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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 20:15

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/09/12/les-etats-unis-et-l-iran-vont-amorcer-un-dialogue_1239496_0.html


Les Etats-Unis et l'Iran vont amorcer un dialogue

LE MONDE | 12.09.09 | 13h50  •  Mis à jour le 12.09.09 | 13h50

Malgré le refus des Iraniens de discuter de leur programme nucléaire, les Etats-Unis ont décidé, vendredi 11 septembre, d'accepter l'offre de Téhéran d'engager des conversations. Selon le porte-parole du département d'Etat, cette décision a été transmise par Javier Solana, le représentant européen, au négociateur iranien Saïd Jalili, au nom des cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Allemagne.

L'offre iranienne, présentée mercredi à Téhéran sous la forme d'une lettre de cinq pages remise aux ambassadeurs européens, russe et chinois, avait été jugée décevante dans un premier temps par les Occidentaux, car n'évoquant pas directement la question du programme nucléaire. Seuls les Russes l'avaient jugée de nature à exclure la discussion de nouvelles sanctions, notamment sur les produits pétroliers.

Vendredi, les directeurs politiques des six pays ont tenu une nouvelle conférence téléphonique. Selon le porte-parole américain, Philip Crowley, les gouvernements de ce groupe, dit "5 + 1", continuent à "étudier" le document, mais ont décidé de prendre Téhéran au mot. "Nous avons attendu pendant quelques mois que l'Iran réponde. Nous souhaitons maintenant une rencontre, sur la base du document iranien, pour voir ce que l'Iran est prêt à faire, a-t-il dit. Si l'Iran répond au fait que nous sommes intéressés par une rencontre, nous verrons quand celle-ci pourra avoir lieu. Le plus vite possible, nous l'espérons, et cela alors que nous nous dirigeons vers l'Assemble générale de l'ONU."

Le porte-parole américain, Philip Crowley, a aussi fait une mise au point sur le calendrier, éloignant ce qui est souvent présenté comme une date-butoir, le 15 septembre, et rappelant que M. Obama s'est donné jusqu'à la fin de l'année pour tirer le bilan de sa stratégie. "Comme le président l'a dit, nous allons employer ce mois-ci à évaluer où en est notre offre de dialogue. Cela nous conduira à une conclusion à la fin de l'année sur ce que cette approche a donné." Pendant la campagne électorale, M. Obama avait indiqué qu'il accepterait de négocier sans conditions préalables avec l'Iran.

Le document iranien a été publié à New York par le site d'investigation ProPublica par la journaliste Dafna Linzer, une spécialiste des questions de non-prolifération qui a couvert le débat irakien à l'ONU pour l'agence Associated Press avant de rejoindre le Washington Post. Il stipule que la République islamique est "prête à s'engager dans des négociations globales, complètes et constructives, visant à fournir un cadre précis pour des relations de coopération reposant sur le respect par toutes les parties des engagements collectifs (...)."

Comme la plupart des textes émanant de Téhéran, il abonde en généralités mais comporte des nuances qui ont été remarquées par les spécialistes : il n'attaque pas le "Grand Satan" sur sa politique étrangère des quarante dernières années, et n'insiste pas sur la volonté de Téhéran d'aller de l'avant dans son programme nucléaire. En revanche, il prend acte, indirectement, des efforts de l'administration Obama pour parvenir à une réduction des armements nucléaires dans le monde. Il salue aussi les efforts, sans autre précision, qui visent à "aider les Palestiniens à parvenir à une paix globale".

La lettre iranienne, dont l'authenticité n'a pas été mise en doute par Washington, met surtout en avant une liste de sujets de préoccupation que l'Iran souhaiterait évoquer : questions de politique et de sécurité, questions internationales et économiques. Parmi lesquelles, le trafic de drogue, l'immigration clandestine, et le souhait de voir "mis en oeuvre des programmes véritables de désarmement complet" ainsi que "la prévention du développement et de la prolifération des armes nucléaires", chimiques et biologiques.

Intervenant après une mise en garde de l'ambassadeur américain à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), la décision de l'administration Obama a provoqué une certaine incrédulité. Au département d'Etat, le porte-parole, qui venait lui-même de qualifier le texte iranien de "version réchauffée" d'une lettre précédente, a essuyé nombre de questions. "Il y a dans cette lettre un langage qui dit que le gouvernement iranien est disposé à entrer dans un dialogue. Nous allons tester cette proposition", a-t-il répondu.

Selon certains analystes, Washington a pris acte de la position russe, et ne souhaite pas donner le spectacle de divisions au sein du groupe des Six (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine et Allemagne) au moment où M. Obama doit participer à sa première Assemblée générale de l'ONU à New York du 22 au 24 septembre

M. Obama a prévu de présider le 24 septembre une réunion spéciale du Conseil de sécurité sur la non-prolifération, demandée par les Etats-Unis, qui ont introduit, vendredi, une résolution sur ce thème. Une fois de plus, le calendrier sert M. Obama. Les Etats-Unis occupant actuellement la présidence - tournante - du Conseil, un président américain présidera pour la première fois cette l'instance. La résolution introduite reprend les objectifs développés à Prague en avril par M. Obama dans son discours sur un monde "sans armes nucléaires", et notamment le renforcement du Traité de non-prolifération de 1970, qui vient en renégociation en 2010, comme tous les cinq ans, et qui comporte l'objectif d'un Moyen-Orient dénucléarisé.

Le porte-parole du département d'Etat a encore assuré que si des entretiens avaient lieu, les Six mettraient sur la table la question du nucléaire. Trita Parsi, l'un des avocats des négociations avec Téhéran, un analyste écouté de l'administration Obama, voit des aspects positifs dans cet élargissement des thèmes. "Si le gouvernement Ahmadinejad veut élargir l'ordre du jour jusqu'à parler" des racines de la crise économique et financière internationale "alors les Etats-Unis devraient inclure les droits de l'homme et la question des élections libres", dit-il.

Cette politique d'ouverture ne se limite pas à l'Iran. En même temps qu'il annonçait la décision sur ce dossier, le porte-parole du département d'Etat ajoutait que Washington acceptait une réunion bilatérale avec la Corée du Nord " dans le contexte des pourparlers à Six (Etats-Unis, Chine, Japon, Russie et les deux Corées)" alors qu'ils s'y étaient refusé jusqu'à présent.


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