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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 18:52

 

http://www.hurriyetdailynews.com/chp-mps-arrest-was-last-straw-turkeys-main-opposition-leader-says-during-justice-congress-.aspx?pageID=517&nID=117221&NewsCatID=338

 

L’arrestation d’un parlementaire du parti républicain du peuple (CHP) a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, a déclaré le leader du principal parti de l'opposition turque lors du congrès de la justice.

Le principal parti de l’opposition turque a lancé Samedi 26 Août 2017 son congrès de la justice dans la province occidentale de Çanakkale, qui prévoit d’organiser des ateliers et des discussions sur le dossier actuel de la Turquie en matière de justice.

Le leader du CHP, Kemal Kilicdaroglu, s'est adressé aux participants au début du congrès, en disant que le parti « ne veut pas de tensions ou de combats, mais qu’il cherche plutôt la justice. Nous voulons vivre paisiblement dans notre pays. Nous voulons une Turquie juste », a déclaré Kemal Kilicdaroglu, alors que la foule chantait « droits, loi, justice ».

La CHP a précédemment mené une marche de la justice et un rassemblement de la justice après que son député d'Istanbul, Enis Berberoglu, ait été condamné à vingt cinq ans de prison le 14 juin 2017 pour avoir fourni au quotidien Cumhuriyet une vidéo montrant des camions de l’agence nationale de renseignement (MİT) se dirigeant vers la Syrie.

Dans son discours à Çanakkale, Kemal Kilicdaroglu a déclaré que l'arrestation d’Enis Berberoglu a été la dernière goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour le parti, ajoutant que la Turquie a connu deux 15 juillet différents.

« Le peuple de ce pays ne doit pas oublier qu'il y a eu deux 15 juillet différents. Dans le premier, le peuple a résisté contre la tentative de coup d’état. Nous honorons nos anciens combattants et nos martyrs », a déclaré Kemal Kilicdaroglu, se référant aux deux cent cinquante personnes tuées et aux plus de deux mille blessés lors de la tentative de coup d’état du 15 juillet 2016, largement considérée comme ayant été organisée par les partisans du prédicateur islamique Fethullah Gulen basé aux États-Unis.

« Il y a aussi le 15 juillet du palais présidentiel. Nous nous opposons à ce 15 juillet. Nous nous opposons à ceux qui ont fait un autre coup le 20 juillet », a-t-il déclaré en faisant référence à la date à laquelle l'état d'urgence a été proclamé en Turquie.

Des milliers de personnes ont été suspendues et ont été renvoyées de leurs postes par les décrets de l’état d'urgence.

« Un coup civil a été réalisé pour la première fois. Le peuple innocent souffre. Des milliers d'universitaires ont été licenciés. Les prisons sont pleines de journalistes. Nous n'oublierons pas ces réalités. Des députés sont en prison. L'arrestation d’Enis Berberoglu, qui n’est pas du tout coupable, a été la dernière goutte d’eau pour nous. Et nous avons marché. Nous avons marché d'Ankara à Istanbul. Nous avons marché pour les droits, la loi et la justice », a-t-il déclaré en se référant à la marche de la justice qui a été lancée le 15 juin 2017 à Ankara.

En disant que quatre vingt millions de personnes en Turquie ont soif de justice, Kemal Kilicdaroglu a noté que soixante treize pour cent de ceux à qui on demande s'ils pensent qu'il y a de la justice en Turquie ont répondu en disant non.

« Pas une personne, mais quatre vingt millions de personnes ont soif de justice en Turquie. Un sondage a été effectué. On a demandé aux citoyens si, quand ils vont au palais de justice pour une certaine raison, pensent-ils qu'une décision juste sera prise les concernant. Environ dix neuf pour cent de ceux à qui on a posé la question ont dit oui. Soixante treize pour cent ont déclaré qu’il n’y a pas de justice dans ce pays. Le pourcentage des participants qui ne montraient pas leur point de vue était de huit pour cent. Au moins quatre vingt pour cent de cette société nous dit qu'il n'y a pas de justice dans ce pays », a-t-il déclaré.

Au cours de son discours, Kemal Kilicdaroglu a dénoncé à maintes reprises les décrets de l’état d'urgence.

« Pensez-y, le nombre d'enfants dans les prisons avec leur mère est de six cent soixante huit. Ces enfants ont besoin de jouer à des jeux et ils ont le droit de voir leurs pères. Il faut se demander si c'est la justice. Pensez-y, vous êtes un universitaire. Vous vous réveillez un matin et vous comprenez que vous avez été renvoyé par un décret de l’état d'urgence. Vous voulez rechercher la justice, mais il n'y a pas d'institution à laquelle vous pouvez vous adresser. Parce qu'ils vous interdisent de défendre vos droits », a-t-il déclaré.

