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26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 20:29
 A Paris, le samedi 21 juillet 2007
 
  Je diffusais le message ci dessous de Gérard Filoche sans commentaires. De mon point de vue, et je ne sais pas si le poids des mots dépassait la volonté de son rédacteur, ce message est un violent réquisitoire contre le parti socialiste et je choisissais ce titre pour la diffusion de ce message.
 
  De mon point de vue, c'était suffisamment clair mais je recevais des réponses selon lesquelles il faudrait des précisions supplémentaires et c'est le sens des commentaires ci dessous.
 
  Si vous ne le savez pas, Gérard Filoche est aujourd'hui au conseil national du parti socialiste, c'était un fondateur de la LCR il y a quarante ans en mai 1968, il quittait la LCR et il entrait au parti socialiste en 1994, il suivait l'itinéraire politique de Julien Dray dont c'est un ami personnel dix ans après Julien Dray en 1984, c'est un des actuels leaders de la gauche du parti socialiste.
 
  Le noyau rationnel, la théorie de base de son message, c'est la tentative de démonstration selon laquelle premièrement la lutte des classes existe encore aujourd'hui et deuxièmement la lutte des classes passe encore aujourd'hui par le clivage entre la droite et la gauche, le clivage entre la droite et la gauche existerait encore aujourd'hui.
 
  Il y a donc une contradiction totale entre la théorie de son rédacteur et le sens réel, concret et pratique de son message, de mon point de vue, c'est à l'inverse une démonstration implacable selon laquelle précisément le clivage entre la droite et la gauche n'existe plus.
 
  En application d'une vieille tradition de la gauche française, il y a d'abord dans ce message beaucoup de jésuitisme et d' antiphrase.
 
  Gérard Filoche le sait, dans toute l'histoire politique française du vingtième siècle, des exceptions confirmaient cette règle quand elle existait, il y avait de célèbres passages de l'extrême gauche à l'extrême droite (Marcel Déat et les néo socialistes dans les années 1930, Alain Soral aujourd'hui) et de l'extrême droite à l'extrême gauche (François Mitterrand).
 
  Cette année électorale voyait donc la naissance d'une nouvelle idéologie politique, le sarkozysme de gauche.
 
  Du point de vue de Gérard Filoche, le sarkozysme serait une idéologie de droite particulièrement réactionnaire, il y aurait une rupture qualitative de Sarkozy par rapport à ses prédécesseurs et le parti socialiste combattrait le sarkozysme, le parti socialiste serait une alternative politique par rapport au sarkozysme. Gérard Filoche est manifestement victime de la propagande des médias sarkozystes. Sarkozy est le fidèle successeur de Mitterrand et de Chirac et le parti socialiste ne combat plus la droite depuis longtemps, à l'exception des fameux discours pour les jours de fête.
 
  Gérard Filoche l'écrit plusieurs fois, s'il y a continuité et s'il n'y a pas rupture entre le mitterrandisme de 1981 et le sarkozysme de 2007,  alors la politique traditionnelle sous la forme du clivage entre la droite et la gauche n'aurait plus de sens et le sarkozysme serait une nouvelle forme de bonapartisme. Gérard Filoche a raison. La gauche social démocrate européenne, le parti socialiste français, le New Labor britannique, le SPD allemand et la gauche italienne n'existent plus comme partis de défense des intérêts ouvriers et populaires, ce sont depuis longtemps des partis démocrates à l'américaine. Le sarkozysme est effectivement une nouvelle forme de bonapartisme.
 
  La lutte des classes existe t elle encore ? C'est une véritable question et je n'y répondrais pas aujourd'hui en deux ou trois pages, mais elle ne passe plus par ce clivage, elle passe par la mobilisation anti raciste et anti impérialiste.
 
  Bernard Fischer
 
 
 
Amara, Besson, Bockel, Jouyet,
 
Kouchner :
 
Essai de réflexion éducative sur « les jaunes »
 
Trop facile de laisser passer le coup : ils trahissent éhontément et la gauche, polie, tout juste distante et méprisante, de façon condescendante, ne leur dirait rien ?
Ces gens-là, il faut prendre le temps de les analyser, de les caractériser et les dénoncer : car il y a des générations, derrière à éduquer. Et il est souhaitable de les éduquer fortement, franchement avec un maximum de dégoût vis-à-vis de ces « jaunes » qui ont rejoint le pire des gouvernements anti-sociaux depuis la guerre, celui des MM. Sarkozy et Fillon.
 
Certes, il y a toujours eu des « jaunes » c’est-à-dire des individus ou «syndicats» opposés aux conflits de classe et conciliants avec le patronat. Ce sont ceux qui appelaient à ne pas faire grève lorsque la majorité des autres syndicats y appellent ou signaient des accords de branche auxquels la majorité des syndicats étaient opposés. Individuellement, un « jaune » peut aussi désigner un travailleur engagé par un patron pour briser une grève. Ce terme vient de loin, aux origines du mouvement créé par Pierre Biétry le 1er avril 1902, la « Fédération Nationale des Jaunes de France », un syndicat anti socialiste. Pour les grévistes, les jaunes étaient donc devenus les « non-grévistes ».
Selon Biétry lui-même, dans son ouvrage « Le socialisme et les jaunes », son but était de « réaliser la renaissance nationale en créant la réconciliation des classes sur un programme de justice sociale ». Dans les faits, ce mouvement s'est opposé vigoureusement au mouvement socialiste. Il était soutenu par les nationalistes qui pensaient tenir là une force nouvelle capable de faire face à la gauche notamment de grands industriels, le duc d'Orléans ou la duchesse d'Uzès.
A cause de cela, le qualitatif de « jaune » s'est généralisé et a servi à désigner généralement les « traîtres ».
Il y a eu aussi, plus particuliers, les « néos » qui sont allés jusqu’à devenir néo-nazis après s’être réclamés du communisme ou du socialisme, c’étaient des « salauds » eux aussi, mais il y avait un contexte, c’était sous une pression, une dérive historiquement forte et avec un semblant de théorie « de masse » auto justificatrice. On ne peut absolument pas comparer avec cette période historique des « néos » puis de la « Collaboration » pendant l’Occupation nazie.
 
On ne peut pas non plus comparer avec ceux du temps des Troisième et Quatrième République où toutes les combinaisons étaient possibles, où les girouettes politiciennes, allaient d’un gouvernement à l’autre, enjambant les coalitions, mêlant gauche et droite.
 
Nous sommes dans la V° République avec une bipolarisation connue, effective, puissante, des votes tranchés, et, justement, la France est « à chaud », à vif, au terme de 9 mois de campagne électorale, camp contre camp.
Qui sont-ils, dans ce contexte, ces gens partant de la gauche qui rejoignent la droite patronale triomphante au moment où elle est la plus ultra, la plus féroce, depuis Pétain, contre les droits sociaux, au moment ou elle veut réduire la Sécu, le droit du travail, etc…
 
Il faut faire attention : car le terme de « jaunes » n’a pas toujours été utilisé à bon escient. Parfois, des gauchistes, des sectaires, des désespérés eux-mêmes, ou des « bureaucrates », impatients, maladroits, grossiers, traitaient de « jaunes » certaines catégories de salariés, qui, n’ayant pas les moyens de faire grève ou n’étant pas convaincus par la nécessité ou la forme de l’action, ne participaient pas au mouvement d’ensemble.
 
Les staliniens, quand il était « minuit dans le siècle », ont dénoncé des « jaunes » à propos de tout et contre n’importe qui n’était pas d’accord avec leurs chefs et théories du moment. A ce titre, il y a eu des excommunications inacceptables, inhumaines, des exclusions bureaucratiques, des militants sincères bafoués, des intelligences salies. Les gauchistes aussi, ont multiplié des sectarismes qui faisaient « des plus proches les pires ennemis » dés lors qu’ils se distinguaient, nuançaient des analyses politiques de façon non orthodoxes, par rapport à des théories de gauche totalitaires. Mais on voit bien que ce n’est de cela non plus dont il s’agit avec nos « jaunes » pro Sarkozy.
 
