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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 20:07


http://www.socialisme-maintenant.org/


Notes prises sur le rapport introductif de la réunion du 2 mai 2009


Dans les premières notes éditoriales écrites en octobre 2008 pour la naissance de notre club, et au moment où venait d’éclater la crise financière mondiale, nous écrivions ceci :

« Au vrai, la véritable réponse à la crise financière internationale n’est pas économique. Certes, les économistes -qui veulent aider le salariat- peuvent évaluer, proposer des techniques. Mais la réponse à une crise plus grave que celle de 1929 (Mr Greenspan ancien président de la FED) est, ne peut être que politique. La politique peut certes se traduire en revendications, en mots d’ordre de transition. Mais d’abord, il faut éclairer le cadre général, l’expliquer et stigmatiser le système.  L’effondrement du système financier international, à commencer par Wall Street, devra être payé par une classe sociale. La bourgeoisie ou le salariat. Si c’est le capitalisme « refondé » grâce à l’unité nationale dans les principaux pays qui l’emporte, c’est le salariat qui payera la note. Pas seulement sur le plan « économique ». 1929 a enfanté 1933 en Allemagne, le militarisme nippon, le fascisme en Espagne, au final la seconde guerre mondiale. »

Nous projetions alors une caractérisation sur nouvelle situation mondiale qui procédait plus de nos habitudes de penser que d’une analyse réelle. Précisons.

En 1929 on sort d’une première guerre mondiale, qui, volontairement ou par impuissance, n’est pas une sortie par le haut. Vous savez comme moi, le Traité de Versailles, prépare, Clémenceau le dira, un nouveau conflit international. Ce Traité d’ailleurs, sera rejeté par le Sénat américain.  Deuxièmement à partir de la fin de la première guerre mondiale, la révolution victorieuse développe la guerre civile en Europe. Aujourd’hui, il n’y a ni révolution d’Octobre victorieuse, il n’y a surtout ni guerre civile en Europe. En 1936, c’est la victoire de Franco en Espagne. Vous avez la grève générale en Grande Bretagne, qui est un événement politique majeur avec la création du comité anglo-britannique syndical, qui prend une importance formidable dans l’affirmation de Staline et de la politique de la bureaucratie en URSS. Vous avez des guerres civiles en Pologne et en Roumanie, avec des milliers, des milliers de morts au combat. Vous avez enfin l’installation de Salazar au Portugal. 1933 en Allemagne c’est la suite de 1919 et de l’échec de la révolution socialiste de 1918, l’assassinat de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht, pas seulement des deux dirigeants mais de l’ensemble des responsables du groupe spartakiste.

En Europe, c’est vraiment une classe ouvrière qui est saignée à blanc. La situation du prolétariat européen, c’était une situation relativement apathique. La classe ouvrière recule, elle ne résiste pas. C’est ainsi. Je choque peut être les uns et les autres, mais je sais que la lucidité conduit à la raison révolutionnaire et à l’ouverture d’authentiques perspectives. Ce qui différencie fondamentalement la situation de 1929 avec la situation présente réside dans le fait que, sur la base d’une révolution victorieuse, les classes ouvrières européennes montent à l’assaut des citadelles des Etats capitalistes. Il n’était pas écrit que le prolétariat devait être vaincu ; en Espagne, il s’en est fallu de peu qu’il ne le soit pas. Il a fallu une coalition incroyable impulsée par Staline, pour que avec la non-intervention, Franco l’emporte. Il n’était même pas écrit que Hitler prenne le pouvoir. Il a fallu que Staline et la troisième Internationale appelle à voter pour Hitler, pour que les hordes nazies l’emportent en Allemagne. Il faut ces événements considérables, pour qu’un état d’esprit fataliste s’instaure dans cette période. Enfin je soulèverai un dernier point, que Léon Trotsky développe beaucoup plus talentueusement que moi lorsque qu’il écrit « Europe-Amérique », il rappelle que la révolution socialiste peut trouver une solution en Europe et en Amérique.

