Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 17:50

 

 

LE PEUPLE EST CONVOQUE PAR L HISTOIRE

 

Charles Jérémie écrivait récemment un long message relatif à l’actuelle situation politique française.

Vous trouverez ci-dessous la première partie de ce message.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site internet du Club Politique Bastille (CPB) à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article197

 

LE PEUPLE EST CONVOQUE PAR L HISTOIRE

 

Par Charles Jérémie

 

Vendredi 11 Août 2017

 

Le peuple est convoqué par l’histoire lorsqu’il est menacé dans son existence. Viens alors le temps des circonstances exceptionnelles, fascisme, occupation militaire, effondrement des banques, cessation des termes de l’échange et guerres.

Prolétaires, chômeurs, petits bourgeois, jeunes, agriculteurs, classes moyennes et professions libérales, tous doivent se rassembler pour tenter de survivre, pour le meilleur ou pour le pire. Ce sont les célèbres quatre vingt dix neuf pour cent, voir par exemple l’excellent éditorial de Serge Halimi dans le dernier numéro du Monde Diplomatique. La mort, qui menace, contraint le peuple au rassemblement.

Par contre, les classes exploitées qui, autour du prolétariat, forment l’ossature productive d’un pays peuvent se mobiliser politiquement contre le capital quand l’extraction maximum de la plus-value rend l’existence insupportable et quand les systèmes d’indemnisations du chômage, mis à mal ou supprimés, rendent la survie impossible. Dans les deux cas, la jeunesse est à l’avant-garde, ici, le peuple, là, les exploités, classe contre classe.

Précisons que, lorsque la lutte des classes s’élève à de tels sommets, la classe ouvrière et les salariés peuvent entraîner les petits bourgeois des villes et des campagnes. Les changements fondamentaux sont à ce prix.

Les gens qu’évoque Jean Luc Mélenchon ont eux une adresse sociale incertaine et ils ne possèdent pas la clef du combat émancipateur de la société. Jean Luc Mélenchon rassemble car, au-delà de la situation politique présente, depuis la fin pitoyable de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) au profit du capital, les opprimés n’ont plus de boussole. Ils cherchent, par tâtonnement, un nouvel imaginaire politique.

L’un des éléments de l’actuelle confusion politique, c’est l’incapacité des classes laborieuses et des militants, d’abord des militants, à ébaucher un nouveau dessein historique. Alors, et ce n’est pas nouveau, apparaissent des raccourcis et des hommes providentiels. La croyance remplace la théorie et la clarté.

Donc, le roman révolutionnaire est en panne de contenu et de lecteurs, le modèle de 1917 est évidemment forclos. Dans un pays qui a un passé démocratique particulièrement riche, qu’une révolution puisse être dirigée par des conseils et des comités et surtout que, la victoire acquise, les soviets à la française constituent la structure politique, économique et culturelle de la société n’a, tout simplement, pas de sens. La fameuse cuisinière léniniste imaginaire qui, outre la confection de bons plats, devait diriger l’état ouvrier, a été remplacée par le dictateur et par un état bureaucratique totalitaire et obèse. Non seulement cette vision idyllique du socialisme n’a jamais été mais, à chaque fois que des régimes autoritaires antidémocratiques ont vu le jour, la tragédie a mis fin à ces illusions.

Démocratie, écologie et révolution numérique constituent le trépied d’un possible projet émancipateur. Il faut travailler à l’élaborer. Ce n’est pas une mince affaire. C’est ce à quoi au Club Politique Bastille nous souhaitons nous engager avec infinie modestie.

Revenons à la situation française qui n’est évidemment pas pré révolutionnaire. Mon pessimisme ashkénaze sur les fameux rythmes et délais semble battu en brèche, tout va plus vite que je l’imaginais.

À peine Emmanuel Macron a-t-il annoncé qu’il allait appliquer son programme que montent dans le pays des inquiétudes et des protestations et que des premières fissures apparaissent.

Contrairement à ce qu’écrivent les journalistes, Pierre de Villiers n’a pas été viré, il a démissionné contre la volonté du président. Cette affaire va laisser des traces et donner des idées à d’autres. Résultat, le petit Bonaparte Emmanuel Macron n’ose plus faire preuve d’autorité.

La panne à la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) aurait dû provoquer le changement du Président Directeur Général (PDG) pour incompétence, sans oublier qu’il est resté en vacances au début de cette crise. Il n’en a rien été. Le pouvoir hésite et renacle. Même Jean Claude Mailly évoque avec moins d’enthousiasme la sensibilité sociale de la ministre du travail, par ailleurs menacée par la justice. Le brouillard électoral se dissipe et le pays est sur ses gardes, Aide Personnalisée au Logement (APL), augmentation de la Contribution Sociale Généralisée (CSG), code du travail, annonce de la réforme des retraites et baisse de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF).

Cette rafale contre la classe ouvrière déprime l’opinion publique mais elle peut mobiliser. Les élections sont terminées.

Les mots s’incarnent désormais dans des actes.

La démission du chef d’état major n’est donc pas une péripétie. Emmanuel Macron veut un appareil d’état obéissant pour faire face à des situations imprévisibles. Relevons au passage que le Mouvement de la France Insoumise (MFI), loin de critiquer la politique impérialiste militaire, a soutenu Pierre de Villiers, demain ils voteront les crédits militaires de notre belle armée française.

En fait, Emmanuel Macron est à contretemps politique. Il prône la révolution libérale alors que, dans l’un des principaux pays impérialistes, qui a donné naissance au libéralisme, la Grande Bretagne, les conservateurs ont été sèchement battus aux élections.

Pour se maintenir au gouvernement, la première ministre s’est alliée avec un parti ultra contre-révolutionnaire homophobe.

Le programme antilibéral de Jeremy Corbyn a été plébiscité et il l’a emporté contre le groupe parlementaire travailliste. C’est un événement majeur.

Tout indique qu’il peut bientôt gouverner. Si cette hypothèse se concrétise, elle aura des conséquences politiques considérables en Europe. Disposant pourtant d’une écrasante majorité, Emmanuel Macron veut accélérer, il craint le débat et il passe donc par les ordonnances.

L’un des traits majeurs de la mobilisation contre la première loi travail est que, en permanence, dès le début, les appareils ont été débordés.

Une fraction importante de la jeunesse a été à l’avant-garde et elle s’est radicalisée. Le mouvement des Nuits Debout et les cortèges de tête ont participé au processus. Nous ne pouvons donc exclure qu’Emmanuel Macron connaisse une réaction d’au moins égale ampleur, d’autant que le rejet des partis politiques épuisés, notamment du Parti Socialiste, se traduira également dans le mouvement syndical.

Les appareils sont fragiles et les digues sont fissurées. Les rythmes semblent donc plus dynamiques que je ne l’avais imaginé.

Ma certitude est que, tôt ou tard, il y aura des affrontements qui seront violents, très violents. Les réactions des jeunes manifestants, en tête de cortège, à Paris comme en province, en témoignent.

Partager cet article

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens