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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 18:57


 

D'abord un mot pour souligner que la signature de la  pétition  de la lettre aux états majors syndicaux prend de l'essor (2800 signatures malgré la période estivale). Ce nombre et la diversité des signataires indiquent que la démarche proposée est de plus en plus partagée dans le pays.

Durant l'été cependant, le gouvernement (avec ses parrains du Medef et de l'UE) a encore accéléré le démantèlement des acquis populaires, y compris ceux de 36 et de 45 : flicage des chômeurs, casse de la  sécu, des retraites, surveillance systématique des acteurs du mouvement social, réforme constitutionnelle après l'imposition du traité de Lisbonne, engagement de la privatisation de la Poste, casse de la durée légale du travail, contre-réformes des lycées, annonce de plans (anti)sociaux comme à Renault, hausse des prix de base et compression des salaires.... Sans oublier l’approfondissement de l’offensive impérialiste menée conjointement par les EU et l’UE (Afghanistan,Géorgie/Ossétie, Iran...)

Dans ces conditions, alors que le mécontentement augmente graduellement dans notre pays (où cette année, plus de 47 % des Français n'ont pas pu prendre de congés, pourtant bien mérités), l’alternative pour les directions syndicales est clairement posée, ou bien continuer à protester au coup par coup en refusant de mettre en cause une politique de classe menée par le gouvernement et les institutions européennes, ou mettre en avant et soutenir la nécessité, vitale pour le monde du travail, de s'organiser pour construire une offensive puissante et coordonnée, afin de mettre, dans un premier temps, un coup d'arrêt à la paupérisation de tous les travailleurs de France et à la privatisation des biens publics, en infligeant à Sarkozy et à ses mandataires du grand capital et de l'Union européenne une défaite majeure sur leurs contre-réformes, et en leur arrachant même de nouvelles conquêtes sociales de progrès.

Malheureusement, dans la ligne du « syndicalisme rassemblé », on ne perçoit du côté des directions syndicales aucune volonté de rassembler les résistances et les luttes contre l’ennemi commun et ce sont toujours les mobilisations isolées qui sont à l’ordre du jour, sans perspective de convergence : 3 septembre pour les cheminots, 11 septembre pour les enseignants, 7 octobre…

Pourtant, dans de nombreuses entreprises, des luttes offensives se développent, en particulier sur la question des salaires, qui permettent d'obtenir localement des acquis importants. Ces succès nous montrent que lorsque l'offensive est le guide, les résultats sont là. Ce que le syndicat organise et obtient au niveau local, les confédérations ont pour mission de l'obtenir nationalement en travaillant à instaurer, à partir des luttes « à la base », un rapport de force global qui contraigne le pouvoir à céder, à l'instar de ce qui se passa en 1968.

Dans ce contexte, c’est bien à partir de « la base », des syndicats et des militants de terrain que nous devons nous organiser pour construire et imposer la perspective du « tous ensemble en même temps ». Cette bataille est l’axe central de la pétition que nous avons lancée il y a bientôt 4 mois afin de défendre le syndicalisme de classe et de masse qui cherche à « faire le lien entre toutes les contre-réformes, travailler concrètement à préparer avec les salariés les conditions de l’affrontement de classe victorieux avec ce pouvoir destructeur, construire l’unité dans l’action des travailleurs et de la jeunesse. » Elle suppose évidemment, pour les syndiqués, d'intervenir dans et à partir des syndicats,  de convaincre de la nécessité de se syndiquer et de réaliser de nouvelles adhésions, mais aussi de consolider les liens entre syndicats de différents secteurs ou régions qui se retrouvent sur des bases de classes, en particulier dans la CGT et à un degré moindre, dans la FSU, qui sont les deux organisations les plus importantes pour les travailleurs.

Bien sûr, ne nous le cachons pas, nous ne devrons pas faire l'économie du débat, sinon du conflit, avec les directions pour le contrôle et l’orientation des organisations syndicales afin que les travailleurs puissent se réapproprier un outil syndical aujourd’hui dirigé par le courant réformiste confédéral plus proche des salons ministériels que des ateliers, des bureaux ou des écoles. Nous refusons de laisser le réformisme triompher dans les syndicats. Nous refusons aussi d'abandonner aux mains de quelques-uns, les outils de classe que nous avons tant peiné pour avoir, et dont l'existence a coûté parfois si cher aux travailleurs.

Or, les directions syndicales et leurs mots d’ordre continuent d’influencer de larges couches de travailleurs. L’étape actuelle semble donc être le développement d’un immense travail de conviction et d'organisation dont nous ne sommes qu’au commencement. Peut-être pouvons-nous d’ores et déjà proposer un objectif qui peut paraître modeste mais qui constituerait un réel progrès : la constitution, à l’intérieur de chaque organisation syndicale, de collectifs pour l'inter professionalisation, pour l'unité syndicale, avec l'aide de tous les  syndicalistes et militants de classe, cherchant à mener la bataille pour le « tous ensemble en même temps », contre le syndicalisme d'accompagnement, collectifs qui pourraient éventuellement se retrouver ultérieurement dans un regroupement intersyndical au niveau national. Avec à la clé une grande rencontre nationale en novembre sur le syndicalisme de classe qui aurait pour but de constituer une interprofessionnelle-intersyndicale de la lutte des classes.

A cet égard, les nombreuses réunions prévues ou en préparation dans tout le pays constituent des éléments très encourageants. Tout en poursuivant l'effort de diffusion de notre « lettre ouverte » (notamment, comme le propose un intervenant sur notre forum, en distribuant « cette lettre dans les manifestations en septembre ainsi que dans les marchés des petites et grandes villes »), faisons le maximum pour assurer le succès des ces rencontres qui seront des moments clés pour définir la suite de notre travail, ses formes et ses modalités d’intervention publique (par exemple lors de la journée du 7 octobre où nous pourrions intervenir avec des banderoles ou du moins des dizaines de milliers de tracts avec les signatures les plus significatives à remettre dans les mains des travailleurs).

Fraternellement. Benoit Foucambert.


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