Aujourd’hui, dans un premier temps, les problèmes se passent en Chine semble t il. C’est la situation chinoise qui va avoir une influence majeure à l’échelle du globe. Tout ceci nous amène à dire que la crise qui a éclaté il y a un an, est une crise considérable, qui va être longue, grave, violente, et qui jusqu’alors n’a pas provoqué de grandes luttes des classes, c'est-à-dire la volonté exprimée d’une classe de se débarrasser de la classe dominante de manière plus ou moins insurrectionnelle.

 

On a tous vu passer la manifestation du premier mai, c’était comme disait un camarade une manifestation familiale, et même si ses participants ont tenu à témoigner contre le gouvernement, on est loin de la guerre civile, même si on ne peut exclure que des événements sociaux de grande ampleur interviennent. En écrivant la note éditoriale du club l’autre jour, je me suis rendu compte que si la France bouge, elle fait dans une Europe qui reste globalement apathique. Elle pourrait être en avance, ce n’est pas le cas. Dans la presse étrangère, en Allemagne il y a une tradition pour le premier mai, il y a une partie de Berlin où il y a toujours des bagarres avec l’extrême gauche, pour le reste rien de particulier. S’ il faut insister là-dessus, il ne s’agit pas de démoraliser, c’est pour être lucide. Les combats sont devant nous. Et s’ils mettent tellement de temps à éclater, c’est qu’il y a une raison dans l’inconscient collectif. Tout ce qui a été tenté sur le terrain de l’action sociale extra-parlementaire jusqu’à maintenant n’a pas abouti. Et ce souvenir dans l’inconscient de millions de femmes et d’hommes joue comme un frein. Si on essaie pas de répondre dans la quotidienneté à cette interrogation, le sentiment du « à quoi bon ! » fuse et s’impose. Jamais depuis que nous sommes nés à la politique, jamais depuis la seconde guerre mondiale, nous n’avons connu ce qui se passe aujourd’hui. Chaque revendication, sur les salaires par exemple, pose le problème : qui dirige et pour quelle société ? Nous remarquions dans les notes pour cette réunion et cela a choqué beaucoup de camarades, que les séquestrations étaient limitées et s’opéraient dans un esprit purement défensif. Les salariés ne réclament plus, comme ils l’ont fait durant 50, 60, 70 ans, l’arrêt des licenciements, ils réclament de bons plans sociaux, de bonnes indemnités. Ils ne parlent pas de faire reculer le patronat sur sa politique. ET ça pour nous, c’est très important, car c’est dans la réalité de la lutte des classes que nous apprécions notre capacité à nous exprimer, à accompagner, à formuler. La lutte contre les licenciements pose le problème de la société dans laquelle on vit, la lutte contre tel ou tel plan du gouvernement pose cette question.

 

Un éminent professeur de médecine, disait à la radio en gros « moi j’ai abandonné la conception d’un certain engagement politique, je me rends compte aujourd’hui qu’on ne peut combattre la réforme de madame Bachelot que si on a une autre conception de l’organisation de la société, ce qu’il veulent instaurer c’est la destruction du service public où on ne pourra plus soigner les pauvres et les riches sur un pied d’égalité ». C’est d’autant plus intéressant qu’il faisait le distinguo avec le député UMP Debré, il disait : « avec lui on est dans la même grève, on est dans le même collectif. Il est pas d’accord avec moi, même s’il a voté contre la loi à l’Assemble, mais moi je me rends compte qu’on ne peut plus combattre revendication par revendication, il faut poser un cadre plus général. » Dans quelle société ? Pour qui et pour quoi ? Ces choses là les salariés peuvent les entendre. Mais quand nous avons vu dans telle usine occupée, un salarié de la CGT, militant de LO, au lieu d’appeler les salariés à élargir la grève à toute la région, à la population, à aller à la préfecture, de dire la vérité…on l’ a vu se contenter de s’en prendre à des bureaux et à des ordinateurs de la préfecture…quelle tragédie! Il faut faire attention aux effets de la lutte, comme il y a des effets de communication. La vérité c’est de donner la dimension politique, il faut chasser ce gouvernement… ils organisent la catastrophe. C’est une classe dirigeante, qui non seulement est incapable de faire face à ses responsabilités, mais en plus elle menace la civilisation.