Dans l’histoire du mouvement social, salarial, les « jaunes » ont parfois représenté une déchirure, une terrible souffrance, une division amère, un affaiblissement des chances de réussite pour ceux qui, eux, luttaient et se sacrifiaient pour les revendications communes. Souvent les grévistes qui avaient perdu des salaires lors des jours de grèves mais gagné des augmentations, faisaient valoir qu’ils avaient lutté aussi pour ceux n’avaient pas fait grève et en bénéficiaient. Au fond, les « jaunes » étaient ceux qui me mettaient pas ou ne pouvaient pas mettre d’abord en avant l’intérêt général de leur classe sociale, parfois sans connaître ou comprendre leur propre intérêt réel. La littérature, de Zola à London, hier et aujourd’hui, dans tous les pays a décrit abondamment les drames misérables des luttes sociales et celui des « jaunes ».
 
Mais ce n’est visiblement pas cela : les « jaunes » type Besson, Amara, Kouchner, ne nous mettent pas la larme à l’œil, ne nous inspirent pas le rejet du totalitarisme, ni la souffrance, ni la déchirure, ni même le dilemme moral.
 
Ces « jaunes » d’aujourd’hui ne cherchent pas à avoir une « base », ni une « théorie de référence », ne s’inspirent pas d’un « mouvement collectif », ne se sont même pas regroupés entre eux, ne sont pas inspirés par les institutions, ni l’air du temps, ni le contexte, ni la « mode » pour expliquer leur trahison. Pourtant ils font un « saut », une rupture forte, et ils vont directement au gouvernement co-dirigeants avec leur ex-adversaire, et s’en rendent spectaculairement solidaires pour attaquer de la façon la plus éminente leur ex-camp.
 
Ce sont pourtant des gens de gauche de vieille date, en l’occurrence socialistes, devenant, à froid, sans obligation personnelle, morale, sociale, des « jaunes » sans y être forcés, sans excuse d’ignorance, de souffrance, sans processus d’explication, sans théoriser intellectuellement leur changement, parfois même en le niant, parfois en le revendiquant, ils passent au camp adverse, au Duc d’Orléans et à la duchesse d’Uzes. (disons au Baron Seilliére).
Certes, leurs positions lorsqu’ils étaient au Ps étaient plus que douteuses, mais au moins ils avaient le statut de « membres du parti socialiste », d’un parti de gauche, et cela l’emportait, en actes, sur leurs propos et pensées intimes ou exprimées. Quand on est membre d’un parti, c’est cette appartenance institutionnelle qui l’emporte : on a le droit d’y défendre Tony Blair, même de façon minoritaire. Autre chose est de rompre avec armes et bagages et de joindre le gouvernement de Sarkozy en déclarant qu’il est Tony Blair… Quand les « jaunes » d’aujourd’hui disaient des énormités du point de vue socialiste, ils restaient membres du Ps quand même. Ils étaient, par affiliation, dans le camp de la gauche en dépit de toutes leurs orientations déjà contestables. Mais là, ils changent de camp matériel, ils sont dans un autre « acte », qui les emporte définitivement de l’autre côté de la barrière de classe.
 
Certains essaient de dire « - Mais je n’ai pas changé, je défendais la même chose en tant que socialistes » : ceux aggravent leur cas, car ils essaient, a posteriori, d’imbiber leur ex-camp tout entier, du sel de leur trahison personnelle.
Mais que répondent-ils à Devedjian, chef de l’Ump, qui leur dit publiquement se « réjouir » du fait qu’ils « soient passés à droite », et s’en félicite, comptant désormais « Mulhouse parmi les municipalités gagnées par la droite » ? Rien. Devedjian a raison contre eux et ils ne peuvent le contredire.
C’est pourquoi ceux qui disent : « - Ne jugeons pas les personnes » ont tort, il faut juger les personnes - sur leur acte.
 
Alors que la fracture sociale est nette, qu’il y a 7 millions de travailleurs pauvres, 4 millions de chômeurs, 15 % d’actifs précaires, des régressions en matière de santé, d’école, d’équipements, d’environnement, de vieillissement, des explosions sociales dans les banlieues, d’un côté. Tandis que de l’autre côté, jamais la France n’a été aussi riche, il y a 378 000 millionnaires en euros, les 500 premières fortunes ont gagné 30 milliards d’ d’euros de plus, les entreprises du Cac 40 empochent 100 milliards d’euros de bénéfices, les profits siphonnent à leur avantage 160 milliards d’euros aux salaires, ces gens choisissent de passer à l’autre camp.
 
