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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 18:20


http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/10/02/les-grandes-puissances-amorcent-avec-precaution-un-dialogue-avec-l-iran_1248222_3218.html#ens_id=677013&xtor=AL-32280151


Les grandes puissances amorcent avec précaution un dialogue avec l'Iran


LE MONDE | 02.10.09 | 10h40  •  Mis à jour le 02.10.09 | 10h43


A défaut d'un geste iranien sur le "gel" de l'enrichissement d'uranium – encore réclamé par les grandes puissances une semaine plus tôt –, les discussions de Genève, jeudi 1er octobre, auront produit des surprises.

L'une a été l'annonce qu'une "conversation significative" avait eu lieu, durant la pause du déjeuner, entre le négociateur américain, William Burns, et l'émissaire iranien, Saïd Jalili. De source américaine, l'entrevue était décrite comme une première, à ce niveau, depuis trente ans de rupture de relations diplomatiques entre les deux pays.

L'autre surprise est venue de l'annonce d'un "accord de principe" pour que l'Iran transfère vers l'étranger (la Russie et la France ont été mentionnées) une partie importante de son uranium enrichi, afin qu'il soit transformé en combustible pour un réacteur de recherche à Téhéran produisant des isotopes médicaux.

Les modalités d'un tel transfert – pour autant qu'il soit décidé – sont restées très floues. Une réunion d'experts est prévue le 18 octobre à Vienne, au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

NOUVELLE RÉUNION AVANT FIN OCTOBRE

La rencontre entre la délégation iranienne et les représentants du groupe des six pays traitant depuis trois ans le dossier nucléaire (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Russie, Chine), en présence du Haut-Représentant pour la politique étrangère européenne, Javier Solana, a duré plus de sept heures. Elle s'est tenue dans une villa surplombant le lac de Genève, à l'écart des nombreux journalistes qui avaient afflué pour suivre l'événement concrétisant la politique de dialogue voulue par M. Obama.

Les participants ont convenu de se retrouver pour une deuxième session "avant la fin du mois d'octobre". L'Iran a accepté qu'une équipe d'inspecteurs de l'AIEA se rende dans un délai de deux semaines sur son site nucléaire de Qom. La subite divulgation de cette installation d'enrichissement d'uranium, tenue secrète pendant des années, avait placé, le 25 septembre, l'Iran sous une forte pression internationale.

De Washington, M.Obama a qualifié la journée de "début constructif", en ajoutant toutefois que l'Iran devait désormais enchaîner avec de "l'action constructive". "Les promesses de coopération doivent être remplies", a-t-il dit.

De New York, où il se trouvait après un étonnant déplacement d'un jour à Washington, le ministre iranien des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a souligné "l'atmosphère constructive" des discussions de Genève. Selon lui, celles-ci ont porté sur les thèmes contenus dans la lettre iranienne du 9 septembre adressée aux "Six", un texte vague accueilli avec consternation.

M. Mottaki a ajouté que l'Iran était prêt à hisser ce genre de rencontre au niveau d'un "sommet" de chefs d'Etat – un commentaire traduisant le souci iranien de saisir ces occasions pour relégitimiser le président Mahmoud Ahmadinejad, dont la réélection a été fortement contestée cette année.

L'idée d'un éventuel transfert d'uranium enrichi hors d'Iran semble s'insérer dans un vaste marchandage dont il est difficile de savoir où se situe la réalité et où est le bluff. L'Iran a amassé, selon le dernier rapport de l'AIEA, 1 500 kg d'uranium faiblement enrichi (à 4,5 %), une quantité qui suffit pour la fabrication d'une arme atomique à condition que cette matière soit portée à un taux d'enrichissement supérieur (à 90 %), de niveau militaire.

En juin, Téhéran s'était adressé à l'AIEA pour lui fournir de l'uranium enrichi à 20 %, la limite entre le civil et le militaire, afin de mener des recherches sur des "isotopes médicaux". Les pays occidentaux savaient que, si un refus lui était opposé, l'Iran pourrait alors décider de fabriquer lui-même la matière, passant ainsi à un enrichissement s'approchant du niveau militaire : un dangereux scénario de rupture.

En suggérant qu'une quantité de 1 200 kg d'uranium soit d'abord transféré hors du pays, les grandes puissances semblent accéder à la demande iranienne, au risque de légitimer des activités d'enrichissement qu'elles ont jusqu'à présent réprouvées. Mais comme l'a commenté le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, en visite à Moscou jeudi, si la réponse à la demande iranienne est "plutôt positive", rien ne semble imminent : "Nous n'en sommes pas là du tout."

"Ce n'est qu'un début, a commenté M. Solana à l'issue des discussions à Genève. Nous avons encore besoin de voir du progrès." Il a aussi précisé que la demande du "gel" de l'enrichissement d'uranium avait été mise sur la table.

De nombreuses questions demeurent. Le transfert d'uranium hors d'Iran et son retour dans le pays sous une forme plus enrichie est-il considéré comme envisageable sans "gel" préalable des activités de l'usine d'enrichissement de Natanz ?

De même, l'inspection de l'AIEA à Qom se limitera-t-elle à ce seul site, sans être élargie aux autres sujets de préoccupation de l'Agence restés sans réponses ? Si c'est le cas, l'Iran aura remporté une manche dans la partie qui vient de s'ouvrir.


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