Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 19:42

 

http://www.liberation.fr/debats/2017/07/17/appel-pour-la-liberation-d-idil-eser-et-des-defenseurs-des-droits-humains-en-turquie_1584443

 

Appel pour la libération d’Idil Eser et des défenseurs des droits humains en Turquie

 

Une dizaine de militants des droits de l'homme, dont la directrice d'Amnesty en Turquie, sont entendus Lundi 17 Juillet 2017 au tribunal d'Istanbul.

 

Mercredi 5 Juillet 2017, la police turque arrêtait dix défenseurs des droits humains Les huit défenseurs des droits humains turcs en détention sont Idil Eser d’Amnesty International, Ýlknur Üstün de la Women’s Coalition, Günal Kurþun de la Human Rights Agenda Association, Nalan Erkem de Citizens Assembly, Nejat Taþtan d’Equal Rights Watch Association, Özlem Dalkýran de Citizens Assembly, Þeyhmuz Özbekli et Veli Acu, de la Human Rights Agenda Association.

Les deux autres personnes arrêtées sont des défenseurs des droits humains de nationalité allemande et suédoise, qui intervenaient en tant que formateurs et qui participaient à un séminaire de formation dans un hôtel d’Istanbul. Parmi les personnes arrêtées, il y a Idil Eser, directrice d’Amnesty International en Turquie. Un mois plus tôt, c’est son président, Taner Kiliç, qui était arrêté avec vingt et un autres avocats.

Les dix d’Istanbul sont mis en cause pour appartenance à une organisation terroriste armée. Ils sont présentés dans les médias officiels turcs comme des agents et des espions. Pendant vingt huit heures, ils ont été détenus dans un lieu secret, sans aucun contact avec l’extérieur, ni famille, ni avocat. Leur garde à vue a été prolongée une première fois le 6 juillet 2017, puis une deuxième fois le 11 juillet 2017. Le 19 juillet 2017 au plus tard, nous saurons s’ils sont officiellement inculpés. Si les charges sont maintenues, ils risquent jusqu’à dix ans de prison.

C'est absurde et c'est scandaleux, mais c'est une scène quotidienne dans la Turquie d’aujourd’hui.

L’arrestation d’Idil Eser a été médiatisée autant en France que dans le monde. Avant elle, celle de l’écrivaine et journaliste Asli Erdogan au mois d'août 2016 et celle du journaliste Mathias Depardon au mois de mai 2017 avaient fait couler beaucoup d’encre.

Ces arrestations n’ont rien d’exceptionnel. Depuis un an, et le coup d'état avorté, elles constituent la norme. Les autorités turques ont certes le droit et le devoir de poursuivre en justice les responsables du coup d'état manqué. Mais il est évident que celui-ci est devenu le prétexte à la mise au pas de toutes les voix critiques du pouvoir en Turquie. Selon des estimations basses, plus de cinquante mille personnes ont été détenues et arrêtées depuis le 15 juillet 2016, en moyenne, cent trente six personnes par jour et, parmi elles, au moins cent trente journalistes, douze députés dd l'opposition kurde et des dizaines d’avocats, de juges, d’intellectuels et d’universitaires. Près de cent soixante médias et quatre cent Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont été fermés et plus de cent dix mille personnes ont été limogées.

Le séminaire de formation durant lequel Idil Eser et ses collègues ont été arrêtés visait précisément à faire face à un environnement devenu de plus en plus hostile et menaçant. Quelles règles de sécurité, physiques, aussi bien que numériques, mettre en place pour ne pas être espionnés, hackés, harcelés et menacés ? Comment garder le moral dans un contexte de stress intense où voir ses amis et collègues arrêtés est devenu une habitude et où l’on peut être le prochain sur la liste, dans l’unique but de vous faire taire ?

Dans cette répression à grande échelle, l’arrestation de ces dix défenseurs des droits humains reconnus marque un nouveau tournant dans la dérive autoritaire du gouvernement turc.

C’est aussi la première fois dans son histoire qu’Amnesty International voit deux de ses dirigeants dans un même pays emprisonnés et cela en moins d’un mois. Aucun défenseur des droits humains ne peut se considérer encore à l’abri en Turquie.

Les seuls responsables de cette dérive sont les autorités turques. Mais elle est grandement facilitée, voire encouragée, par l’absence ou la timidité des réactions de nos dirigeants européens et particulièrement français. Il est temps que cela cesse et que les droits humains soient au cœur des relations de l’Union Européenne et de la Turquie.

Nous, signataires, appelons les autorités françaises et européennes à adopter un discours et des actes enfin à la hauteur de la répression qui s’exerce contre la société turque dans son ensemble et contre ces défenseurs des droits humains en particulier.

Nous appelons les autorités turques à libérer immédiatement et inconditionnellement ces dix défenseurs des droits humains. Notre combat ne s’arrêtera que lorsqu’ils seront tous libres.

Partager cet article

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens