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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 18:54

http://www.france-irak-actualite.com/article-entretien-n-1-fbi-saddam-hussein-7-fevrier-2004--43122027.html


http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Irak.Gilles_Munier.170110.htm


Entretien conduit par George L. Piro

Rapport traduit de l’arabe en anglais par le FBI   

Traduction en français : Xavière Jardez

Titre sous titres et notes : Gilles Munier

Seul Dieu ne commet pas d’erreurs…

« Pensez-vous que je dirais à mes ennemis si j’ai commis une faute ? »

Saddam Hussein (Détenu de Haute Valeur n°1) a été interviewé le 7 février dans un bâtiment de détention militaire à l’Aéroport  International de Bagdad (AIB), Bagdad, Irak. Hussein (1) a fourni les informations suivantes :

Hussein a déclaré qu’il servait le peuple irakien depuis très longtemps. Il considère que ses plus belles réussites ont été son programme social et les progrès obtenus dans les secteurs économiques, ainsi que la promotion de l’éducation, l’amélioration du système de santé ; le développement de l’industrie, de l’agriculture et d’autres domaines qui ont augmenté le niveau de vie général des Irakiens. 

En 1968, le peuple « n’avait virtuellement rien ». La nourriture était rare, tant dans les villages que dans les villes. Les terres agricoles étaient négligées et les méthodes de production, primitives. L’économie dépendait exclusivement de la production pétrolière, celle-ci étant pour la plus grande partie exportée par des compagnies étrangères, sans contrôle gouvernemental. Comme le pays produisait peu, la plupart des biens était importée, le système de santé était « primitif » et le taux de mortalité chez les pauvres, très élevé. Chez les enfants, il était estimé entre 40% et 50%. Le taux d’alphabétisation tournait autour de 27% bien que ceux considérés comme « alphabétisés » ne possédaient aucune véritable compétence dans l’une ou l’autre des matières. Les routes étaient quasi inexistantes dans les régions rurales et « très mauvaises » en ville. Même à Bagdad, les chances de poursuivre des études universitaires étaient limitées. Seules quelques villes avaient une faculté. En règle générale, seuls les riches pouvaient envoyer leurs enfants à l’université.

Hussein a amélioré la situation dans tous ces secteurs. Il considère cela comme sa plus grande réalisation, son « service » au peuple irakien.

Ce qui compte, c’est ce que le peuple pensera de lui dans 500 ou 1000 ans

A la question sur les fautes qu’il a commises, Hussein a répondu que tous les êtres humains en font.  Seul Dieu ne commet pas d’erreurs. Il a noté que l’interrogateur était « intelligent » et qu’il semblait avoir lu ses précédentes interviews. Hussein a dit : « Il se peut qu’une conversation entre deux personnes éduquées ne soit pas  utile ou un échec». Si quelqu’un dit qu’il est parfait, alors il se prend pour Dieu. Hussein a précisé que tous ses efforts n’étaient pas vus par tout le monde comme une réussite. Hussein a ensuite comparé ce que certains ont dit de lui et les opinions qu’il ne partage pas sur le système américain de gouvernement dont il est « peu convaincu ». Il a souligné que quelque 30 millions d’individus vivent dans la pauvreté aux Etats-Unis mais que les Américains ne considèrent pas cela comme « un crime ». Hussein a dit qu’il n’aurait jamais accepté une telle situation en Irak. A la question réitérée sur ses erreurs, Hussein a répondu : « Pensez-vous que je dirais à mes ennemis si j’ai commis une faute ? ». Il a dit qu’il ne signalerait pas ses erreurs à un ennemi, l’Amérique. Il tint à signaler que pour lui, l’interviewer n’était pas à un ennemi, ni le peuple américain, mais que c’était le système américain de gouvernement.

Hussein a déclaré qu’il n’est pas seulement important de savoir ce que le peuple dit ou pense de lui maintenant, mais ce qu’il pensera de lui dans l’avenir, dans 500 ou 1000 ans. Ce qui importe est ce que Dieu pense. Si Dieu croit en quelque chose, Il convaincra le peuple de le croire. Si Dieu n’est pas d’accord, ce que le peuple pense n’a aucune importance. Hussein a ajouté qu’un « traître » a fourni le renseignement qui a conduit à sa capture. En tant qu’ « hôte » du lieu, et en tant qu’Irakien, il n’aurait pas dû être livré aux forces US. Les petits-enfants de ce « traître »  le rendront responsable devant les générations futures.

Hussein croit que, plus tard, il sera connu pour son équité et la façon dont il a «fait face à  l’oppression ». Enfin, ce que les Irakiens penseront dépendra d’eux. Hussein a déclaré que les Irakiens ne compareront pas les dirigeants de l’époque préislamique à ceux de la période islamique.

Hussein croit que les citoyens irakiens ont eu la possibilité d’exercer leur droit à s’autogouverner comme le garantissait la Constitution intérimaire de 1990, parce que le peuple avait un chef et un gouvernement pour le conduire.