Les « jaunes » n’expliquent pas, ne rendent pas de comptes sur cette réalité. Leur passage fort et rapide, à la suite d’une victoire du camp qu’ils ont pourtant combattu, ne leur permet pas de bénéficier des « excuses » de la conviction mûrie, des révisions déchirantes et intimes, de l’urgence personnelle, ni d’une cause à défendre.
Ce qui vient d’arriver, là en France, est donc plus rare et mérite d’être étudié, c’est une forme de « jaunes » à l’état pur, si on peut le dire ainsi, une catégorie de « traîtres parfaits » qui ne peuvent invoquer aucun principe, aucune excuse, aucune atténuation : ce n’est pas pour sauver leur famille de la faim, pour éviter de perdre un « boulot », parce qu’ils ne sont pas convaincus de l’opportunité d’une grève, non, ils deviennent, du jour au lendemain les participants actifs de la politique qu’ils combattaient avant dans le camp qui était le leur.
Lorsqu’ils nient à la fois qu’ils aient fait partie de ce camp, et qu’ils en aient changé, lorsqu’ils affirment défendre les mêmes idées, mesurent-ils que leurs sœurs et frères de combat antérieurs se sentent choqués, bafoués, trahis ?
Oh, bien sûr, ils trouvent quelques gens pour les excuser, atténuer, ne pas vouloir « dénoncer » leur trahison : mais ces derniers sont heureusement minoritaires, et tant mieux.
Car, ils sont, de fait, bel et bien, hors du Ps, comme l’a affirmé le Premier secrétaire. Même pas besoin de procédure d’exclusion, a t il ajouté, c’est « de fait ». On trouve là l’évidence : il y a incompatibilité, il y a barrière de classe franchie tellement manifeste qu’ils ne peuvent plus être membres du parti socialiste. Et ceux qui trouvent des « excuses » aux « jaunes » n’osent pas aller contre cette exclusion de facto, encore plus irrémédiable puisque sans procédure et sans appel.
 
Nul ne peut croire que ces « jaunes » prétendent, comme certains le disent, sérieusement faire avancer les choses pour leur ex-camp : car sinon, à quoi servent la politique, les partis, les élections, la citoyenneté, la démocratie, si on peut faire avec le camp adverse, ce que l’on ne peut pas faire en gagnant soi-même, directement les élections ?
 
Se taire face aux « jaunes », c’est laisser faire. Donc laisser se fragiliser la gauche. Laisser une forme de bonapartisme corrupteur agir. Laisser se déliter les idéaux qui font agir la gauche contre la droite. Brouiller les frontières. Qui veut, qui a intérêt à brouiller les frontières ? Le patronat, la droite, jamais la gauche.
 
C’est pourquoi ceux qui disent «  - Attendons pour juger de voir ce qu’ils feront », se trompent aussi : en soi, on peut les juger dés maintenant, à partir de leur seule trahison, avant même de savoir ce qu’ils feront et quoi qu’ils fassent. Car s’ils faisaient bien, on tournerait la démocratie à la caricature, à quoi bon des institutions, des débats, des votes ? Sarkozy bafouerait son propre camp en donnant les moyens à ces « jaunes » d’agir sur une ligne de … gauche ? Cela confirmerait alors Sarkozy durablement, déconsidèrerait la gauche durablement, enragerait la droite durablement (cf. réactions dans l’Ump dans l’est autour de Mulhouse), et ridiculiserait les élections durablement. Ce serait une forme de « bonapartisme » qui l’emporterait sur les débats politiques et aurait raison par-dessus tous les camps ? Une variante de Napoléon aux petits pieds ou de tourneboulé façon Bayrou en pratique ?
Mais Sarkozy, lui-même, a balayé tout cela dans une boutade, en allant à Bruxelles entouré de Kouchner et de Jouyet : « - Je suis le seul qui ne soit pas socialiste dans cette délégation ». Pour préciser aussitôt : « - Mais soyez tranquilles, ce n’est pas une politique socialiste que je fais ». Cela devrait humilier tout socialiste sincère ayant prêté la main à une telle opération : nos « jaunes » concernés bronchent-ils ? Non, ils se laissent humilier. Ils y trouvent trop leur compte en prébendes, et ils n’ont pas assez de résistance ni d’honneur dans la tête pour s’offusquer d’être traités ainsi. Leur ralliement s’est fait sans conditions, ce ne sont pas des « malgré eux », ce ne sont même pas des « repentis », ils n’amènent rien à la semelle de leur soulier, ils sont totalement absorbés, assujettis, pris comme « trophées » dans l’état-major de l’armée d’en face qui, utilement, se moque d’eux.
 
