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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 16:55

 

LES CENT JOURS D EMMANUEL MACRON

 

Par Bernard Fischer

 

Jeudi 27 Juillet 2017

 

A la fin du mois de juin 2017, nous en arrivions enfin à la fin d’une campagne électorale permanente de près d’un an. Cette campagne électorale permanente commençait par les élections primaires de la droite, elle continuait par les élections primaires de la gauche et par les deux tours des élections présidentielles et elle finissait par les deux tours des élections législatives.

Elle provoquait un changement et un renouvellement du paysage et du personnel politique français sans précédent depuis la fondation de la cinquième république en 1958 et elle provoquait une crise également sans précédent de ces institutions.

Les trois principales formes d’expression de cette crise sont l’élection du candidat de la République En Marche (REM) à la présidence de la république, l’élimination au premier tour des élections présidentielles des deux candidats du bipartisme, le candidat du Parti Socialiste et le candidat de la droite républicaine, et l’élection d’une chambre introuvable à l’assemblée nationale.

D’autres l’écrivaient avant moi, cette crise des institutions de la cinquième république apparaît paradoxalement comme un nouveau pas en avant dans le sens du renforcement de la présidentialisation du régime.

Le gouvernement d’Emmanuel Macron est-il un gouvernement fort ou bien est-il un gouvernement faible ? La domination de l’assemblée nationale par le groupe parlementaire hégémonique des trois cent quatorze députés de la REM est-elle une preuve et une manifestation de force ou bien de faiblesse de ce gouvernement ?

Je prendrais un seul exemple. Emmanuel Macron décidait pendant la campagne pour les élections législatives de l’utilisation de la procédure des ordonnances pour l’adoption de la deuxième loi travail. Il prévoyait manifestement à cette époque une situation dans laquelle le groupe parlementaire de la REM ne serait pas majoritaire à l’assemblée nationale.

L’utilisation de la procédure des ordonnances ne correspond pas du tout à une situation dans laquelle le groupe parlementaire de la REM est majoritaire à lui tout seul à l’assemblée nationale.

La procédure des ordonnances prévoit l’adoption d’un certain nombre de lois en urgence, dans une situation dans laquelle la majorité parlementaire d’un gouvernement est numériquement faible et dans laquelle les groupes parlementaires d’opposition ralentissent la procédure d’adoption des lois par la rédaction, la présentation, la discussion et le vote de nombreux amendements.

Dans cette situation, le gouvernement présente d’abord une loi générale d’habilitation des ordonnances. Cette loi générale d’habilitation permet ensuite l’adoption rapide des ordonnances elles-mêmes.

Les ordonnances de la deuxième loi travail ne correspondent pas du tout à cette situation.

Au début du mois de juillet 2017, une semaine après le discours de politique générale du nouveau premier ministre Edouard Philippe, les quatre principaux groupes parlementaires de l’assemblée nationale, les groupes de la REM, des Républicains, des Constructifs et du Mouvement Démocrate, votaient à l’unanimité comme une seule personne le premier article de la loi d’habilitation des ordonnances de la deuxième loi travail.

Dans ce premier article, il y avait les trois principales dispositions de la deuxième loi travail, l’inversion de la hiérarchie des normes, la fusion des institutions représentatives du personnel et le plafonnement des indemnités des conseils des prud’hommes.

Dans ces conditions, le vote des ordonnances elles-mêmes à la fin du mois de septembre 2017 ne sert plus à rien et le simulacre de dialogue social entre le gouvernement et les confédérations syndicales ne sert plus à rien non plus.

Il en va de même de la politique internationale du nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron. Les trois premiers événements de sa politique internationale, c’est l’invitation à Paris de Vladimir Poutine, de Donald Trump et de Benjamin Netanyahou.

Ces trois gouvernements sont des gouvernements d’extrême droite et leur invitation à Paris est totalement symbolique, elle ne change absolument rien à leur politique respective. Ce sont des marqueurs de la politique internationale d’Emmanuel Macron pour la totalité du quinquennat, s’il arrive à la fin de son quinquennat.

L’invitation de Vladimir Poutine à Paris, c’est forcément un soutien à sa politique de répression contre l’opposition et le peuple russe et aux crimes de guerre de Bachar al Assad en Syrie.

L’invitation de Donald Trump à Paris, c’est forcément un soutien à sa politique de fermeture des frontières contre l’immigration hispanophone et musulmane et de négation du réchauffement climatique.

L’invitation de Benjamin Netanyahou à Paris, c’est forcément un soutien à sa politique d’apartheid contre le peuple palestinien.

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