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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 19:46

 

 

http://www.lavoixdunord.fr/219719/article/2017-09-18/quatre-vingt-cinq-migrants-expulses-leur-camp-detruit-dans-la-foulee

 

Quatre-vingt-cinq migrants expulsés, leur camp détruit dans la foulée

 

La justice avait dit non au démantèlement, par deux fois, au mois d'octobre 2016 et au mois d'avril 2017. L'état est passé outre, et vite. Lundi 18 Septembre 2017, trois jours après la mise en demeure du préfet, le camp de migrants de Norrent-Fontes, dans le Bruaysis, a été évacué, puis détruit.

 

Par Reno Vatain, Matthieu Botte et Cécile Rubichon

 

La nouvelle est tombée ce week-end. Bertrand Cocq, maire de Norrent Fontes, a été mis en demeure par la préfecture de procéder à l’évacuation du camp de migrants. Dans la foulée, l’édile a pris un arrêté d’expulsion et de destruction du camp. L’opération a eu lieu Lundi 18 Septembre 2017, malgré l’appel déposé par Julie Bonnier, qui défend les migrants, auprès du tribunal administratif.

L'état a mis le paquet. Quatre-vingt-dix gendarmes et policiers ont été dépêchés sur place, sous la direction de Nicolas Honoré, le sous-préfet, « il s’agit d’une mise à l’abri. Nous ne pouvions pas laisser ces personnes passer un nouvel hiver dans de telles conditions ».

Le fonctionnaire a également invoqué des raisons de sécurité. Le camp a poussé ici, car il était proche de l’aire d’autoroute de Saint-Hilaire-Cottes, où les migrants tentent de monter dans les poids lourds qui vont en Grande Bretagne, une aire pourtant fermée aux poids lourds depuis le mois de février 2017 par la préfecture.

Aucune interpellation n’a eu lieu, selon le sous-préfet. Les quatre-vingt-cinq migrants présents sont montés dans un des deux bus qui les a ensuite conduits au Centre d'Accueil et d'Examen des Situations (CAES) de l’abbaye de Belval, à Troisvaux, et dans un hôtel d’Arras. « Ils pourront y rester plusieurs semaines », affirme le sous-préfet, « afin que leur situation soit étudiée par l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) ».

Pour les associatifs présents, les exilés seront très vite de retour.

« Tout ce qu’ils veulent, c’est passer en Grande Bretagne, pas rester en France », affirme Nathalie, de l’association Terre d’Errance. Elle et huit autres bénévoles ont dormi au camp, dans la nuit du Dimanche 17 Septembre au Lundi 18 Septembre 2017.

Dimanche 17 Septembre 2017 dans l’après-midi, ils étaient une quarantaine à tenter de sauver ce qui pouvait l’être.

Rebelote, Lundi 18 Septembre 2017, Éric, qui donne des cours de français au camp, était venu remplir son coffre, « j’aimerais récupérer le tableau sur lequel je donne mes cours ». Il repartira avec des produits de première nécessité. Son tableau est resté dans les baraquements, détruits un peu plus tard dans la matinée du Lundi 18 Septembre 2017. Mais pas de quoi le décourager, « nous continuerons à leur venir en aide, sauf que nous aiderons des errants ».

Qu’en pense Bertrand Cocq, le maire de Norrent Fontes, sur place au moment du démantèlement ? Il n’a pas souhaité répondre à nos questions. Dimanche 17 Septembre 2017 dans l’après-midi, son téléphone sonnait dans le vide.

Les bénévoles de l’association Terre d’Errance, l’association qui vient en aide aux migrants, et des militants se sont quant à eux rassemblés à Lillers, autour d’un rond-point proche d’une bretelle d’accès à une autoroute, Lundi 18 Septembre 2017 en fin de journée, pour interpeller les passants sur la situation des migrants et exprimer leurs craintes.

« Ceux qui ne veulent pas déposer de demande d’asile ne pourront pas rester dans les centres », explique Nan Suel, la présidente de l’association Terre d’Errance.

« Les pouvoirs publics le savent très bien, ils vont à nouveau errer, comme à Calais. Le camp de Norrent-Fontes, c’était ce que c’était, mais au moins ils n’étaient pas tous seuls, ils avaient une assistance médicale et sociale et ils avaient de la nourriture, de l’eau, un abri et des douches régulières grâce aux bénévoles », développe Anne-Marie, de Steenvoorde.

«  Ils reviendront, dans des conditions encore plus précaires  », résume Nan Suel.

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