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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 22:30

Sabotage SNCF: Yldune Lévy remise en liberté par la cour d'appel de Paris (AFP)

 

Yldune Lévy, la compagne de Julien Coupat, mise en examen dans l'enquête sur les dégradations contre des lignes ferroviaires à grande vitesse, a quitté vendredi en début de soirée la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) après avoir été remise en liberté par la cour d'appel de Paris.

 

La cour avait ordonné peu de temps auparavant, contre l'avis du parquet, la remise en liberté sous contrôle judiciaire d'Yldune Lévy qui est sortie peu après 18h30 de la prison.

"Maintenant, j'ai envie de rentrer chez moi avec mes parents et j'espère que Julien sortira très vite", a déclaré la jeune femme, 25 ans, une petite brune aux yeux noirs coiffée d'un bonnet de laine blanc, mise en examen pour "destructions en réunion et association de malfaiteurs à visée terroriste".

Son contrôle judiciaire lui interdit d'entrer en contact avec les autres mis en examen, de quitter la région parisienne et l'oblige à pointer au commissariat chaque semaine.

Le président de chambre Norbert Gurtner a infirmé le référé-détention pris par le parquet de Paris pour empêcher la remise en liberté d'Yldune Lévy, ordonnée par le juge d'instruction, estimant que cette procédure d'urgence en l'état ne se justifiait pas.

"C'est un échec complet pour le parquet, pour les ministres de la Justice et de l'Intérieur qui ont instrumentalisé dès le départ ce dossier en en faisant un dossier politico-médiatique", a dit son avocat Me Steeve Montagne, visiblement très ému, en saluant "l'indépendance" du président de chambre.

Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) avait dénoncé jeudi "l'entêtement de la ministre de l'Intérieur et du parquet à vouloir maintenir une qualification des faits volontairement disproportionnée". Le juge Thierry Fragnoli s'était aussitôt étonné qu'un syndicat exprime un avis sur un dossier dont il n'a "pas une connaissance approfondie".

Selon Me Montagne, le président Gurtner a été sensible "aux garanties de représentation" de sa cliente, à l'absence de risque de fuite à l'étranger ou de dangerosité d'Yldune, une jeune femme sans histoire qui poursuit des études à Paris et vit chez ses parents".

Mais pour être définitive, la remise en liberté d'Yldune Levy devra être confirmée vendredi par la cour d'appel de Paris qui examinera au fond l'appel du parquet contre sa remise en liberté.

Réunie cette fois en formation collégiale (un autre président et deux assesseurs), la chambre de l'instruction n'est en effet pas tenue de suivre l'arrêt pris ce vendredi par un président de chambre. Elle aura le choix entre confirmer la remise en liberté ou ordonner le retour en détention.

Elle "est bien entendu souveraine dans l'appréciation de ce dossier mais on va se battre pour obtenir la confirmation de la liberté d'Yldune", a déclaré Me Montagne.

Yldune Lévy s'était vu refuser le 22 décembre 2008 une première demande de mise en liberté par un juge des libertés et de la détention (JLD) au motif qu'elle n'avait pas été interrogée sur le fond du dossier par le juge Fragnoli. Cette audition a eu lieu le 8 janvier.

Après la remise en liberté de Yldune Lévy, des neuf personnes mises en examen dans ce dossier, Julien Coupat, chef présumé d'un groupe présenté comme "anarcho-autonome", restera le seul en détention, à la maison d'arrêt de la Santé.

Vendredi, un juge des libertés et de la détention (JLD) a rejeté une nouvelle demande de remise en liberté déposée par son avocate, Me Irène Terrel, qui a fait appel.

 

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