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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 19:40

 

http://insurge.fr/17WEB/17TRACT/17_06_19_elections_legislatives_godillots.html

 

Après les élections législatives du mois de juin 2017, une nouvelle étape de la lutte des classes

 

Avec le deuxième tour des élections législatives du Dimanche 18 Juin 2017 s'achève la mise en place d'un nouveau dispositif gouvernemental bourgeois, dispositif dont Emmanuel Macron, élu président de la république, constitue la pièce centrale. Pour les travailleurs, pour la jeunesse et l'ensemble de la population laborieuse, c'est une nouvelle période de combats qui s'ouvre, combats indispensables face à des attaques que le pouvoir engage sans attendre, mais combats qui imposent de lever d'importants obstacles.

 

La marche des godillots

 

Charles de Gaulle, en son temps, avait qualifié les députés de godillots de la république. Chacun comprit la métaphore identifiant les députés à des chaussures militaires. Les députés étaient aux ordres du président de la cinquième république, marchant au pas sous la férule du président Bonaparte. Précisons que la cinquième république gaulliste n'est pas un régime dans lequel, comme aux États-Unis, le pouvoir exécutif du président de la république est contre-balancé par un parlement fort et indépendant, c'est un régime de type bonapartiste, inachevé et bâtard dans le cas de la cinquième république, dans lequel tout procède du pouvoir présidentiel auquel est asservi le parlement.

 

Certes, à partir des années 1980, durant les années des présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac notamment, ce caractère bonapartiste avait semblé s'amoindrir, au point que diverses phases de cohabitation avaient eu lieu dans lesquelles la majorité parlementaire était différente de la majorité présidentielle.

 

Mais avec l'élection d'Emmanuel Macron, c'est bien d'une tentative de restaurer le pouvoir bonapartiste dont il s'agit. Certes, n'est pas Charles de Gaulle qui veut et la situation politique et les rapports entre les classes ne sont pas ceux des années gaullistes. Ainsi, avec une abstention record de cinquante sept pour cent, on est très loin d'un plébiscite en faveur du mouvement d'Emmanuel Macron. Mais avec l'élection d'une large majorité de députés godillots dévoués à l'exécutif, Emmanuel Macron dispose des outils nécessaires à la bourgeoisie française pour réaliser au pas de charge ce qui n'a pu être fait jusqu'à ce jour.

 

La fonction de l'apprenti Bonaparte

 

De longue date, la bourgeoise française est divisée sur la question de l'Union Européenne et celle de l'euro en particulier, comme le sont d'autres bourgeoisies européennes. Ses couches dominantes sont favorables à davantage d'intégration, en particulier sur le plan financier et budgétaire, quoiqu'il en coûte pour les couches arriérées de cette bourgeoise, broyée par la concurrence ouverte.

 

Le parti des Républicains avait maintenu un délicat équilibre entre la défense de l'euro et la préservation de la nation avec toutes ses prérogatives. Tandis que le Front National, prônant la sortie de l'euro et la fermeture des frontières, tentait d'entraîner sur le terrain du protectionnisme et de la xénophobie des couches populaires touchées de plein fouet par une crise financière et économique qui n'en finit pas.

 

C'est sur cette question que se sont fracassés les Républicains et leur candidat François Fillon. Les forces dominantes de la bourgeoise ont décidé de promouvoir Emmanuel Macron, partisan affirmé de l'Union Européenne et d'une plus grande intégration. Cette question de l'euro est désormais un facteur qui divise le Front National, certains de ses dirigeants jugeant qu'ils ne pourront pas, à l'avenir, accéder au pouvoir sans accepter l'euro.

 

Sur le plan électoral, l'opération d'Emmanuel Macron a d'autant mieux fonctionné que ceux qui, en 2012, avaient voté pour François Hollande, faisant le bilan de ces cinq années, ont massivement rejeté les candidats du Parti Socialiste, mais aussi d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), le Parti Communiste Français (PCF) restant marginalisé.

 

Avec l'élection d'une majorité de godillots, Emmanuel Macron a toutes les cartes en main pour mettre en œuvre les mesures dictées par le capital.

 

Tir à vue contre les travailleurs

 

Une politique protectionniste n'a jamais signifié une politique favorable aux travailleurs, protectionnisme et ouverture des marchés sont deux politiques de la bourgeoisie. Tant que le capitalisme demeure, l'une ne vaut pas plus que l'autre, mais profite plus ou moins à chaque couche de la bourgeoisie.

 

Le choix de préserver l'euro, la volonté pour ce faire de limiter les déficits budgétaires implique désormais de changer le rythme et l'ampleur des attaques menées contre la population laborieuse. C'est ce dont Emmanuel Macron est chargé et le recours annoncé aux ordonnances en est la plus claire expression, démolition du code du travail, offensive contre les fonctionnaires et leur statut, diminution de la majorité des retraites, attaque contre le salaire mutualisé qui fonde la sécurité sociale, des pans entiers de ce salaire indirect appelé cotisations salariales et patronales seront remplacés par la Contribution Sociale Généralisée (CSG), destruction de la solidarité ouvrière que sont les caisses de chômage que financent les salariés, elles seraient financées par la CSG, ouvertes aux non-salariés, et dislocation de l'enseignement public, pour l'ancien élève des jésuites désormais au pouvoir, rien n'est tabou. D'autant qu'il possède de forts appuis pour mener sa politique.

 

Encore et toujours plus, le dialogue social

 

La volonté d'aller vite, le recours aux ordonnances, ne rend pas moins nécessaire pour Emmanuel Macron d'obtenir l'aval explicite ou tacite des directions syndicales, en faisant mine de les écouter. Personne n'est dupe mais ce dialogue désarme les travailleurs qui, quant à eux, savent que la politique d'Emmanuel Macron devra être combattue.

 

La carte maîtresse en ce domaine est la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT). Son dirigeant, Laurent Berger, qui a déjà œuvré à accompagner la politique de François Hollande, a d'ores et déjà proposé ses offres de service pour cogérer la politique gouvernementale dans une lettre ouverte au président titrée, « monsieur le président, partagez le pouvoir ».

 

Cela donne le la, toutes les directions syndicales ont commencé à dialoguer et à se soumettre aux concertations et elles renvoient à l'automne toute éventuelle mobilisation.

 

Pour préparer les conditions d'un combat efficace, il s'agit dans l'immédiat de mettre en avant, en particulier dans les syndicats, la réalité des attaques qui s'annoncent et de refuser toute la politique de concertation et de dialogue social. Le rôle des directions syndicales n'est pas de cautionner ces projets en s'imaginant les aménager à la marge.

 

Face à cette majorité aux ordres, aucun compromis

 

Au-delà de cette résistance élémentaire qui s'impose, sur le terrain syndical et par les luttes, les travailleurs devront tirer le bilan des partis politiques dits de gauche.

 

Et ils devront entreprendre la reconstruction d'un véritable parti ouvrier, non pas un parti qui protège le système capitaliste tout en le critiquant à la marge, ni davantage un mouvement populiste, du peuple et des gens, sans frontière de classe, mais un parti qui fixe l'objectif d'en finir avec le capitalisme et qui combatte pour le socialisme.

 

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