Hussein pense que l’Irak « ne mourra pas ». L’Irak est une grande nation maintenant comme il l’a été à certaines époques de l’histoire. Les nations n’atteignent le «sommet » généralement qu’une fois. L’Irak, cependant, y est parvenu de nombreuses fois, avant et après l’Islam. L’Irak est le seul pays dans l’histoire du monde qui ait fait cela. Dieu a donné ce « don » au peuple irakien : quand le peuple irakien tombe, il se relève. Hussein pense que le peuple irakien « prendra  les choses en main », se gouvernera et, avec Dieu, décidera de ce qui est bien. Hussein espère que l’Irak progressera dans tous les domaines, financier, religieux, etc… Il a ajouté, qu’en tant qu’humaniste, il souhaite qu’il en soit de même pour le peuple américain.

« Je souhaite qu'il y ait d'autres partis que le Baas »

On a cité à Hussein un passage du livre « Zabiba et le Roi » (2), qui lui a été communément attribué, où les députés crient « Vive Zabiba, Vive le peuple, Vive l’armée ». Les députés ne crient pas « Vive le Roi ». On a demandé à Hussein s’il pensait que le peuple irakien l’oublierait ou ne l’acclamerait plus. Il a répondu : « Non, cela est entre les mains de Dieu ». Hussein a souligné que le sujet principal du livre n’est pas le roi, mais le peuple. Il a ajouté que Dieu venait en premier, puis le peuple. Hussein a ajouté que Jésus Christ était considéré comme «homme du peuple », de même que Marie et que le Christ avait vécu parmi le peuple. Etre loyal est une chose bénie, être un traître est la pire des choses. Hussein a déclaré : « Dieu voulait nous dire de ne pas être surpris si des gens vous trahissent ». Hussein a terminé cette partie de l’entretien  en disant « un prisonnier ne peut rien faire pour le peuple ». Il a dit qu’il devait toujours avoir foi en Dieu et a répété : « C’est entre les mains de Dieu ».

Hussein a affirmé que le Front Progressiste National a existé comme parti politique tout d’abord sous le nom de Front National de 1970 à 1974. Il comprenait le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK), le Parti Communiste et le  Parti Baas. Les partis politiques en Irak comme c’est le cas dans les autres pays, manifestaient leurs différences. Certains groupes, dont les Kurdes, ne croyaient pas au socialisme dans les mêmes termes idéologiques que le Parti Baas. En 1991, la Constitution n’ayant pu être votée en raison de la 1ère Guerre du Golfe, le Front Progressiste National ne put voir le jour.

Hussein a estimé que tout individu, loyal à l'Irak et au peuple, fait partie du Baas. Le parti Baas assume la responsabilité des succès et des erreurs. En 1989 et encore en 2002, Hussein a essayé, en vain, de convaincre ses « collègues » de la nécessité du multipartisme car, selon lui, un seul parti n’était pas bon pour l’Irak. Il dit : « La vie n’accepte pas une seule idée, elle n’accepte qu’un seul Dieu ». Hussein a poursuivi en disant qu'un système politique semblable à celui des Etats-Unis, avec de multiples partis, générerait de nombreux « traumatismes » au peuple irakien, car il serait contraint de l’accepter. Hussein a dit : « Je souhaite qu'il y ait d'autres partis que le Baas ». Les divergences, que ce soit dans une famille, dans un gouvernement, ou au sein du peuple, sont bonnes. Hussein a conclu cette partie de la discussion en constatant : « Aujourd'hui, les seuls partis existant en Irak sont ceux qui ont
des armes ».

Le peuple résiste sous la « bannière » de Hussein

On a lu à Hussein un autre passage de « Zabiba et le Roi » où il est écrit : «  Je suis un grand dirigeant. Vous devez m’obéir. Et pas seulement cela, vous devez m’aimer ». On lui a ensuite demandé si un dirigeant peut atteindre la grandeur par ses réalisations ou l’obtenir par la peur. Hussein a répondu que la peur ne peut ni faire pas un dirigeant ni qu’il soit aimer du peuple. L’amour vient de la communication. L’ « auteur » de ce livre compare le Roi aux rois qui l’ont précédés. Il ne veut ni appuyer, ni favoriser l'idée de la monarchie auprès du peuple car « il » n'approuve pas cette forme de gouvernement. Ainsi, le Roi meurt et Zabiba vit comme symbole du peuple.

Hussein croit que le peuple l'aimera plus après sa mort qu’à l’heure actuelle. Le peuple résiste à l'occupation de l’Irak, aujourd’hui comme hier, sous la « bannière » de Hussein. Bien que maintenant Hussein ne soit pas au pouvoir, mais en prison.

Hussein a déclaré que le peuple aime une personne pour ce qu'elle a fait. Au cours de sa Présidence et avant il a beaucoup fait pour l’Irak. Il a conclu un accord de paix avec Barzani (les Kurdes) dans le nord en 1970. Il a nationalisé l’industrie pétrolière irakienne en 1972. Il a soutenu, en 1973, la guerre contre Israël en Egypte et en Syrie. L’Irak a survécu à huit ans de guerre contre l’Iran, de 1980 à 1988 et la Première guerre du Golfe peu après. L’Irak a vécu 13 à 14 ans de boycott. En dépit de ces souffrances et de ces malheurs, 100% des Irakiens votaient pour lui aux dernières élections. Pour Hussein, cela signifiait qu’ils soutenaient leur leader.

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