Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 16:16

 

http://www.correiocidadania.com.br/index.php?option=com_content&view=article&id=8551:mpl-se-coloca-dentro-do-campo-da-esquerda-no-processo-politico&catid=72:imagens-rolantes

 

Le MPL se situe dans le camp de la gauche dans le processus politique

 

Vendredi 28 Juin 2013

 

Le Mouvement Passe Livre (MPL), qui a indiscutablement impulsé l’explosion  des protestations dans le pays, se trouve mis en avant sur la place publique de façon inédite, allant même jusqu’au cabinet de la présidence de la république. Avec la somme  de positions qui se sont ajoutées aux revendications autour du transport collectif, le prochain moment semble être celui de la réflexion et de la réorganisation des luttes qui ont éclaté en plein milieu de la coupe des confédérations de la FIFA.

 

Dans ce contexte, le « Correio da Cidadania », en partenariat avec Webradio Central Trois, a interviewé Daniel Guimarães,  membre du mouvement, pour débattre avec lui et approfondir des positions politiques dans une situation dans laquelle diverses questions sociales se sont imposées dans le cours du débat. Des interviews avec  des militants d’autres mouvements sociaux progressistes suivront. 

 

Pour Daniel, « ce qui se passe est le reflet du processus conduit par le gouvernement fédéral et la FIFA, contre les intérêts populaires, s’attaquant aux intérêts de la population, retirant le droit de libre manifestation des personnes, allant jusqu’à l’expulsion forcée de personnes de leur logement et utilisant l’argent public pour financer un évènement privé. L’addition qu’il faut payer commence à être présentée ».

 

Dans ce nouveau moment des luttes à l’horizon, il souligne « que le MPL se revendique de la tradition des luttes de gauche, des luttes pour les intérêts de la population, de ceux d’en bas, contre l’offensive du capitalisme, de l’Etat et de la violence ». Sur les transports, après cette première victoire, l’annulation de l’augmentation des tarifs, il dit que le mouvement continuera à travailler sur ce thème, y compris avec un projet de loi d’initiative populaire pour le  tarif gratuit.

 

Correio da Cidadania : Comment le mouvement a-t-il reçu la victoire de la réduction du tarif d’autobus, du métro et des trains à Sao Paulo ? Comment analyse-t-il le moment et digère-t-il toute cette exposition sur la place publique?

 

Daniel Guimarães : En réalité, ce n’est pas la première fois que nous obtenons l’annulation d’une augmentation, il y a eu d’autres annulations au Brésil, antérieurement. Mais à Sao Paulo c’est la première fois, ce qui a un impact important car il s’agit de la plus grande ville du Brésil. C’est un pas en avant  très important, non seulement pour le MPL, mais pour toute la gauche, qui n’est pas nécessairement habituée à vaincre dans l’affrontement pour de meilleures conditions de vie et à connaître des avancées dans ses luttes. Ce n’est pas tous les jours que cela arrive et il s’agit là d’un facteur qui va avoir un effet pédagogique important.

 

Correio da Cidadania : Comment vois tu le moment politique, après ces semaines de manifestations massives ? Il y a-t-il une accalmie ?

 

Daniel Guimarães : Je pense que ces manifestations furent réellement très inattendues. Elles sont même sorties hors du camp  de la gauche, et il est arrivé un certain moment où il y a eu la crainte que des groupes de droite ne puissent bénéficier des manifestations de masse. Mais nous pouvons observer que là où il y a eu victoire, ce fut une victoire de gauche, dans le cas de l’annulation des augmentations des tarifs de transport, et cela dans plus de cinquante villes du Brésil, parmi elles onze capitales régionales.

 

Et quand les groupes de gauche se sont retirés de  la lutte, pour pouvoir réfléchir et donner une continuité à leurs objectifs, les manifestations de masse auxquelles la grande presse a appelé, tentant de les encadrer dans leurs propres plans contre le gouvernement du PT, elles ont été moins nombreuses. Il semble que c’est ce qui est arrivé à Sao Paulo et ce qui commence à se passer au Brésil.

 

Correio da Cidadania : Comment analysez vous les massives protestations dans les villes qui étaient le siège de la coupe des fédérations ? Comment penses tu que les évènements vont se développer après la fin de cet évènement test pour la coupe de 2014 ?

 

Daniel Guimarães : Tout d’abord, ce qui arrive maintenant est le reflet du processus conduit par le gouvernement fédéral et la FIFA, à l’encontre des intérêts populaires, attaquant les intérêts de la population, retirant le droit de libre manifestation des personnes, arrivant jusqu’à l’expulsion forcée  de personnes de leur logement, et utilisant  l’argent public pour financer un évènement privé.

 

Maintenant l’addition commence à être présentée. Je crois que probablement, à la fin de la compétition, les groupes spécialisés sur ces questions vont évaluer leurs participations, intensifier leurs débats, et combattre idéologiquement à l’intérieur de la société.

 

L’an prochain il y a la coupe du monde et je n’arrive pas à imaginer que pendant sa réalisation il puisse y avoir le silence. La tendance est que ces processus de lutte s’intensifient durant le grand moment que représente la coupe du monde.

 

Correio da Cidadania : Comment le MPL se prépare t il pour continuer la lutte pour le tarif gratuit ?

 

Daniel Guimarães : Depuis déjà quelque temps, nous avons un projet de loi d’initiative populaire qui a besoin de quatre cent trente mille signatures pour être officiellement présenté à la chambre des conseillers  municipaux. Nous avions commencé la campagne de signatures.

 

Maintenant, après ce processus, qui a mis tellement en avant le nom du MPL ainsi que le débat sur la gratuité des transports, nous allons reprendre la question. Nous allons nous organiser pour définir le mois prochain comment sera la nouvelle journée de mobilisation,  mais l’idée est maintenant de mettre en place le projet, de le faire transiter par la chambre municipale et d’ « attendre » le temps nécessaire pour conquérir la gratuité du transport dans la ville de Sao Paulo.

 

Correio da Cidadania : En plus de la gratuité du transport, quelles autres revendications doivent figurer dans l’agenda du mouvement ? N’est-il pas indispensable de poser la question de l’étatisation du transport public, face à des gouvernants qui déclarent nécessaire d’arrêter des investissements pour pouvoir baisser les tarifs ?

 

Daniel Guimarães : Nous avons aussi cette discussion (de l’étatisation).   Il y a plusieurs noms et dénominations donnés à ce que nous défendons. C'est-à-dire que la gestion du système de transport collectif public, doit être une responsabilité du pouvoir public, non pas des entreprises privées. Et ceci avec la participation  populaire directe et délibérative, définissant comme devrait être le système, où il doit il y avoir des autobus, pourquoi il y aura des autobus à tel endroit et la quantité de véhicules. Ces choses ne doivent pas être laissées aux mains de l’entreprise privée.

 

Haddad a annulé la loi qui prévoyait l’entrée de nouvelles entreprises dans la gestion du transport collectif, mais, au delà de toutes les mobilisations qui ont forcé le maire de Sao Paulo à prendre cette décision, les chefs d’entreprise étaient en train de faire pression sur lui parce qu’ils considéraient que le modèle présenté par la municipalité réduisait leurs bénéfices de dix pour cent. Et ils étaient disposés à déposer des bulletins blancs, comme forme de protestation et de boycott, menaçant de retirer une certaine quantité d’autobus des rues. Ceci est un exemple clair qui montre les raisons pour lesquelles on ne peut pas avoir d’entreprises privées qui déterminent le fonctionnement du système de transport dans la ville.

 

Si cela s’appelle municipalisation ou étatisation, c’est là une discussion secondaire, dans ce  moment où nous allons approfondir un modèle spécifique possible et adéquat pour le mouvement et les autres groupes qui voudraient nous appuyer dans ce projet. L’important c’est qu’il soit en faveur de l’intérêt public et non privé.

 

Correo da Cidadania : Comment appréciez-vous les deux dernières rencontres avec l’exécutif, à tous les niveaux, d’abord la rencontre avec Dilma à Brasilia, ensuite la décision d’Alckmin  après la rencontre avec le MTST ?

 

Daniel Guimarães : Tout d’abord, disons qu’ils ont dû céder ces espaces de discussion. Au tout début  ils n’ont pas cherché le dialogue. Au contraire ils ont creusé leurs distances, ils disaient explicitement que ces revendications, c’était demander l’impossible, ils disqualifiaient les manifestants, les traitant de casseurs, de vandales, essayant de nous criminaliser.

 

Grâce à la pression populaire, massive, ils ont dû reculer. Comme on dit, sous la pression, ils ont cédé les bagues pour ne pas perdre les doigts. C’est bien ainsi que cela s’est passé tant à la mairie qu’au niveau du gouvernement de l’état de Sao Paulo.

 

Au niveau fédéral je crois qu’il y a eu une autre composante. Le gouvernement fédéral s’est vu dans l’obligation de répondre par un « agenda positif ». Le MPL n’était même pas dans les rues en train de manifester quand la présidente invita le mouvement à lui faire entendre nos propositions. Certaines, c’était amusant, elle ne les a pas comprises, la présidente ne s’était pas préparée à discuter tarif gratuit et transport public.

 

Mais nous ne pensons pas que le mouvement a été appelé seulement parce qu’il a de bonnes idées ou parce qu’il s’organise autour de cela depuis longtemps. En réalité ce fut parce qu’il a réussi, aux côtés de plusieurs autres organisations, à construire une pression populaire, et c’est seulement celle-ci qui est capable de renverser un rapport de force qui semblait jusque là apparemment stabilisé.

 

Correio da Cidadania : Le MPL prétend-t-il affirmer publiquement une position politique plus claire, face à la variété de positions mises en avant par les médias et en fonction des offensives de la droite ?

 

Daniel Guimarães : Pour le moment il n’y a pas de discussion à ce sujet. Le mouvement se réunit constamment, mais nous discutons de la question du transport. Cependant, il est bon de clarifier que le MPL se situe dans le camp de la gauche dans le processus politique. Le MPL se revendique de la tradition des luttes de gauche, des luttes pour les intérêts de la population, de « ceux d’en bas », contre l’offensive du capitalisme, de l’Etat et de la violence.

 

Même si nous sommes centrés sur notre question, celle du transport, et que nous n’avons pas mis en avant certaines revendications d’ensemble, nous avons adressé dans notre lettre à Dilma une série de revendications d’autres mouvements, exigeant y compris la fin de la violence de l’Etat contre des populations indigènes et les luttes des travailleurs.

 

Correio da Cidadania : En ce qui concerne les prisonniers politiques, le MPL est il en train de chercher une solution et une négociation d’ensemble sur leur situation ?

 

Daniel Guimarães : Oui, le mouvement apporte son appui aux détenus. Il n’existe aucun prisonnier pour l’instant, ils ont tous été libérés, mais certains peuvent être poursuivis pour conspiration. Nous luttons collectivement, bien sûr, et donnons notre appui pour que la justice ne tienne même pas compte de telles accusations avant qu’elles ne deviennent un procès criminel. Et il est possible, oui, que nous obtenions cela. 

Partager cet article

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens