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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 18:27

http://www.liberation.fr/societe/0101566484-non-lieu-pour-le-depute-didier-julia-dans-l-affaire-des-otages-en-irak


Société 11/05/2009 à 06h51

Non-lieu pour le député Didier Julia dans l’affaire des otages en Irak

Justice. L’instruction a démontré l’implication de l’Elysée et du Quai d’Orsay.

Par FRANÇOIS SERGENT

On les disait pieds nickelés de la République, francs-tireurs et barbouzards qui auraient mis en danger la vie de Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Mais la bande à Didier Julia, qui avait fait scandale en intervenant dans l’affaire des deux journalistes retenus en Irak entre août et décembre 2004, était bel et bien en étroites relations avec l’Elysée et tous les ministères en charge. C’est ce que démontre, en dix-neuf pages bien serrées, l’ordonnance de non-lieu dont Libération a eu connaissance, et qui exonère non seulement le député UMP Didier Julia mais aussi ses deux acolytes, Philippe Brett et Philippe Evanno, mis en examen depuis le 29 décembre 2004.

«On est vraiment soulagés. Cela confirme tout ce qu’on a raconté», affirment les deux sulfureux Philippe : Brett, l’homme d’action au physique imposant, et Evanno, le prof d’histoire à la fac, tout en rondeurs. En raison de sa qualité de député UMP depuis quarante ans, Julia n’avait pas été mis en examen mais bénéficiait du statut de témoin assisté. Le juge antiterroriste de l’époque, Jean-Louis Bruguière, accusait l’équipe d’«intelligence avec une puissance étrangère», en fait la Côte-d’Ivoire de Laurent Gbagbo, qui avait prêté son avion et financé la foireuse expédition syrienne de récupération des otages. Mais aujourd’hui, les juges Marie-Antoinette Houyvet et Marc Trevidic ne peuvent être plus clairs. «Les autorités françaises ont été tenues informées des négociations engagées pour obtenir la libération des otages, comme cela a été notamment confirmé par l’étude des facturations téléphoniques détaillées.» Et d’ajouter, pour bien souligner l’implication de l’Elysée et du Quai d’Orsay en contradiction avec leurs démentis indignés à l’époque, «dès lors, l’intervention des autorités françaises aux côtés de Philippe Brett, Philippe Evanno et Didier Julia, pour faciliter la libération des otages, est avérée et aucune infraction pénale ne peut donc être retenue contre eux.»

Implacable. La démonstration des juges tout au long de l’affaire, y compris au moment de la rocambolesque équipée de Damas, en septembre et octobre 2004, est implacable. Les chambres de l’équipe à l’hôtel Cham Palace de Damas ont ainsi été retenues par l’ambassade de France en Syrie. «On a même eu 50 % de réduction», raconte aujourd’hui Evanno.

Surtout, les écoutes téléphoniques montrent que tout au long de leur aventure, Brett et Evanno ont tenu informés l’Elysée, le Quai d’Orsay et le ministère de la Défense. Sur la base de l’analyse des puces des mobiles des deux Philippe, les juges notent : «Quatorze appels étaient émis ou reçus sur un numéro de portable attribué au ministère de la Défense, entre le 4 et le 8 septembre 2004.» Le 8 septembre, ce sont cinq appels vers une ligne du Quai d’Orsay. Et ça continue : «Six appels reçus d’une ligne attribuée au ministère de la Défense entre le 6 octobre et le 1er décembre 2004.»

Mieux encore, Bruno Carnez, un autre membre de l’équipe jamais inquiété, explique aux juges «qu’il avait agi sur instruction de son correspondant habituel à la DST et qu’à Damas, il faisait régulièrement le point avec le chef d’agence de la DGSE, qui était même associé à certaines réunions». On est loin des sévères admonestations de l’Elysée ou de Michel Barnier, alors ministre des Affaires étrangères, critiquant vertement l’équipe de Julia. «Carnez, c’est l’homme de Brochand [responsable alors de la DGSE et proche de Chirac, ndlr] et il avait mis sur pied l’équipe», explique une source proche du dossier.

Douteux. Il reste à savoir pourquoi le pouvoir s’est laissé embarquer dans cette diplomatie à la noix. L’Elysée espérait-t-il que les contacts supposés de Julia et Brett, tous les deux proches du régime de Saddam Hussein, allaient faire fléchir les ravisseurs ? Fallait-il alors se retrouver avec cette équipe mal ficelée d’intermédiaires douteux, proches des réseaux Afrique du RPR, avec en fond de sauce la Françafrique et Laurent Gbagbo, qui espérait reprendre langue avec Chirac ?





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