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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 18:45

 

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN19E144-OFRTP?sp=true

 

Gérard Collomb promet un plan pour les migrants (Reuters)

 

Gérard Collomb a annoncé Vendredi 23 Juin 2017 à Calais un plan pour l'accueil des migrants en France dans les quinze jours et il a redit son refus de créer de nouveaux points de fixation dans cette ville où le défenseur des droits et les associations alertent sur les conditions de vie des candidats à l'exil.

C'est la première fois, depuis sa nomination, que le ministre de l’intérieur se rendait à Calais où le nombre de migrants serait de trois cent à six cent selon le défenseur des droits, Jacques Toubon. Ils étaient jusqu'à huit mille avant le démantèlement de la jungle de Calais au mois d’octobre 2016.

Gérard Collomb a redit son opposition à l'ouverture d'un nouveau centre de migrants afin de ne pas favoriser d’appel d'air.

« Il ne faut pas de Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO) à Calais pour ne pas reproduire ce qui avait été fait. De quelques centaines de migrants, nous passons à quelques milliers. La politique d’asile et de flux migratoire doit se faire au niveau du pays, il faut traiter les problèmes, mais ils ne peuvent pas l’être seulement à Calais », a-t-il dit après une rencontre avec les acteurs économiques de la ville et les associations humanitaires.

« Dans les prochaines semaines, nous allons réformer le droit d’asile, aujourd’hui il fonctionne mal et il est urgent de le réformer. Nous allons essayer de traiter le problème de l’asile de manière à réduire les délais d'instruction des dossiers de manière drastique », a-t-il précisé.

Il a rappelé qu'Emmanuel Macron lui avait demandé de proposer, dans les quinze jours, « un plan qui nous permettrait de traiter le problème de l’asile de manière plus facile qu’aujourd’hui. Nous ne voulons pas qu’il y ait un point de fixation qui ferait qu’à long terme on retrouverait sept mille personnes qui soient installées ici, ce qui est totalement insupportable », avait-il auparavant souligné.

Le ministre a évoqué la mort d'un chauffeur routier polonais en début de semaine dans un accident provoqué par un barrage de troncs d'arbre dressé sur l'autoroute par des migrants.

« Cela ne peut pas se reproduire. Cela aussi, cela fait partie des droits de l’homme et moi, un mort polonais, excusez-moi, je trouve que c’est un mort de trop », a-t-il dit.

Les associations humanitaires, qui se plaignent de l'attitude des forces de l'ordre et disent être empêchées de distribuer de l’eau aux migrants, ont fait part de leur mécontentement à l’issue de leur rencontre avec le ministre.

« Nous aimerions un endroit pour travailler dans la dignité et nous ne l’aurons pas. C’est le statu quo. Nous allons continuer à travailler avec les entraves de la police. Mais nous continuerons », a commenté, amer, François Guennoc, responsable de l’Auberge des Migrants.

« C’est un déni de réalité. Les migrants sont là, que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas. Nous, humanitaires, nous voulons les soigner, leur donner à boire et leur procurer des douches », a renchéri Baghdouche Trouve, coordinateur de Médecins Du Monde (MDM).

Saisi par onze associations qui réclament le droit d'aider les migrants, le tribunal administratif de Lille doit rendre sa décision Lundi 26 Juin 2017.

« Nous étions mieux traités dans les autres pays que nous avons traversés. Interdiction d’eau et de douche, je ne comprends pas, nous ne demandons rien, juste de l’eau pour boire et nous laver », témoigne Ahmed, un afghan de vingt six ans, qui dit être à Calais depuis un mois.

Le défenseur des droits, qui a déploré les conditions de vie des migrants à Calais dans une décision publiée Jeudi 22 Juin 2017, a appelé Vendredi 23 Juin 2017 au respect des droits insurpassables.

« Le droit à être à l'abri, le droit à la nourriture et le droit à ne pas être traité de manière inhumaine, sont des droits de base pour l'ensemble de l'humanité, pas seulement pour quelques personnes privilégiées », a-t-il déclaré sur Radio Télévision Luxembourg (RTL), « pour y arriver, il faut donner un certain nombre de prestations qui sont susceptibles de répondre à ces droits et par exemple, à la base, de l'eau et de la nourriture ».

Emmanuel Macron a appelé Jeudi 22 Juin 2017 à la plus grande humanité dans la gestion de la crise des migrants.

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