretagne et leur directeur de l'époque Richard Ferrand auraient dû faire valider le montage immobilier permettant à la SCI de sa compagne de louer un local au réseau mutualiste par les commissaire aux comptes, ce qui n'a pas été le cas », écrit-elle sur son site internet.

 

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