Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 18:04

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/10/29/angolagate-charles-pasqua-veut-transformer-sa-condamnation-en-affaire-politique_1260216_0.html


"Angolagate" : Charles Pasqua veut transformer sa condamnation en affaire politique

LE MONDE | 29.10.09 | 14h49  •  Mis à jour le 29.10.09 | 14h49

Depuis sa condamnation à un an de prison ferme pour trafic d'influence passif, mardi 27 octobre, dans l'affaire de l'"Angolagate", Charles Pasqua tente de refaire le procès en multipliant les déclarations tonitruantes sur la "connaissance" que les plus hautes autorités françaises avaient des ventes d'armes à l'Angola. Après avoir réclamé la levée du secret-défense et lancé, mercredi, sur le plateau de Canal+, que cela "fera trembler un certain nombre de personnages de la République", il réitère ses accusations dans un entretien accordé au Figaro, jeudi 29 octobre, en donnant la liste de ceux qui "savaient" : "Le président de la République, le premier ministre, le ministre des finances et le ministre de la défense. Tous les quatre étaient forcément au courant. Sous le mandat de François Mitterrand de 1993 à 1995, puis sous la présidence Chirac de 1995 à 1998. Plus les deux premiers ministres concernés que sont Edouard Balladur et Alain Juppé", dit-il.

L'ancien ministre de l'intérieur est aussi disert aujourd'hui qu'il a été taisant pendant les cinq mois d'audience de l'"Angolagate". S'il est en effet une question qui sous-tend depuis le début cette affaire de vente d'armes, c'est bien celle du double jeu joué par les autorités françaises entre 1993 et 1998. Avec, d'un côté, l'affirmation répétée, par les plus hautes autorités de l'Etat, que la France, terre des droits de l'homme, ne vendait pas d'armes à un pays en guerre et que toute entorse à cette position relevait d'une "diplomatie parallèle " - dont elles rendaient responsables Charles Pasqua - hautement condamnable et ignorée d'elles.

Et de l'autre, comme en témoignent plusieurs notes versées au dossier, la connaissance, par les mêmes, de ces livraisons d'armes qui permettaient à la France de ne pas s'aliéner le président Dos Santos et l'accès à ses puits de pétrole.

Une note de la DGSE, datée du 6 décembre 1995, est particulièrement précise : "L'Angola a reçu d'un intermédiaire français non autorisé de grandes quantités d'armes", indique-t-elle. Elle a été adressée à la présidence de la République, au ministre des affaires étrangères, à celui de la défense et à leurs cabinets respectifs. Dans son réquisitoire, prononcé le 11 février, le vice-procureur Romain Victor avait lui-même observé que "certaines autorités françaises savaient qu'un commerce d'armes avait lieu". Le tribunal relève, pour sa part, dans son jugement, "l'inaction des autorités constituées dépeinte par certains comme le signe de leur ambivalence, par d'autres comme la marque de leur duplicité".

"La vérité sera sue"

Mais ce débat, que les juges auraient bien voulu voir ouvrir à l'audience, a buté sur le silence imposé par l'homme d'affaire Pierre Falcone à ses coprévenus. Tout juste avait-il observé, un jour de colère, qu'il avait été "l'homme à abattre, l'enjeu de bagarres entre factions ennemies, et ô combien ennemies, au sein du gouvernement de cohabitation. Je suis convaincu que, tôt ou tard, tout cela va éclater et qu'enfin la vérité sera sue !", avait-il ajouté. Mais il s'était gardé d'en dire davantage.

Pourquoi ce silence ? Parce que, jusqu'au bout, Pierre Falcone, Charles Pasqua et les autres ont cru qu'il les protégerait de sanctions judiciaires trop élevées. Que les enjeux diplomatiques et politiques d'une affaire qui met en péril les relations de la France avec l'Angola l'emporteraient sur les velléités de juger d'un tribunal. Les peines prononcées, six ans de prison ferme contre Pierre Falcone - avec un mandat d'arrêt à l'audience qu'il semble ne pas avoir un instant imaginé, tant il était convaincu de son impunité ; un an ferme contre l'ancien ministre de l'intérieur, les ont brutalement décillés.

La guerre est donc désormais ouverte. Charles Pasqua, menacé de toutes parts par des procédures judiciaires, semble bien décidé à régler les comptes non soldés du combat fratricide qui a opposé au sein de la droite, Edouard Balladur à Jacques Chirac. Et si l'on se souvient que, au moment des faits, le directeur de cabinet d'Alain Juppé au ministère des affaires étrangères, puis le secrétaire général de l'Elysée de Jacques Chirac en 1995 s'appelait Dominique de Villepin, et que, pendant cette même période, le ministre du budget s'appelait Nicolas Sarkozy, on mesure que ce qui se joue là n'est pas de l'histoire ancienne. Il y avait certes aussi pendant ces deux années de cohabitation, de 1993 à 1995, un président de gauche à l'Elysée. Mais la nouvelle génération du PS a terminé depuis longtemps son devoir d'inventaire sur les septennats mitterrandiens. On comprend mieux, dès lors, le soutien qu'un certain nombre de parlementaires PS, dont Arnaud Montebourg et Manuel Valls, apportent à la demande de Charles Pasqua en lançant une pétition pour obtenir la levée immédiate du secret-défense. Ceux-là n'ont en effet rien à perdre à raviver les plaies intimes et toujours vives de la droite.





Partager cet article

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens