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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 21:11

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110125/twl-liban-crise-bd5ae06.html

Le Hezbollah enfonce le coin entre Liban et Occident (Reuters)

L'équilibre du pouvoir au Liban s'est sensiblement déplacé mardi vers la Syrie et l'Iran avec la nomination comme Premier ministre d'un homme poussé par le Hezbollah, le puissant mouvement chiite qui a fait chuter le 12 janvier la coalition pro-occidentale à la tête du pays depuis six ans.

Si l'ancien Premier ministre Nadjib Mikati, 55 ans, chargé par le président Michel Souleïmane de former le nouveau cabinet, a tendu la main à tous les groupes politiques, son prédécesseur Saad Hariri, un proche de Ryad, a exclu de participer à une équipe soumise via le Hezbollah à l'influence iranienne.

La crise a éclaté lorsque les ministres du Hezbollah et de formations alliées ont démissionné, à cinq jours du dépôt devant le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) d'un acte d'accusation qui mettrait en cause le mouvement chiite dans l'assassinat en février 2005 de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad.

Depuis, le ralliement du leader druze Walid Djoumblatt et de plusieurs de ses députés au sunnite Mikati a privé Hariri de sa majorité. Les partisans de ce dernier ont organisé mardi une "journée de colère" à Tripoli, la ville d'origine de ce milliardaire lié à la Syrie.

Par son biais, celle-ci revient donc un peu plus dans le jeu libanais après en avoir été chassée militairement et presque politiquement sous les pressions des Etats-Unis, de l'Arabie et de la France à la faveur de la vague d'indignation provoquée par le meurtre de Rafic Hariri, dont Damas était alors soupçonné.

"MIKATI RISQUE UN SUICIDE POLITIQUE"

Près de six ans plus tard, la Syrie et l'Iran, via leurs alliés locaux libanais, semblent avoir repris l'avantage à Beyrouth sur leurs adversaires pro-occidentaux, et ce, le plus légalement qu'il soit puisque Mikati disposera d'une majorité au parlement de 68 sièges sur 128.

Mais, au Liban, l'arithmétique parlementaire compte parfois moins que le consensus au sein de la mosaïque religieuse du pays, dont le Pacte national prévoit que le chef de l'Etat soit chrétien maronite, le Premier ministre sunnite et le président de la Chambre des députés chiite.

"Si la communauté sunnite n'accepte pas Mikati, on aura un problème", juge Hilal Khachane, professeur de science politique à l'université américaine de Beyrouth (AUB), car l'esprit du Pacte serait violé. Pour lui, Mikati risque un "suicide politique" s'il défie Hariri, chef de la communauté sunnite.

Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, a donc invité mardi Mikati à former un "gouvernement de partenariat national", mais Hariri a exclu d'y participer et ses partisans évoquent une tentative de coup d'Etat pour placer le gouvernement sous tutelle de l'Iran.

Le Premier ministre sortant a toutefois lancé un appel au calme à ses partisans. "L'appel que je vous lance est un appel national. Vous êtes en colère, mais responsables. Je comprends vos sentiments. Cette colère ne doit pas nous conduire à ce qui contredit nos valeurs", a-t-il dit.

"MAUVAISES CARTES AUX MAUVAIS MOMENTS"

Appelant "toutes les parties à la retenue" et à éviter "tout recours à la violence", la France a estimé "indispensable" que le processus de formation du gouvernement "reflète le choix indépendant et souverain des Libanais, à l'abri de toute ingérence et par le dialogue".

Alors que la priorité du Hezbollah est visiblement de miner le Tribunal spécial, le Quai d'Orsay a appelé "le futur gouvernement à respecter les engagements internationaux pris par le Liban, notamment s'agissant du Tribunal spécial pour le Liban".

Les Etats-Unis, qui soutiennent aussi le TSL, ont fait savoir qu'un accroissement du rôle du Hezbollah, qu'ils classent en tant que groupe terroriste, affecterait les relations bilatérales.

Karim Makdisi, professeur de relations internationales à l'AUB, voit mal, néanmoins, comme Washington pourra influer décisivement sur le cours des événements à Beyrouth.

"Ce n'est pas tant que le Hezbollah, l'opposition ou la Syrie aient accompli quelque chose d'ingénieux au niveau stratégique pour prendre la main", souligne-t-il. A ses yeux c'est plus le camp de Hariri et ses alliés occidentaux, "notamment les Etats-Unis, et l'Arabie saoudite dans une moindre mesure", qui ont "marqué contre leur camp".

"Ils ont toujours semblé jouer les mauvaises cartes aux mauvais moments."




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