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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 20:37


Lettre ouverte aux camarades du PG, par Jackie Assoun

Dans notre club « Socialisme maintenant », nous sommes à l’écoute de ce qui se passe sur la scène politique en France et dans le monde. Nous nous tenons au courant des développements des luttes, de l’économie, de la science car la pensée révolutionnaire a besoin de se mettre à jour sans cesse.

Nous vivons une nouvelle époque de bouleversements historiques et aussi d’effervescence sociale qui sera de plus en plus intense face à la crise économique qui entre dans une phase aiguë, avec ses cortèges de chômeurs et d’avenir sombre pour la population et sa jeunesse.

Nous produisons quelques textes, nous échangeons des analyses avec d’autres groupes. Mais surtout nous discutons librement, nous réfléchissons ensemble. Nous essayons de relier les revendications immédiates à l’alternative anticapitaliste. Nous recherchons le prolongement politique. Nous analysons les moments et les expressions politiques. Comme celui qu’amorce ce fabuleux mot d’ordre de « Rêve générale » il n’appelle pas à une rave-party, mais à une vision politique enchantée par l’utopie.

Nous ne sommes pas les seuls.

A travers la lutte exemplaire des Antillais surgit un admirable manifeste de neuf intellectuels caribéens. Ce manifeste de la révolte à la fois littéraire et profondément politique, dessine une société alternative au modèle capitaliste dominant aujourd’hui.

Et il y a d’autres contributions encore peu connues qui foisonnent sur le Net et ailleurs. Elles traduisent le niveau de conscience de tous ceux qui luttent pour leur survie, contre cette société barbare. Ces appels sont le produit d’un profond mouvement. Ils expriment un prolongement politique, un autre monde possible.

Nous avons entendu aussi, comme beaucoup la sortie fracassante du PS de Mélenchon et Marc Dolez car disaient-ils : « Ce n’est plus possible, dans ce parti, les leçons des échecs du passé n’ont toujours pas été tirées et la rupture avec les politiques d’accompagnement du libéralisme n’est toujours pas faite ». Ca suffit comme ça !

Il faut résolument changer de cap.

Nous sortons et nous créons un parti, le PG pour combattre le capitalisme, le gouvernement Sarkozy.

Nous avons entendu aussi le NPA.

A ma demande, j’ai été convoqué à une des premières réunions du PG à Paris, dans le vingtième arrondissement. Une réunion formidable, préparée en deux jours, plus de cinquante participants, pour la plupart de la vieille garde, des militants expérimentés, tous étaient partie prenante de cette initiative, la parole était libre, sans tabou. Je me suis senti chez moi.

Pour ma part, j’ai dit que c’était une initiative heureuse, certes un peu tardive, qu’elle aurait dû se faire dans le mouvement de la victoire du NON au référendum sur le traité constitutionnel, mais qu’elle pouvait être propice dans cette situation de crise. J’ai ajouté que je souhaitais un parti où la parole était libre, la discussion âpre, mais toujours fraternelle, que la démocratie devait être la plus absolue, et l’élaboration politique collective.

Un parti qui ne ressemblerait pas aux autres. Un parti démocratique où le contrôle de la base est un point nodal. Que la méthode qui avait porté la victoire du NON au référendum était la bonne. Que la politique était l’affaire de tous et non pas d’une avant-garde éclairée. Si ce parti, c’est cela, j’adhère.

Lors du meeting fondateur de fin novembre, tous les orateurs ont martelé dans leurs discours, démocratie et combat pour le socialisme. Marc Dolez a insisté sur ces points particulièrement. Mélenchon a dit publiquement dans ce meeting : « Nous voulons créer un parti creuset, un parti ouvert et démocratique, où toutes les sensibilités étaient les bienvenues ». Il a répété : « Un parti ouvert à la diversité des expériences, communistes, socialistes, trotskystes, anarchistes et aussi écologistes. Un parti pour les sans-voix, soucieux de fraternité et de solidarité, un parti sans clans, sans culte des chefs ou de domination des spécialistes de la politique ».

Alors si c’est cela, j’adhère des deux mains.

Mais déjà en quelques semaines, des nuages gris s’amoncellent, la grêle ne tardera pas. Un congrès fondateur précipité sans raison véritable sinon de faire élire une équipe désignée aux ordres du chef. Des discussions bâclées, sur des textes qui sentent le sciences-po première année où sourde une « meilleure relance » que celle de Sarko ou du PS. Où est le changement de cap ? Bien sûr on a le droit de faire des amendements, sur la forme et pas trop longs. Dans le tract de soutien aux revendications immédiates des enseignants chercheurs, on répond par « Il faut changer d’Europe » aux élections européennes en juin. Surtout, le temps manque. Il n’y a pas d’élaboration collective de notre politique. Les tracts arrivent par paquets, écrits par des mains anonymes, les comités sont priés d’organiser diffusion et collage d’affiches.

La direction désignée, élue à main levée en hâte au congrès, désigne à son tour les directions subalternes avec les anciens de PRS qui sont proposés au vote des militants. Le parti est verrouillé. Toute nouvelle candidature dispose pour se présenter d’une minute, pas plus. La moindre critique est cataloguée de gauchiste. Pourtant rien n’empêche une assemblée générale où le débat est libre et où des camarades disposés à prendre des responsabilités, se présentent sur une orientation aux votes des militants.

Une belle personne, un économiste distingué du PG parle à la télé de moraliser et de réguler le capitalisme. Il parle en notre nom ou pour lui seul ? Est-il mandaté ?

La cerise sur le gâteau apparaît lors de la manifestation de soutien à la Guadeloupe, place de la République. Accompagné d’un ami, nouvel adhérent du PG et ancien dirigeant trotskyste, nous croisons Mélenchon. Il nous lance, en s’adressant particulièrement à lui : « Alors, on adhère dans son coin sans rien dire et en plus on critique le manque de démocratie de mon parti. Vous êtes entrés maintenant, vous sortez de mon parti. Dehors de mon parti ». « De mon parti, de mon parti » : on aurait dit Louis de Funès, hurlant « ma cassette, ma cassette »…

Tout cela est bien triste. Les belles paroles se sont envolées. Grands chefs et petits chefs vont s’accrocher à leur petite épicerie. Ces généraux de pacotille cherchent une armée de diffuseurs et de colleurs. Cette initiative est vouée à l’échec, dommage c’est une occasion ratée.

Si on vise avec un arc et que la flèche est déviée d’un millimètre au départ, la cible n’est pas atteinte.

Ca suffit comme ça !

Ce n’est pas cela que nous espérions.

Ce n’est pas cela dont les salariés ont besoin.

jackssoon@yahoo.fr


www.socialisme-maintenant.org

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