Kouchner lui, à la différence de toute la gauche française, était favorable à Bush, pour la guerre barbare en Irak, celle qui a fait 300 000 morts au bas mot, celle qui a détruit un pays et une région, implantée une guerre civile, celle qui a été basée sur le mensonges des armes des destruction massive, celle qui se glorifie d’avoir infligé la peine de mort à un dictateur qui fut pourtant la créature des Etats-unis, celle dont les initiateurs mériteraient d’être jugés par le tribunal pénal international. IL aurait voulu que la France y participe. Kouchner est même extrémiste, à la différence de l’engagement anti-guerre actuel du peuple américain et il se prononce encore contre le retrait des troupes Us de là-bas malgré l’échec total de cette « ingérence inhumanitaire » : c’est sans doute pourquoi Sarkozy l’a choisi. Mais Kouchner est aussi contre les 35 h, pour la retraite à 67 ans, pour la baisse des impôts pour les riches, pour la baisse des salaires, pour le Tce et l’Europe libérale, il va au gouvernement pour le pire, en fait.
 
Besson faisait au Ps, semaine après semaine, des projets de communiqués au Bureau national, toujours droitiers, fades en matière de défense des droits es salariés, mous en ce qui concernait la protection sociale. Ce fut d’abord un « député Vivendi », ainsi appelé car il était ami de Jean-Marie Messier. En fait, il jouait déjà un rôle de droitier dans le Ps, il joue donc plus logiquement le rôle de la droite dans le gouvernement de droite, celui qui va faire la « TVA sociale » (il est vrai, un moment avancée, mais pas mise en œuvre par Dsk). Ce qui frappe chez Besson, c’est la rapidité, l’audace, la force de la trahison, sans complexe, de la direction d’un camp à l’autre, sans scrupule, sans remords, ni demi-teinte, avec même un côté « vengeance personnelle assumée, décomplexée ».
 
Jouyet, c’est comme tous ces « Gracques », ces anonymes « techno » toujours proches du manche, « fayots » des dirigeants de gauche, des cabinets ministériels de haut niveau, sans doute les plus « pourris », si le mot « tous pourris » a un sens, car ils sont sans réserve, biberonnés de libéralisme, mais font semblant d’être dans le camp des opprimés et des exploités, seulement si cela les fait accéder aux responsabilités, et changeant de camp si cela va plus vite pour eux : pas d’états d’âme, ni d’explications, pas de comptes à rendre, pas de base, pas militant, pas de peuple, pas de morale, rien. Que de la technique de pouvoir, de carrière … et du fric.
 
Jean-Marie Bockel, lui se disait « Blairiste » mais même Blair a recruté des fonctionnaires en grand nombre, tandis que Sarkozy annonce qu’il va en supprimer un sur deux ! Blair a fait un Smic… alors que Sarkozy veut le défaire. Dans une France qui a 7 millions de salariés pauvres et qui a tant besoin de services publics, ça ne fait rien, Bockel y va quand même. Pourtant il est sénateur socialiste, maire socialiste, membre du Ps depuis 34 ans, élu avec des voix Ps sur liste Ps, en gros, il dit qu’il en a assez d’attendre, que sa petite personne ne soit pas écoutée, reconnue : il part dans le gouvernement adverse sans transition, médiocrement, sans éclats, pure corruption.
 
Ils y vont tous, dans cette société médiatique, le sourire aux lèvres devant les caméras, devant la France entière, « traîtres » assumés : traîtres sur le droit de grève qui va être limité, traîtres sur le Code du travail qui va être démantelé, traîtres sur les 35 h qui vont être annihilées, traîtres sur les retraites qui vont passer à 65 et 67 ans, 41 ou 42 annuités, traîtres sur le « péage » à la Sécu qui va être instauré, traîtres sur les énormes cadeaux fiscaux qui vont être donnés aux 16 000 familles les plus riches, traîtres tranquilles sur la défense de l’immigration, même quand ils sont d’origine immigrée, traîtres sur les droits démocratiques quand ils s’allient avec des communautaristes, corporatistes, et même des intégristes si l’on voit le cas inouï, presque le plus vil, de Fadela Amara bras-dessus, bras-dessous avec Christine Boutin.
 
On ne sait pas grand-chose de ce qui reste de leur idéologie de fond, à ces « jaunes » tellement elle est faiblement articulée, exprimée. Il y a sans doute classiquement du nationalisme, comme toujours, là-dedans, au mieux, si l’on creuse de façon bienveillante. Ils pensent sans doute, pour continuer à se regarder dans une glace, que la nation est plus importante que les classes, que ce qui se fera de bien pour la nation reviendra aux salariés. C'est la vision du monde qui place travail et capital, salariés et patrons, exploités et exploiteurs, à égalité, devant l'entité qui les unit, la nation. Sarkozy fait l’ouverture, pour gagner le maximum de monde, nourrir le plus d’illusions possibles, dans ses petits bras piégés. En l’occurrence, « vive le capital, enrichissez vous, vive la méritocratie », et regardez : « y’a des des gens de gauche qui y viennent ». Ce rejet de la lutte des classes au bénéfice de l'union des classes facilite à ces « traîtres purs » le franchissement de ce qui pour eux n’est pas ou n’est plus une « barrière » entre la gauche et la droite.
 
Comment, pour reprendre ce triste cas, associée à Christine Boutin, Fadela Amara peut-elle arriver à faire mine de croire et dire devant les caméras qu'elle va apaiser les banlieues… avec un budget, une orientation de développement du chômage, de blocage des salaires, de destruction de la dignité des salariés au travail ? Comment le dirigeant de Sos-racisme peut-il lui souhaiter "bonne chance" dans ses nouvelles tâches avec l’homme au Kârcher qui traitait les jeunes de banlieue de « racailles », organise les expulsions en masse, et dénonce ceux qui « égorgent le mouton dans la baignoire » ? Comment des "responsables" militants, associatifs, en vue, peuvent-ils s'abaisser à franchir si allégrement les frontières entre la droite la plus brutale qui est annoncée et la gauche ? Ils n’ont pas la moindre conscience de classe face au Medef qui se réjouit ?
 
Sans aucun doute, vu la faiblesse des justifications connues, les avantages matériels, retirés de la trahison sont vraiment plus forts que le raisonnement intellectuel. Il faut aussi chercher l’explication dans la recherche de l’aventure et de la gloire personnelle avec des ego surdimensionnés : c’est le cas de Kouchner ; pour Jouyet mettons la dimension « techno » par dessus les classes, qui ne croit à aucune idéologie ; pour Besson mettons la rage d’arriver, le cynisme de défier ceux qui ne l’ont pas reconnu dans son ego ; Bockel, c’est pareil, pas de camp à défendre, usure, médiocrité ; Fadela Amara on souhaiterait retenir l’ignorance et l’inculture, mais ce serait trop facile, il faut ajouter l’aventurisme corrompu à l’amateurisme.

Tous ont un point commun : l’argent et les avantages du pouvoir, avantages matériels pour leurs statuts, leurs retraites, leurs façons égoïstes de se servir quand « la soupe » leur est offerte. En cela nos « jaunes » d’aujourd’hui, sont bien ordinaires, vulgaires par rapport à ceux d’hier.
Pas d’excuse de morale, de doute, de souffrance, de faim… Pas poussés, pas pressés, pas stressés, ce sont des gens sans racines fortes, qui trahissent comme s’ils giflaient leurs anciens compagnons, presque allégrement, inconsciemment.
C’est pourquoi il importe donc de ne pas faire silence, ni de sous-estimer cette trahison sordide des Amara, Besson, Bockel, Jouyet, Kouchner.
 
Parce que la gauche doit être aussi fidèle aux salariés que la droite est fidèle au patronat, nous avons besoin d’identifier minutieusement cette nouvelle et spectaculaire forme de traîtrise-là, afin de la dénoncer au mieux, pour bien en vacciner notre jeunesse.
Il y a des moments où il faut prendre le temps de faire la honte aux « jaunes », surtout à ceux-là, des « traîtres purs », corrompus sans excuses, mondains sans principes, tristes hères sans repères.
 
Gérard Filoche, revu le jeudi 5 juillet 2007
 
 
 
 
 

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