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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 19:58

Deux morts à Beyrouth après une deuxième journée d'affrontements entre sunnites et chiites

 

BEYROUTH  (AP)

 

  Pour la deuxième journée consécutive, de violents affrontements ont opposé sympathisants chiites du Hezbollah pro-iranien et sunnites partisans du gouvernement pro-occidental dans les rues de Beyrouth, tuant deux civils, alors que les affrontements sectaires se multipliaient dans plusieurs parties du pays.

 

Selon des responsables de la sécurité libanaise, une mère et son fils sont morts quand une roquette RPG est tombée sur leur appartement dans le quartier de Ras el-Nabeh durant les affrontements. Huit personnes ont été blessées dans les affrontements, précisait-on de même source. Par ailleurs, une autre femme a été tuée par une balle perdue après des tirs de réjouissances dans la banlieue sud de Haret Hreik après un discours du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah.


Le chef de la majorité parlementaire libanaise anti-syrienne Saad Hariri a lancé dans la soirée un appel au chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, l'exhortant à travailler avec lui pour mettre fin aux affrontements. Dans une intervention télévisée, le responsable sunnite a appelé toutes les parties à "retirer leurs combattants des rues (...) pour sauver le
Liban de l'enfer".


Auparavant, Hassan Nasrallah avait qualifié de "déclaration de guerre" la décision du gouvernement de déclarer illégal le réseau de télécommunication militaire parallèle du groupe chiite. "Cette décision équivaut à une déclaration de guerre (...) à la résistance", a déclaré Hassan Nasrallah lors d'une conférence de presse diffusée en direct à la télévision.


Jeudi soir, Saad Hariri a offert un compromis, proposant que la décision soit laissée au commandement militaire. Le fils de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, assassiné il y a trois ans, a également appelé une élection immédiate du président du Liban pour qu'un dialogue national puisse s'engager entre les factions libanaises.


Saad Hariri a exhorté Hassan Nasrallah à lever le "siège" de Beyrouth, retirer ses militants des rues et rouvrir les routes, dont celles menant à l'aéroport de la capitale, bloqué depuis deux jours. Il a estimé que les actions du Hezbollah à Beyrouth sont "un crime qui doit cesser immédiatement".


Un peu plus tôt, Hassan Nasrallah avait prévenu qu'il "trancherait" les mains de ceux qui veulent tenter de désarmer le groupe, assurant qu'il ne voulait pas provoquer d'affrontements entre sunnites et chiites.


Saad Hariri a appelé le chef du Hezbollah à travailler avec lui pour mettre fin aux affrontements. "Je vous appelle à cesser le langage des armes (...) nous sommes responsables de l'unité des musulmans et du Liban", a-t-il ajouté. "Si elles étaient en danger, alors éteignons les les flammes".


On ignorait si le Hezbollah accepterait l'offre de compromis laissant à l'armée le soin de régler la question de son réseau de télécommunications, même si le groupe a de bonnes relations avec le commandement militaire.


Mardi, le gouvernement de Fouad Siniora avait déclaré ce réseau illégal, jugeant qu'il menaçait la sécurité de l'Etat. Il avait également annoncé le limogeage du chef de la sécurité du seul aéroport international du pays, celui de Beyrouth, en raison de ses liens avec le Hezbollah.


Ces décisions conjuguées à l'appel à la grève des syndicats pour protester contre les réformes économiques du gouvernement et obtenir des hausses de salaire ont entraîné des manifestations, qui ont rapidement dégénéré en bataille de rue entre les sympathisants du Hezbollah pro-syrien et ceux du gouvernement anti-syrien soutenu par les pays occidentaux.


Le Liban connaît une grave crise politique depuis le départ en novembre du président pro-syrien Emile Lahoud qui n'a pas été remplacé depuis, faute d'accord entre les deux camps.


Jeudi, dans la vallée de la Bekaa (est), chiites et sunnites ont échangé des coups de feu dans le village de Saadnayel. Des partisans sunnites du gouvernement ont fermé les principaux axes en faisant brûlé des pneus. A Masnaa, un petit groupe a réussi à bloquer le poste-frontière entre la Syrie et la capitale, ont affirmé des témoins.


Dans la capitale, les habitants se sont réveillés jeudi matin avec de nouvelles lignes de démarcation faites de pneus brûlés et de rues bloquées. Certaines rues restaient fermées et la circulation était faible dans les quartiers musulmans de la ville. Dans la zone chrétienne et dans les banlieues, la vie continuait et les écoles fermées mercredi avaient rouvert leurs portes.


L'armée a déployé des véhicules blindés sur les routes principales et les points de friction, avec des points de contrôle pour procéder à des fouilles des véhicules.


Mercredi, de violents heurts avaient opposé des partisans du Hezbollah à ceux du gouvernement dans plusieurs quartiers de Beyrouth, alors que le mouvement chiite bloquait les principaux axes de circulation pour imposer une grève anti-gouvernementale. Il s'agit des troubles les plus violents dans la ville depuis janvier 2007. AP

 

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