Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 20:07

 

http://www.lorientlejour.com/article/816456/dans-le-caza-de-baalbeck-presque-chaque-localite-a-perdu-un-combattant-du-hezbollah-a-qousseir.html

 

Dans le caza de Baalbeck, presque chaque localité a perdu un combattant du Hezbollah à Qousseir

 

 

Par Patricia Khoder

 

 

Mardi 28 Mai 2013

 

 

Plus de cent vingt miliciens du Hezbollah ont déjà été tués dans la bataille de Qousseir, selon des sites internet ayant publié des listes de noms d’hommes morts au combat.

 

Dans le caza de Baalbeck, presque chaque village a perdu un milicien, au moins.

 

L’autoroute de Baalbeck à Hermel, toutes les cinq minutes des sirènes d’ambulance retentissent. Elles viennent de la frontière syrienne et transportent des miliciens du Hezbollah blessés à Qousseir.

 

Ici, le parti de dieu est très discret sur le nombre de ses hommes blessés ou tombés au front. Mais dans presque tous les villages, des banderoles rendent hommage à un « martyr », au moins. Des martyrs qui étaient, selon certains témoins, des combattants d’élite du Hezbollah. Selon d’autres, les martyrs étaient des jeunes qui n’ont pas une grande expérience dans les combats.

 

À Baalbeck, la voix d’un muezzin amplifiée dans un haut parleur annonce les funérailles d’un « martyr » dans l’après midi. « Depuis une semaine, presque tous les jours, c’est la même histoire. Ils annoncent la mort d’hommes tombés au front », soupire une femme dans les souks de Baalbeck.

 

Dans cette ville, fief du Hezbollah, qui rassemble encore des habitants des communautés sunnite, chiite et chrétienne, l’on choisit ses mots pour parler de la situation. C’est que depuis que les hommes du Hezbollah ont décidé de mener la bataille de Qousseir, la tension est montée d’un cran, non seulement dans Baalbeck, mais dans tout le caza.

 

Même si le Hezbollah participe à une guerre et, comme disent ses partisans, « sacrifie ses hommes pour une cause », l’on est bien loin de l’ambiance de juillet 2006, celle qui régnait lors de la guerre entre le Hezbollah et Israël. À cette époque, le Hezbollah sacrifiait ses hommes pour une cause nationale et, sûr de lui, laissait les journalistes circuler plus librement même dans certaines zones bombardées par l’aviation israélienne, organisant des visites et permettant aux femmes, aux hommes, aux enfants et aux personnes du troisième âge de parler à la presse de la situation.

 

C’est loin d’être le cas actuellement


À Eyat, on reçoit des condoléances sous une tente dressée à proximité d’une maison.

 

Les banderoles, portraits et drapeaux montrent que le jeune homme a été tué en Syrie.

 

Deux hommes, les larmes aux yeux, discutent pour savoir s’ils doivent ou non accueillir les journalistes sous la tente. Non, finalement, on donne aux curieux venus de Beyrouth une chaise en plastique très loin de la petite foule, en attendant le feu vert de la sécurité du Hezbollah pour savoir si l’on peut ou non parler. Mais cet accord des haut placés du Hezbollah à Baalbeck ne viendra jamais.

 

Aujourd’hui, le Hezbollah préfère garder les journalistes à distance. Tous les habitants des villages ayant perdu des hommes à Qousseir ne sont pas, vraisemblablement, aussi éloquents quand ils défendent la participation du parti aux combats en Syrie que le secrétaire général, les dirigeants ou encore les cadres du parti.

 

À Baalbeck, un habitant chiite indique, reflétant un point de vue largement partagé, qu’il « soutient le Hezbollah qui s’est constamment battu pour défendre les intérêts de la communauté et le Liban en entier », ajoutant cependant qu’il « aurait préféré que les hommes qui tombent à Qousseir meurent en se battant contre Israël et non en Syrie ».

 

Les cadres du Hezbollah, eux, vous livrent un autre discours. Ils affirment que « c’est l’ennemi israélien qui combat à Qousseir », que « les hommes qui tombent en Syrie ne meurent pas seulement pour le Hezbollah mais pour le Liban afin de défendre toutes les communautés libanaises contre le fondamentalisme sunnite ». Même s’ils soutiennent le président syrien Bachar al Assad, ils soulignent cependant qu’ils sont « pour la démocratie et les libertés publiques en Syrie ».

 

Dans les villages de la Békaa, les membres du Hezbollah empêchent les journalistes de prendre des photos ou de s’attarder dans la rue avec des personnes qu’ils jugent non fiables. Ces hommes et ces femmes pourraient être, par exemple, en train d’appeler au déploiement d’une armée forte dans tout le Liban ou de souhaiter que les libanais ne se tournent plus vers l’extérieur, qu’ils soient assez patriotes pour abandonner les armes et vivre en paix.

 

Que ce soit à Baalbeck ou d’autres localités du caza, il suffit qu’un homme vous repère, qu’il effectue un seul coup de fil pour qu’un groupe vous encercle et vous invite à quitter les lieux.

 

Aujourd’hui, plus que jamais, depuis 2006, quand il avait commencé à empêcher les journalistes de faire leur métier dans certaines zone du Liban, autorisant ou interdisant leurs allées et venues dans tel ou tel secteur, le Hezbollah est sous pression et sur le qui vive quand il s’agit de laisser filtrer à la presse un seul son de cloche, dans les localités qu’il contrôle.

 

C’est qu’aujourd’hui, à Qousseir et en Syrie, le Hezbollah est en train de mener, selon lui, une « guerre de survie ». Il a donc besoin de montrer que toute sa communauté, celle qui le soutient depuis qu’il a commencé sa lutte contre Israël, le suit comme un seul homme. Mais il semble, vu sa manière d’agir sur le terrain, que sa tâche sera difficile sur ce plan. Et il devra affronter une évidence, à savoir que plus la bataille de Qousseir dure et plus le Hezbollah continuera à perdre des hommes en Syrie, et plus les fissures seront profondes au sein de la communauté chiite.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens