Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 20:20

 
 

Nous sommes donc au centre d'une crise systémique du mode de production capitaliste. En application de leur célèbre idéologie jésuite et hypocrite, les responsables de la crise présentent chacune de leurs décisions sous forme d'une alternative, après eux le déluge et le chaos, à chaque fois il y aurait une alternative entre leur décision et la crise systémique. Chacune de leurs décisions est en fait une composante et un pas supplémentaire dans le sens de cette crise systémique.

  La crise des subprimes éclate en août 2007. En février 2008, c'est la faillite de la banque Northern Rock en Grande Bretagne. En mars 2008, c'est la faillite de la banque Bear Stearns aux Etats Unis. En août 2008, c'est l'échec d'un premier plan de sauvetage des deux géants du refinancement du crédit hypothécaire, Freddie Mac et Fannie Mae. Le 5 septembre 2008, c'est la nationalisation de Freddie Mac et Fannie Mae. Le 14 septembre 2008, c'est la faillite de Lehman Brothers. Le 26 septembre 2008, c'est la nationalisation de Washington Mutual. Nous ne connaissons pas la suite et la fin de la liste.

  Il y a les décisions et il y a le contexte, les causes et les conséquences politiques, économiques, sociales et internationales de cette crise.

  C'est la crise de toutes les coïncidences. Il y a d'abord les causes et les conséquences politiques. Dans un mois, ce sera la fin du deuxième mandat du président Bush et il y aura les élections présidentielles aux Etats Unis. Ce n'est pas trop tôt pour le bilan de la présidence de Bush et de son équipe, Cheney, Rumsfeld, Wolfowicz et les néo conservateurs états uniens, les signataires du projet pour un nouveau siècle américain. La présidence de Bush est la plus mauvaise présidence de toute l'histoire des Etats Unis. Si les principaux acteurs de cette crise systémique avaient la moindre compréhension du sens de cette crise, Bush présenterait immédiatement sa démission et il y aurait des élections présidentielles par anticipation aux Etats Unis, un mois avant leur date normale. Dans les années 1930, dans un grand pays d'Europe, un certain parti prenait le pouvoir et promettait le règne d'un ordre nouveau pour mille ans, nous connaissons la suite. De la même manière, le projet pour un nouveau siècle américain arrive difficilement à la fin du deuxième mandat de Bush.

  Les néo conservateurs états uniens font des grands discours relatifs à la guerre des civilisations. Ils ont raison, c'est une guerre des civilisations, mais ils n'imaginaient pas un seul instant la fin de cette guerre par leur défaite dans des délais aussi rapides. Dans la majorité des guerres de civilisations, la véritable victoire économique et sociale à long terme est bien souvent l'inverse par rapport à la victoire politique et militaire immédiate et apparente à court terme.

  La prise de Rome par les barbares, dans une situation de répression de l'empire romain contre la nouvelle religion monothéiste chrétienne, précédait des centaines d'années plus tard la fondation et la domination européenne du saint empire romain germanique et la conversion des barbares à la nouvelle religion.

  De la même manière, la crise systémique du capitalisme est la victoire posthume de l'union soviétique et de Ben Laden. La solution n'était pas la coexistence pacifique entre les Etats Unis et l'union soviétique. La solution n'était pas la destruction des tours jumelles du World Trade Center, à l'exception de la proximité et du choix géographique de la cible dans le même pays et dans la même ville, à deux cent mètres du New York Stock Exchange de Wall Street, le centre du capitalisme mondial.

  La solution était un scénario inimaginable, la victoire de la plus extraordinaire et de la plus audacieuse opération d'infiltration à la tête et au centre du capitalisme mondial. Cette fois ci, personne ne comprenait rien. Le plus dangereux communiste bolchévik de toute l'histoire de l'humanité, dans les images à la télévision, on ne voit pas le couteau entre les dents, ce n'était pas ni Marx, ni Engels, ni Lénine, ni Staline, ni Trotsky, ni Mao, ni Castro, ni Guevara, ni Chavez, c'est Paulson, c'est le ministre de l'économie et des finances des Etats Unis, le secrétaire d'Etat au Trésor états unien. Il était pendant des années le président d'une des plus importantes banques d'affaires états unienne, c'est un théoricien du libéralisme, il était insoupçonnable. Il décidait les plus importantes nationalisations de l'histoire du capitalisme.

  Une autre coïncidence est la suivante. Au moment où Paulson décide la nationalisation de Wall Street, le général Petraeus participe à un tour du monde des capitales occidentales dans lequel il vante sa victoire dans la guerre d'Irak.

 

  Ils ne comprennent rien. Le 1° avril 2003, dans un célèbre discours devant l’équipage d’un porte avions états unien, Bush annonçait déjà la fin de la guerre d’Irak. Le 1° avril 2003, ce n’était pas le jour d’après la fin de la guerre, c’était le jour d’avant le début de la guerre.

 

  L’issue de la guerre d’Irak, comme l’issue de toutes les guerres coloniales, n’est pas dans les rues de Bagdad, de Falloudja, de Ramadi et de la province d’Al Anbar, elle est au New York Stock Exchange à Wall Street.

 

  La résistance irakienne, ses armes rudimentaires, ses attentats suicide, ses mortiers et ses lance roquettes RPG individuels, combat depuis plus de cinq ans contre la plus formidable machine de guerre de toute l’histoire de l’humanité. La résistance irakienne, et aujourd’hui la résistance afghane, ce sont eux les véritables responsables de la chute de Wall Street. Ils ne mourraient pas pour rien.

 

  Bernard Fischer.

 

  www.fischer02003.over-blog.com 

Partager cet article

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens