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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 15:08

 

http://www.lemonde.fr/climat/article/2017/06/02/apres-la-sortie-de-l-accord-de-paris-la-californie-veut-combler-le-vide-politique_5137469_1652612.html

 

La Californie veut mener la fronde, au nom de l'environnement

 

Après la sortie de l’accord de Paris, la Californie veut combler le vide politique

 

Le gouverneur Jerry Brown, écologiste convaincu, passe des partenariats avec des villes et des provinces du monde entier pour respecter, voire dépasser, les objectifs de la vingt et unième conférence climatique.

 

Par Corine Lesnes, correspondante du Monde à San Francisco

 

Pure coïncidence, au moment où Donald Trump annonçait, Jeudi Premier Juin 2017, le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, le gouverneur de Californie, Jerry Brown, se préparait à embarquer pour Pékin pour participer à un sommet international de ministres de l’énergie et à une tournée sur le climat et les énergies renouvelables. « Jerry Brown prend-il la position de Donald Trump sur la scène mondiale de l’environnement », interroge le Sacramento Bee, le quotidien de la capitale politique de la Californie.

Ecologiste convaincu depuis son premier mandat, entre 1975 et 1983, l’élu démocrate, soixante dix neuf ans, considère la décision du président comme une erreur colossale. Donald Trump « parie sur un cheval mort », a-t-il dit dans l’une des vingt-deux interviews qu’il a accordées à la presse avant son départ pour la Chine. « La Californie va faire tout ce qui est en son pouvoir non seulement pour maintenir le cap mais pour réunir des soutiens, dans d’autres états, d’autres provinces et d’autres pays », a-t-il ajouté.

Jerry Brown, qui dirige l’équivalent de la sixième économie du monde, espère combler le vide politique laissé par le retrait américain. Mercredi 31 Mai 2017, il a appelé ses collègues gouverneurs à forger une alliance pour manifester leur soutien à l’accord de Paris.

Un premier groupe s’est constitué autour de la Californie, de l'état de New York et de l'état de Washington, qui ont annoncé, Jeudi Premier Juin 2017, leur intention de respecter les objectifs de la vingt et unième conférence climatique, même sans soutien fédéral.

Au mois d'avril 2017, Jerry Brown a enrôlé trois nouveaux pays, le Canada, le Mexique et la Suède, dans l’initiative Under Two qu’il a lancée en 2015 avec des objectifs plus ambitieux que ceux de l'Organisation des Nations unies (ONU). A ce jour, cent soixante dix collectivités, des états, des provinces et des municipalités, représentant un milliard cent quatre vingt millions d’habitants dans trente-trois pays, sont partie prenante à cette coalition, nommée d’après le seuil de deux degrés d’élévation des températures au-delà duquel les scientifiques prévoient des conséquences irréversibles pour la planète. Les signataires s’engagent à réduire leurs émissions de quatre vingt à quatre vingt quinze pour cent d’ici à 2050 par rapport à 1990.

Pourquoi la Californie est-elle en pointe du combat environnemental ? Dans une interview, à la veille de la signature de l’accord de Paris, au mois de décembre 2015, Jerry Brown expliquait au Monde que les habitants ont été sensibilisés très tôt à la qualité de l’air, lorsque la pollution sévissait sur l’état dans les années 1950 et 1960.

A l’époque, soulignait-il, ce sont deux élus républicains qui avaient réagi. Ronald Reagan, gouverneur de l’état, et Richard Nixon, le président qui a promulgué le Clean Air Act, la loi sur l’air propre, en 1970. Grâce à eux, la Californie s’est vu attribuer une autorité indépendante pour fixer des normes d’émission pour les véhicules.

Elle a fixé des règles plus rigoureuses qu’ailleurs, suivie par une quinzaine d’états.

C’est cette dérogation au régime fédéral qui lui a permis d’être à l’avant-garde. Aujourd’hui, sous la pression des constructeurs automobiles, l’administration de Donald Trump étudie la possibilité de la révoquer, bien qu’elle soit inscrite dans la loi et que seul un acte du congrès puisse en décider.

En Californie, le sujet a toujours été bipartisan, grande différence avec Washington. C’est le gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger, entre 2003 et 2011, qui a promulgué la première loi sur le changement climatique, en vertu de l’autorité octroyée par le Clean Air Act, et confirmée par la cour suprême en 2010. « Tout naturellement, nous sommes passés du contrôle de la pollution à celui des gaz à effet de serre », expliquait alors Jerry Brown, « mais nous ne pouvons agir seuls. L’exceptionnalisme de la Californie doit devenir la norme pour les autres états et je dirais même le monde ».

La Californie a mis en place un système de marché d’émissions qui a servi de modèle à la législation que le président Barack Obama a essayé, sans succès, de faire adopter par le congrès des Etats Unis en 2010.

Avec le Canada et le Mexique, l’état est en train de préparer un « marché commun du changement climatique », étendant le système à toute la région.

Selon le gouverneur, l’opposition est galvanisée par l’attitude de Donald Trump. A la veille de l’annonce du retrait, le sénat de Californie a adopté une mesure visant à accélérer encore la réduction des émissions, cent pour cent de l’électricité devra provenir d’énergies renouvelables avant 2045.

Comme la bataille sera aussi juridique, l’assemblée locale a recruté l’ancien ministre de la justice de Barack Obama, Eric Holder, pour défendre les intérêts de l’état.

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