Le principal leader de l'opposition a également critiqué la détention des éducateurs Nuriye Gulmen et Semih Ozakça, qui ont été en grève de la faim pendant plus de cent soixante dix jours, demandant à être réintégrés dans leurs postes qu'ils ont perdus par les décrets de l’état d’urgence.

« Ils ont dit qu’ils étaient des terroristes. Ils sont en grève de la faim, mais ils sont emprisonnés. Comment ne pas penser à Nuriye Gulmen et à Semih Ozakça. Ce n’est pas la justice », a-t-il déclaré.

Dans son discours, Kemal Kilicdaroglu a exhorté la cour constitutionnelle à reconsidérer ses décisions concernant les députés en prison.

« La cour constitutionnelle a précédemment déclaré qu’un député peut être jugé, mais qu’il ne peut pas être arrêté. Quoi qu'il en soit, beaucoup de députés sont en prison aujourd'hui. Parce que les décisions dépendent du palais. Je demande à la tête et aux membres de la cour constitutionnelle, s’ils sont  vraiment juges, de réexaminer leurs décisions et de le faire immédiatement », a-t-il déclaré.

En disant que le CHP « ne se rendra pas à l'oppresseur », Kemal Kilicdaroglu a noté que certains journalistes ont été arrêtés simplement parce qu'ils ont été appelés par des personnes utilisant l’application de téléphone portable Bylock, utilisée presque exclusivement par les gulenistes.

« Ils disent que les journalistes sont arrêtés parce qu’ils utilisent Bylock alors que, en fait, ils n’ont aucun lien avec l’organisation de Fethullah Gulen. Plus de cent cinquante journalistes sont en prison. Vous ne pouvez pas parler de démocratie », a-t-il ajouté.

Kemal Kilicdaroglu a également affirmé que ceux qui ont de l'argent peuvent se promener librement même si leurs liens avec l’organisation de Fethullah Gulen sont établis.

« Si vous faites partie d’une famille, vous pouvez acheter ce que vous voulez et vous pouvez voyager librement. C'est pourquoi il n'y a pas de justice en Turquie. Ceux qui ont utilisé leur pouvoir et ont donné de l'argent ont été libérés. Cependant, il existe des citoyens emprisonnés simplement parce qu'ils sont des opposants », a-t-il déclaré.

Au cours de son discours, Kemal Kilicdaroglu a accusé le président Recep Tayyip Erdogan de ne pas être un patriote.

« Pensez-y, les personnes qui gouvernent l'état demandent à l’organisation de Fethullah Gulen ce qu’elle a demandé et ce qu’ils ne lui ont pas donné. Elle a demandé des écoles et elle les a eues. Elle a demandé des gouverneurs et elle a eu des gouverneurs. Elle a demandé des généraux et elle a eu des généraux. Donc, vous avez donné à l’organisation de Fethullah Gulen tout ce qu’elle voulait. Vous n'êtes pas des patriotes », a-t-il déclaré.

De plus, le principal leader de l'opposition a déclaré que le parti examinera tout du point de vue des droits, de la loi et de la justice.

« Nous allons nous assurer que le pouvoir judiciaire devienne indépendant. Le pouvoir judiciaire répartira la justice. Nous allons agir ensemble pour la liberté des médias. Les journalistes pourront écrire librement. Nous allons nous assurer qu'il y ait la liberté de religion et de conscience », a-t-il déclaré.

En disant que la politique ne devrait pas faire partie de l'armée, des mosquées ou des palais de justice, Kemal Kilicdaroglu a noté que le parti ne ferait pas de politique sur les identités ou les croyances.

« Par conséquent, nous laisserons tous les éléments qui créent des tensions et des divisions dans la société hors de la politique », a-t-il ajouté.

Le congrès de la justice rassemblera plus de sept cent conférenciers dans huit débats principaux sur la justice dans les tribunaux, la vie quotidienne, l'éducation, la religion, les médias, les élections et les moyens de subsistance, jusqu'au Mercredi 30 Août 2017. Le premier sujet à discuter par le congrès devrait être la justice dans les tribunaux.

Comme la marche de la justice et le rassemblement de la justice, aucun drapeau ou aucune bannière des partis politiques ne sont autorisés dans le congrès et seuls les drapeaux turcs peuvent être affichés.

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