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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 16:10

Le Hezbollah contrôle Beyrouth-Ouest et maintient ses barrages

BEYROUTH (Reuters)

  L'opposition libanaise emmenée par le Hezbollah a pris vendredi le contrôle de Beyrouth-Ouest, à majorité musulmane, et maintiendra ses barrages jusqu'à l'obtention d'une solution à la crise politique qui paralyse le pays depuis novembre 2006.

"Toutes les questions sont liées. Beyrouth restera paralysée jusqu'à ce qu'on trouve une solution politique", a dit un haut responsable de l'opposition pro-syrienne.

Les miliciens chiites du Hezbollah ont mis en déroute les groupes de combattants pro-gouvernementaux après trois jours d'affrontements renvoyant aux heures sombres de la guerre civile qui a déchiré le pays de 1975 à 1990.

D'après des sources proches des services de sécurité, le bilan est passé à au moins onze morts et 30 blessés.

Toute la nuit de jeudi à vendredi, le bruit sourd des lance-roquette et le crépitement des armes automatiques ont continué de résonner tandis que des groupes de jeunes gens armés de fusils d'assaut sillonnaient les rues de la capitale encombrées des carcasses noircies de voitures incendiées.

En fin de matinée, le Hezbollah chiite, soutenu par l'Iran, et ses alliés contrôlaient la totalité de Beyrouth-Ouest, à majorité musulmane. Dans le quartier de Tarek al-Djadidi, les derniers combattants pro-gouvernementaux ont rendu les armes et laissé place à l'armée libanaise, qui tente de préserver un rôle neutre dans la crise.

Dans la matinée, des hommes fidèles au Hezbollah avaient pris le contrôle de la chaîne de télévision pro-gouvernementale Future News, qui appartient au leader de la coalition au pouvoir Saad al Hariri. Des hommes en armes ont également fait irruption dans les locaux du journal Al Moustakbal, appartenant aussi à Hariri.

Les combattants du Hezbollah ont également resserré leur emprise sur les axes routiers menant à l'aéroport international de Beyrouth, pratiquement paralysé depuis mercredi. La compagnie aérienne nationale Middle East Airlines a annoncé le report de tous ses vols prévus d'ici samedi.

LE HEZBOLLAH REJETTE LE PLAN DE HARIRI

"Le Hezbollah domine la majeure partie de Beyrouth-Ouest", souligne Paul Salem, directeur du Carnegie Middle East Center à Beyrouth. "Cela affaiblit le gouvernement et le Courant du Futur", ajoute-t-il.

Les violences ont débuté lorsque le gouvernement a déclaré que le réseau de communication mis en place par le Hezbollah constituait une atteinte à la souveraineté nationale.

Jeudi, le chef de la milice chiite, le cheikh Sayyed Hassan Nasrallah, avait répliqué en accusant le gouvernement de lui avoir "déclaré la guerre".

Pour le Hezbollah, unique milice à avoir été autorisée à conserver ses armes après la fin de la guerre civile pour lutter contre la présence israélienne dans le sud du pays, ce réseau parallèle de communications fait partie intégrante de ses structures de sécurité. Israël s'est retiré en 2000 et le sort de l'appareil militaire du Hezbollah est depuis au coeur de la crise politique libanaise.

Saad al Hariri a répondu à Nasrallah en proposant un plan de sortie de crise qui qualifierait de "malentendu" la décision prise par le gouvernement de démanteler le réseau de communications du Hezbollah.

Le fils de l'ancien Premier ministre assassiné en 2005 a en outre suggéré que l'armée soit chargée de trancher cette question en vertu de l'attitude de neutralité dont elle a fait preuve jusqu'ici.

Le Hezbollah, selon sa chaîne de télévision Al Manar, a immédiatement rejeté cette proposition, précisant qu'il s'en tenait aux conditions fixées par Nasrallah.

Walid Jumblatt, chef de file de la communauté druze associé au gouvernement, a appelé au dialogue. "Ce parti, quelle que soit sa force militaire, ne peut annuler l'autre", a-t-il dit sur l'antenne de la télévision LBC. "Seul le dialogue apporte des résultats, fuir le dialogue ne sert à rien."

A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a lancé un appel "au calme et à la retenue" dans une déclaration politique n'ayant pas valeur contraignante. L'Arabie saoudite a réclamé de son côté la tenue d'une réunion d'urgence des ministres arabes des Affaires étrangères pour discuter de la crise.

La France, impliquée dans la recherche d'une solution politique dans un pays qui n'a plus de président depuis l'expiration du mandat d'Emile Lahoud, en novembre, a annoncé qu'elle n'entendait pas rester "inactive" face au "drame" qui se déroule au Liban.

"Il faut éviter à tout prix le terrible engrenage de la guerre civile", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, dans un communiqué.

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