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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 20:47

Pole de Renaissance Communiste en France, le 30 septembre 2008

LETTRE OUVERTE URGENTE du PRCF à A. GERIN, M-C. BURRICAND, E. DANGTRAN, J.J. KARMAN, C. ANDREANI, F. COMBE,

Double à H. Alleg et à H. Martin

Après le retrait de la Fédé  du Pas-de-Calais du collectif de rédaction d’un texte alternatif,

la nouvelle main tendue du PRCF pour une démarche communiste de combat.

Chers camarades,

Bien que vous n’ayez pas accusé réception de notre dernière lettre et que vous ayez éludé ou décliné nos propositions répétées d’action communes, nous interpellons à nouveau  les communistes qui disent vouloir construire un texte alternatif pour  unir les communistes opposés à la direction liquidatrice du PCF. Nous prenons à témoin de notre volonté unitaire tous les vrais communistes, membres ou pas du PCF, qui comprennent qu’il faut s’unir  SANS EXCLUSIVE pour rendre à la classe ouvrière un parti communiste de combat capable de résister à Sarko-MEDEF, à l’UE du traité de Lisbonne et au pourrissant capitalisme, dont la crise porte en elle de graves menaces contre la paix, la démocratie et les conquêtes sociales.

Dans sa lettre du 11 septembre, A. Gerin déclare notamment : il ne faut pas « se retrouver dans la situation du trente troisième congrès avec trois textes ». Nous sommes d’autant plus d’accord qu’aux vingt neuvième, trentième, trente et unième et trente deuxième congrès, le PRCF (ou la coordination communiste et le CNUC qui l’ont précédé) a fait l’impossible pour qu’il y ait à chaque congrès un texte alternatif unique. Chaque fois nous avons sollicité sans exclusive la Gauche com., André, la Fédé du Pas-de-Calais, les camarades H. Alleg et H. Martin, la section du quinzième arrondissement et tous ceux qui voulaient se joindre à nous sur des bases claires.

A. Gerin ajoute dans sa lettre qu’il faut « élargir les soutiens à de nombreux collectifs situés dans les départements ». Or le PRCF est organisé dans plus de quarante départements et il a des correspondants dans 67 départements.

André ajoute dans la même lettre : « nous voulons rassembler les communistes dans leur diversité » : mais cette diversité serait mutilée si le PRCF, dont les fondateurs furent parmi les premiers au début des années 90 à combattre la social-démocratisation du PCF, continue d’être exclu du rassemblement alors qu’il se bat dès l’origine pour « rassembler une majorité de communistes sur un maximum d’objectifs communs et sur les fondamentaux communistes » (A.G.).

Le fait qu’une majorité de membres du PRCF, dont certains ont adhéré au PCF clandestin pour agir contre les nazis, ne soient plus adhérents au PCF (souvent ils ont été ECARTES du PCF auquel ils avaient donné le meilleur d’eux-mêmes), le fait qu’expérience faite, ils ne croient plus à la possibilité du redressement « interne » de l’organisation qui porte encore le nom de PCF, ne devraient pas faire obstacle au rassemblement envisagé ; d’autant que des membres du PCF, parmi lesquels G. Hage, V. Flament et d’autres, sont encore adhérents PCF : d’ailleurs A. Gerin ne déclare-t-il pas qu’il faut « poursuivre les efforts en direction de tous les communistes qui ont quitté le parti ces dernières années et qui hésitent à revenir » (et pour cause : qui reviendrait, en chemise et la corde au cou, comme les bourgeois de Calais, dans une fédé qui vous a exclu manu militari, comme cela a été le cas pour nos camarades de Lens ?).

Dans ces conditions, l’exclusive portée contre le PRCF, qui s’est toujours adressé à tous malgré les différends[1], qui a accueilli une camarade de la Gauche communiste à la Fête de l’Huma, qui a délégué des camarades aux rencontres de Vénissieux avec un texte de G. Hage, qui a longtemps invité à ses réunions de direction un camarade du quinzième arrondissement, est de plus en plus mal comprise par les communistes, membres ou pas du PRCF ; et cette exclusive, par le malaise qu’elle crée, pèse lourdement sur la dynamique unitaire souhaitable. Seuls les dirigeants du PCF peuvent s’en réjouir !

D’autant que sur le CONTENU de classe du rassemblement, qui pour nous est le principal, il devrait y avoir des possibilités de large entente. Depuis toujours le PRCF propose de s’entendre.

Pour la défense éclairée de l’histoire communiste nationale et internationale contre l’entreprise européenne (rapport Lindblad) de criminalisation du communisme, qui mène tout droit à l’interdiction des partis communistes ;

Il faut sans plus de frilosité combattre de front le capitalisme et proposer haut et fort le socialisme, ce que confirme la crise explosive du capitalisme mondialisé.

Il faut opposer à l’union derrière le PS « euroconstructif » et sa mensongère « Europe sociale », une stratégie de rassemblement majoritaire pour SORTIR la France de ce broyeur d’acquis et de souveraineté nationale qu’est l’UE ;

Il faut un vrai PC de combat, lié en priorité au monde du travail et à la jeunesse, internationaliste, anti-impérialiste, antifasciste et patriote au sens républicain que Robespierre, Varlin ou G. Moquet donnaient à ce mot ;

Il faut défendre et développer les acquis hérités des ministres communistes de 45-46, les Croizat, Thorez et autres M. Paul, pour revendiquer contre Sarko et l’UMPS une nouvelle République sociale, souveraine et fraternelle.

Sur tous ces points, on peut trouver un large accord sur un texte commun, car depuis le 29 mai 2005, de nombreux communistes initialement « euro-constructifs » ont compris qu’il fallait appeler la France à SORTIR de l’U.E., non pour isoler la France, mais pour construire de nouveaux traités progressistes internationaux.

Nous apprenons en outre que le texte dont E. Dang Tran est chargé s’intitule « reconstruire un Pcf » ; nous voulons nous aussi, non construire un « autre parti », ni transformer ex abrupto le PRCF en nouveau parti, mais faire renaître le vrai PCF ; et pour cela, nul ne fera selon nous l’économie de rompre politiquement, et tôt ou tard, organisationnellement, avec les naufrageurs qui dirigent le PCF après l’avoir « muté ». Du moment qu’on ne nous oblige pas à reconnaître a priori que « le » PCF (c’est-à-dire l’organisation affiliée officiellement au PGE et dirigée par une ex-ministre de Jospin !) est « redressable du dedans » du moment qu’il s’agit de reconstruire, quelles que soient les tactiques à utiliser, un PCF dans lequel se fondront tous les communistes dignes de ce nom, y compris le moment venu le PRCF, nous sommes partants ! Car au-delà des tactiques divergentes (lutte exclusivement interne, comme le croient certains d’entre vous, ou comme nous le proposons, lutte interne quand c’est possible, mais aussi et surtout, intervention communiste dans les masses partout et toujours) notre objectif stratégique est la renaissance du vrai Parti communiste français, ce qui suppose à la fois de revendiquer contre les gauchistes la continuité avec le PCF de Cachin et Sémard, et la rupture avec le « PCF » de Hue et Gayssot.

Enfin, nous apprenons que la Fédé du Pas-de-Calais a claqué la porte des discussions en vue d’un texte alternatif unique. Nous ne sommes pas surpris : certes, cette fédé affiche à l’extérieur du Pas-de-Calais une image d’ « opposante », héritée de la période où sa majorité fédérale incluait R. Auchedé et la Coordination communiste ; mais les chefs de file actuels siègent de la Fédé 62 siègent à l’exécutif du PCF par l’entremise de Cathy Poly, ce qui les situe dans la majorité et non dans l’opposition. Ces mêmes dirigeants ont lâché la liste d’opposition communiste en plein 33ème congrès en se présentant sur la liste Buffet. En 2004/2005, un virage à droite a été opéré par la Fédé 62, notamment pour lui permettre de faire liste commune avec Bocquet aux Régionales (et au second tour pour fusionner avec la liste PS !) et pour obtenir de la direction du PCF qu’elle mette l’ex-maire de Calais en position éligible sur la liste Wurtz aux européennes : on a alors « viré » de diverses manières des SECTIONS ENTIERES (Boulogne, Cambrin, Wingles, Liévin, Lens) qui défendaient des positions trop « rouges » ; après quoi la Fédé a pu s’aligner sur « l’Europe sociale » pour des raisons tenant plus à la lutte des places qu’à la lutte des classes. Il suffit de relire l’intervention de l’eurodéputé de Calais au dernier CN pour comprendre que, pour garder son siège ( ???) derrière le grand « Européen » Wurtz, la Fédé 62 ne voudra jamais rompre avec « l’Europe sociale »… Où est le débat d’idées là-dedans ?

Mais à quelque chose, malheur est bon. La question de la sortie de l’UE est aujourd’hui stratégique : c’est cet objectif qui ouvre la voie à une nouvelle ligne révolutionnaire fondée sur le triple rejet de Sarko, de l’UMPS et de l’UE maastrichtienne ; c’est elle qui permettra à un futur PC de combat de s’émanciper de la tutelle mortelle du PS ; c’est elle qui permettrait dès aujourd’hui l’unité de combat des travailleurs contre le FOND des politiques euro-capitalistes. Malgré nos différends, si nous nous unissons là-dessus à partir d’un texte clair, n’obligeant pas les communistes à se diviser sur la « redressabilité » ou pas du PCF, nous pouvons créer une dynamique non seulement chez les communistes, mais chez les travailleurs et les républicains qui n’ont pas oublié le rassemblement progressiste et républicain du 29 mai.

Quant à la question qui nous divise (redresser le PCF du dedans ou pas), que nul ne force l’autre à se rallier sur ce point que la PRATIQUE aura tôt fait de trancher. Nous sommes des marxistes, donc des matérialistes. Certes tout nous montre qu’il est illusoire de redresser du dedans ce parti dont les dérives ont commencé il y a plus de trente ans (le marxisme-léninisme et l’internationalisme prolétarien furent ôtés des statuts dès 79 !). Mais si l’expérience du prochain congrès prouve le contraire et qu’à cette occasion le PCF met le cap sur la lutte révolutionnaire, nous ne demandons pas mieux que d’être détrompés ! La question sera alors d’exiger que les liquidateurs qui veulent « couper avec la référence communiste » soient clairement amenés à tirer les conclusions en cessant de paralyser les communistes par leur combat destructeur.

A l’inverse, si la direction mutante parvient à nouveau à verrouiller le congrès, nous demandons à tous de faire preuve du même réalisme politique que nous : retrouvons-nous après le congrès, tirons le bilan en commun et, pourquoi pas, formons ensemble une Convergence d’action et d’élaboration communiste : étant donné que la crise capitaliste, conjuguée à la « rupture » sarkozyste, menace de détruire TOUT l’héritage national progressiste à brève échéance, il y a urgence pour les travailleurs à voir les communistes dignes de ce nom s’ORGANISER ensemble pour l’action (personne n’obligeant personne à garder ou à prendre sa carte au PCF !), et cela indépendamment et séparément des dirigeants naufrageurs qui annoncent par la voix de MGB qu’ils songent à une nouvelle participation à un gouvernement PS. Ce n’est pas à nous de décider aujourd’hui quelles formes pourrait prendre le rassemblement communiste après le congrès, il suffirait aujourd’hui que les initiateurs d’un texte alternatif vraiment unitaire s’engagent à réunir les signataires dudit texte après le congrès pour définir ensemble les perspectives.

Nous vous écrivons, encore une fois, dans un esprit d’ouverture.

Cela ne nous empêche pas en même temps, car la vie des travailleurs n’est pas suspendue aux péripéties internes du PCF, de faire signer notre texte de combat « Appel aux continuateurs communistes » ; et surtout, cela ne nous empêche pas d’intervenir tous azimuts auprès des travailleurs, notamment pour la sauvegarde du syndicalisme de classe, pour le rassemblement républicain contre Sarko-Parisot-Barroso, contre l’impérialisme US et l’OTAN, et pour la construction du « tous ensemble » auquel aspirent les salariés.

Sans cesser d’agir sur le terrain, nous attendons de vous une réponse positive à notre main tendue.

Fraternel salut.

Georges Hage, président d’honneur du PRCF

Léon Landini, président délégué du PRCF, adhérent au PCF en 1942, Officier FTPF

Jean-Pierre Hemmen, fils de Fusillé, …

Georges Gastaud, secrétaire du PRCF membre du PCF de 1972 à 2004, a. membre du CF du Pas-de-Calais

Pierre Pranchère, député communiste honoraire, a. FTP, a. m. du CC du PCF

Annie Lacroix-Riz, historienne marxiste

Antoine Manessis, responsable de l’action unitaire du PRCF

Jacques Coignard, a. secrétaire fédéral du PCF 22

Daniel Antonini, responsable international du PRCF, a. permanent PCF et FMJD

     Odile Hage, secrétaire de la section de Douai du PCF

    Vincent Flament, directeur d’IC, adhérent du PCF


[1] Autre chose est la discussion publique des désaccords, qui est de règle entre communistes depuis Lénine. Nous ne sommes pas gênés par les critiques argumentées contre nous et n’en faisons pas un motif de rupture quand il y a des convergences sur des points essentiels.

 

 

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