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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 19:54

SNCF : neuf jeunes autonomes présentés au juge antiterroriste


LE MONDE | 15.11.08 | 14h47  •  Mis à jour le 15.11.08 | 14h47


l'issue de quatre jours de garde à vue, les neuf personnes interpellées dans le cadre de l'enquête sur les actions commises contre les voies ferroviaires ont toutes été déférées, samedi 15 novembre, devant un juge antiterroriste. Julien Coupat, 34 ans, a été mis en examen comme "dirigeant d'une structure à vocation terroriste" et encourt vingt ans d'emprisonnement. Quatre autres sont mises en examen pour "association de malfaiteurs à visée terroriste et dégradation en réunion sur des lignes ferroviaires dans une perspective d'action terroriste". Ces cinq personnes, a affirmé vendredi Jean-Claude Marin, procureur de Paris, forment le "noyau dur d'une cellule qui avait pour objet la lutte armée".

 

Les quatre derniers jeunes interpellés sont visés par l'incrimination d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ; mais leur implication dans le sabotage de voies ferroviaires, le 8 novembre, n'étant pas démontrée, le parquet devait requérir pour certains leur remise en liberté sous contrôle judiciaire.


L'enquête préliminaire, ouverte en avril, sur ce groupe de la mouvance anarcho-autonome - "identifié pour des actions fondées sur une sorte de philosophie d'insurrection contre les institutions", selon M. Marin, et qui faisait déjà l'objet d'une étroite surveillance policière - et l'enquête sur les dégradations ferroviaires ne font plus qu'une. Le Goutailloux, a assuré M. Marin, en référence au nom de la ferme de Tarnac (Corrèze) où résident la plupart des jeunes autonomes, "est devenu le lieu de rassemblement, d'endoctrinement, une base arrière pour les actions violentes".


La "cellule invisible", ainsi que se serait désigné le groupe, avait le projet "d'actions plus violentes contre des personnes", a avancé le procureur, tout en reconnaissant qu'il ne disposait pas, là, "d'éléments solidifiés, pour l'instant".


Aucune arme n'a été trouvée lors des perquisitions. Aucune trace ADN n'a pu être exploitée, ni aucune écoute. Il n'y a aucun témoin direct des dégradations commises contre les voies ferroviaires. L'enquête repose sur le compte rendu de la filature policière dont ont fait l'objet Julien Coupat et sa compagne, Yldune L. Le couple a été épié, à distance, dans la nuit du 7 au 8 novembre, à Dhuisy (Seine-et-Marne), tout près du lieu où un crochet en fer de forge, arrimé sur un câble, a endommagé une caténaire.


Méfiants, les deux jeunes autonomes patientent longtemps, selon le récit qu'en fait un policier, jettent des objets dans la poubelle, reviennent contrôler s'ils s'y trouvent toujours quelques instants plus tard. Peu avant quatre heures du matin, ils s'arrêtent sous un pont ferroviaire. Ce n'est que lorsqu'ils ont la certitude que le couple est bien en train de regagner Paris que des policiers reviennent sur place et constatent, à l'heure où le premier train ouvreur passe, un problème.


Ils ont vu une "gerbe d'étincelles", a précisé M. Marin, "et des caténaires qui se détendent aussitôt". Dans la poubelle, les enquêteurs trouvent des horaires SNCF et l'emballage d'une lampe frontale. Cela s'ajoute au matériel saisi lors des perquisitions, notamment à Tarnac : pinces coupe-boulons, un fumigène SNCF, etc. Deux autres membres du groupe ont été contrôlés dans la région de Metz, non loin de l'endroit où une opération du même type a été commise.


Pour le parquet, l'ensemble de ces éléments suffit à étayer la thèse d'un groupe montant en puissance dans le terrorisme. M. Marin ajoute "comme un élément de contexte" leur comportement en garde à vue, quasi muet. L'un d'entre eux, toutefois, a "laissé entendre" que Julien Coupat serait l'inspirateur du livre L'insurrection qui vient (ed. La Fabrique). Diplômé d'une grande école de commerce, puis doctorant à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, le jeune homme, décrit comme le fils unique d'une famille bourgeoise, est considéré, selon M. Marin, comme le chef de file d'une "entreprise dont le but est bien d'atteindre les institutions de l'Etat par la violence et non la contestation".


Selon le procureur, le groupe se serait constitué en Corrèze en 2002 ou 2003 et aurait participé à des manifestations violentes, la dernière étant celle du 3 novembre, à Vichy, contre la politique d'immigration.


Mais à Tarnac, au lendemain d'une réunion avec les habitants, fermée aux journalistes, un comité de soutien s'est formé, animé par l'ancien maire communiste Jean Plazanet, Thierry Letellier, maire de la petite commune voisine La Villedieu et Michel Gillabert, un tailleur de pierres de Rempnat. "Je les ai accueillis moi-même et le premier d'entre eux était Julien Coupat, il était d'une gentillesse extrême et très intelligent, a déclaré, vendredi soir, M. Plazanet, devant la presse. Ils ont relancé l'épicerie et les tournées dans les campagnes... Vous ne pouvez pas savoir le plaisir que j'éprouvais de revoir des fenêtres illuminées dans une ferme abandonnée depuis quarante ans."


"Cette opération est une cabale médiatique,
s'est, de son côté, indigné M. Letellier. Nous refusons l'amalgame qui est fait avec le terrorisme. Avec les actes de malveillance qui se passent sur le réseau SNCF, ça tombe à pic d'aller à Tarnac et de rafler quelques gauchistes... Souvenez-vous de l'affaire des Irlandais de Vincennes, cela tombait à pic aussi !"


L'avocate Irène Terrel, qui s'est occupée dernièrement de Marina Petrella, ancien membre des Brigades rouges, va assurer la défense de plusieurs jeunes autonomes.


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