Le refus de poser ces problèmes est commun au POI, au NPA, sans repli sectaire de ma part, si demain le POI, ou le NPA prennent une initiative intéressante, je l’appuierai. Ils se battent sur une bonne technique de lutte face aux propositions des appareils syndicaux. Qu’est ce que c’est que ça ? Chasser ce gouvernement et s’attaquer directement au patronat, ce n’est pas du gauchisme, c’est exactement le programme minimum. C’est là-dessus qu’il faut travailler.

Travaillant sur le problème de la démocratie je suis en train de relire Rosa Luxembourg dans le détail, il y a une intelligence politique de cette femme que nous avons intérêt à prendre en compte aujourd’hui, car elle a une actualité formidable. Rappellons dans quel cadre elle écrit sa célèbre brochure sur la Révolution russe. Elle écrit en combattant la bourgeoisie allemande (et de quelle manière !), elle sort de prison, elle va y retourner. En combattant la direction du SPD allemand, Scheidemann qui va l’assassiner, en polémiquant en permanence et quotidiennement avec Lénine et Trotsky sur la révolution russe. On a là un incroyable personnage de l’histoire du mouvement ouvrier, d’une intelligence et d’une culture remarquables. Il y a un problème qui me travaille de plus en plus : comment se fait-il que tous les regroupements nouveaux qui se font aujourd’hui soient tous viciés fondamentalement sur une question, le problème du fonctionnement et de la démocratie ? Comment se fait-il que des organisations qui se fondent sur la perspective du socialisme, ne mettent pas en œuvre ce qui est le moteur du combat politique ? Croient elles au socialisme ? Dans ce cas elles n’auraient pas alors le fonctionnement qu’elles ont. Il faut relire ce que dit Rosa sur ces problèmes, au moment de la Constituante russe : « …La liberté pour les seuls partisans du gouvernement, pour les seuls membres d’un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement. Non pas par fanatisme de la "justice", mais parce que tout ce que la liberté comporte d'instructif, de salutaire et de purifiant aux dépens de ce principe tient à cela et perd de son efficacité quand la"liberté" devient un privilège.

Les bolchéviks ne sauraient nier qu’il leur aura fallu marcher à tâtons pour faire des expériences de tous ordres et qu’une bonne partie des mesures qu’ils ont prises, ne sont pas des perles, c’est ce qui nous arrivera certainement à notre tour.

La condition que suppose tacitement la théorie de la dictature selon Lénine et Trotsky, c'est que la transformation socialiste est une chose pour laquelle le parti de la révolution a en poche une recette toute prête, qu'il ne s'agit plus que d'appliquer avec énergie. Par malheur- ou, si l'on veut, par bonheur -, il n'en est pas ainsi. Bien loin d'être une somme de prescriptions toutes faites qu'on n'aurait plus qu'à appliquer, la réalisation pratique du socialisme en tant que système économique, juridique et social, est une chose qui reste complètement enveloppée dans les brouillards de l'avenir. Ce que nous possédons dans notre programme, ce ne sont que quelques grands poteaux indicateurs qui montrent la direction générale dans laquelle il faut s'engager, indications d'ailleurs d'un caractère surtout négatif. Nous savons à peu près ce que nous aurons à supprimer tout d'abord pour rendre la voie libre à l'économie socialiste. Par contre, de quelle sorte seront les mille grandes et petites mesures concrètes en vue d'introduire les principes socialistes dans l'économie, dans le droit, dans tous les rapports sociaux, là, aucun programme de parti, aucun manuel de socialisme ne peut fournir de renseignement. C’est la démocratie… »

Ces problèmes sont des problèmes majeurs, sur lesquels notre club devrait vraiment s’investir, réfléchir. La bourgeoisie a vidé la démocratie de son contenu. Bureaucraties stalinienne et social-démocrate ont fait de même. Personnellement je crois à la République si je m’inspire de 1793, de 1848 et de la commune de Paris. Pas la république franc-maçonne, vieillotte et social- démocrate. Je crois à la République purifiée par la démocratie, par la lutte des classes, par la vie. Je crois à la République de la démocratie directe. C’est un débat qu’il faut mener. Militants révolutionnaires, si nous ne nous attachons pas à cette question, ce que nous avons souvent pris pour un problème de méthode, nous conduira aux mêmes erreurs. Je crois vraiment au socialisme, comme une possibilité d’activité humaine. Il est nécessaire que l’action contrôlée des hommes, élisant leurs représentants, les révoquant, en élisant d’autres, dans une activité permanente soit mise en œuvre.

