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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 19:03

Barack Obama a défendu, jeudi, au Caire, le port du voile pour les musulmanes en Occident, prenant le contre-pied de la France. C'est par trois fois que le président américain a pris la défense du voile islamique dans son discours prononcé à l'université du Caire, critiquant le fait qu'un pays occidental "dicte les vêtements" qu'une musulmane "doit porter". Au nom de la laïcité, la France a banni, en 2004, dans les écoles, les signes religieux ostentatoires avec une loi interprétée comme ciblant surtout le voile islamique. La polémique fait également rage au Canada et en Allemagne, alors qu'en Belgique, 90 % des écoles le bannissent, et il est jugé "discriminatoire" par un décret du Conseil d'État. "Il est important pour les pays occidentaux d'éviter de gêner les citoyens musulmans" dans la pratique de leur religion, "comme ils le souhaitent, et, par exemple, en dictant les vêtements qu'une femme doit porter", a lancé Obama.

Sans jamais citer la France ou d'autres pays, il a enchaîné en affirmant : "On ne doit pas dissimuler l'hostilité envers une religion devant le faux-semblant du libéralisme." "Je sais qu'il y a un débat sur ce sujet", a-t-il ajouté devant un public trié sur le volet, parmi lequel de nombreuses femmes voilées. "Je rejette les vues de certains en Occident" pour qui "le fait qu'une femme choisisse de couvrir ses cheveux a quelque chose d'inégalitaire" . Obama a encore souligné que le gouvernement américain s'était porté en justice pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le voile et "punir ceux qui voudraient leur dénier". Une Américaine musulmane portant le voile, Dalia Mogahed, d'origine égyptienne, a fait son entrée comme conseillère du président à la Maison-Blanche, une première.

Débat dans le monde musulman

La question du port du voile, notamment à l'école, met aussi à l'épreuve des gouvernements et opinions publiques dans des pays musulmans. Le cheikh Mohammed Sayyed Tantaoui, imam d'al-Azhar, plus haute autorité de l'islam sunnite, a d'ailleurs donné sa bénédiction à la loi française en 2003. Si, selon lui, le voile est une "obligation divine" pour une femme musulmane vivant dans un pays musulman, elle doit se plier à son interdiction si un pays non musulman le décrète, comme c'est son droit. "Je répète, c'est leur droit et je ne peux pas m'y opposer", a insisté le responsable égyptien devant l'actuel président français Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l'Intérieur.

Si le port du voile est obligatoire dans certains pays musulmans, comme en Iran ou en Arabie saoudite, plusieurs pays arabes sont eux aussi confrontés à ce débat que la poussée du fondamentalisme a rendu houleux. La Cour constitutionnelle turque a ainsi invalidé il y un an un amendement levant l'interdiction de porter le foulard dans les universités qu'avait fait adopter le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan. En Égypte, alors que 80 % des femmes sont désormais voilées, après trente ans de réislamisation, un interdit de fait reste sur le port du voile par une présentatrice des journaux des chaînes publiques de télévision. Et face à l'université du Caire, la grande statue symbolisant au début du XXe siècle la "Renaissance égyptienne" est représentée par une femme qui se dévoile.

www.lepoint.fr




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