J’ai commencé mon rapport en disant que en Europe, aux Etats-Unis, en Chine je ne voyais aucune grande lutte des classes, je vois des luttes des classes, surtout en France. Cela ne veut pas dire qu’elles ne vont pas venir à l’ordre du jour parce que je crois que l’ampleur de la crise est totalement sous-estimée. Nous voyons des gens comme Alain Minc qui commencent à aborder les problèmes sous l’angle politique. Minc est inquiet par la faiblesse de sa classe, pour faire face à ses responsabilités sur la durée d’un processus. Nous, nous avons à aider notre classe à faire face à ces problèmes-là. Laissons tomber les affrontements factices sur les meilleures formes de lutte, alors que personne ne nous le demande.

Notes sur la réponse à la discussion

(…) En écoutant la plupart des intervenants, chacun expose les problèmes qu’il rencontre tant dans le NPA comme dans PG . C’est l’affaire des camarades de régler avec leur conscience les problèmes qu’ils ont. (…). On ne peut pas nous demander de régler les problèmes de ces partis. On est un club, on respecte les opinions de chacun, pour le reste c’est très difficile de rentrer dans ces problématiques. Ce qui est intéressant c’est de dégager les grands éléments politiques. A mes yeux, il y a deux choses qui sont essentielles ; en 2002 le PS a engagé le début de son calvaire, Le Pen au second tour et Jospin éliminé dès le premier tour, c’est le début de la fin. Rien ne peut arrêter cette tendance. Il peut y avoir encore quelques moments d’embellie, mais la courbe descendante est impossible à inverser. Sur le plan des organisations syndicales, le pouvoir ne manque jamais de se féliciter publiquement combien il peut compter sur le rôle raisonnable des secrétaires confédéraux. Les élections prudhommales ont signifié quelque chose de profond, un recul des organisations syndicales, de certaines en particulier, mais un recul de toutes les organisations syndicales. C’est un élément de température. Les véritables rapports sont donnés par cet élément. C’est pourquoi je dis à Emile, si les éléments que vous avancez sont vrais sur le grand nombre de remises en question de l’ appareil confédéral par des sections, Unions locales et fédérations , c’est un événement politique nouveau. Je n’ai pas ce sentiment.

Un élément politique est proprement stupéfiant : 24 parlementaires (de droite et de gauche) qui depuis deux mois travaillent à l’Assemblée Nationale pour réfléchir sur la manière de faire face à la crise économique, on n’ a jamais vu ça. (…) C’est très important, c’est un signal politique sur l’état de la société, des rapports entre les classes… et à ces problèmes-là il faut être extrêmement sensible. Dans la hiérarchie des problèmes, il y a cet élément là, que les camarades soient au PG ou au NPA. Je ne crois pas que cela ne serve à rien, je crois que cela ne serve pas à grand-chose. C’est mon point de vue. Je n’ai aucune raison d’avoir raison. Je ne pense pas qu’il y aura un parti révolutionnaire démocratique construit à froid. Je crois à des collectifs qui nourrissent la vie politique. Dans des événements sociaux de grande ampleur, l’émergence de formes politiques nouvelles émanant de ces collectifs, oui. Je crois au débat, à l’élaboration politique.

Maintenant deux propositions. On devrait organiser ces réunions, ces discussions avec nos amis de Prométhée, en définissant l’ordre du jour, chacun développant son point de vue. Deuxièmement nous devrions préparer une lettre, qui soit comparable à la lettre d’Alain Minc, mais une lettre que nous élaborerions, aux militants, à ceux d’en bas, pour soulever les problèmes politiques de fond. Ce qui nous semble être de fond, quelle que soit l’appartenance politique. C’est difficile à écrire, mais cela peut être quelque chose qui peut nourrir, qui peut permettre aux camarades de la génération qui monte en politique de s’en saisir. (…)

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