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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 18:48

 

Communiqué Conférence de presse 12 août 2012

Une rentrée sous le signe de l’inquiétude

Aujourd’hui, à la veille de la rentrée sous la contrainte de la Loi 12, nous, mères en colère et solidaires, parents contre la hausse, professeurs contre la hausse et têtes blanches carré rouge, voulons d'une part, apporter notre soutien aux étudiantes et aux étudiants et leur faire savoir notre confiance quant aux choix difficiles auxquels ils et elles sont confrontées. C'est un sentiment de fierté qui nous anime quand on pense au courage et à la détermination dont ils ont fait preuve. D’autre part, nous voulons manifester publiquement nos inquiétudes et notre appréhension quant aux choix des autorités politiques en regard de cette crise et plus particulièrement de la présente rentrée.

Nous ne souhaitons pas être des prophètes de malheur, mais à cause des expériences pénibles vécues le printemps dernier sous le signe de la répression politique et de la violence policière, nous avons de solides raisons de craindre pour l’intégrité physique et morale de nos enfants et petits-enfants.

L’été ne nous a pas fait oublier le mépris et le manque de respect du gouvernement et de son appareil législatif, administratif et policier face au fantastique rafraîchissement que la jeunesse étudiante a su insufflé au concept de la démocratie.

L’été ne nous a pas fait oublier qu'en réponse à leurs aspirations, à leurs revendications légitimes et à leur demande de négociations, ils n’ont reçu de la part des autorités que fin de non-recevoir, brutalité et violence.

Nous continuons à dénoncer le projet de loi 78, devenu la loi 12, comme l’ont fait de nombreuses personnes et organisations dont la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le Bâtonnier du Québec, un important groupe de juristes ayant même pris la rue, de nombreux enseignants d'ici et de partout dans le monde. Cette loi impose, rappelons-le, des amendes de mille dollars à trente cinq mille dollars pour les personnes et de vingt cinq mille dollars à cent vingt cinq mille dollars pour les organisations. Cette loi est l’inacceptable abus de pouvoir d’un gouvernement qui n’a pas su faire convenablement son travail de négociateur lorsqu’il en était temps, et qui a choisi la force pour imposer ses politiques et tenter de casser l’élan de toute une jeunesse. Les conséquences de cette loi sont lourdes : atteintes à des droits et libertés fondamentales, établissement d’un climat de peur et criminalisation de l’expression démocratique, tant au sein de la population étudiante, que du côté des enseignants et enseignantes et des citoyens et citoyennes qui les appuient.

Le déclenchement d’élections générales pour le 4 septembre, et donc d'une campagne électorale au beau milieu d'une rentrée scolaire difficile ne peut que nous porter à croire que ce gouvernement aux abois l'a fait sciemment dans l'espoir de tirer profit du climat d'instabilité qu'il a lui-même contribué à instaurer.

En cette veille de rentrée, rien n’est réglé, la lutte se poursuit. Quelles formes prendra-t-elle? Nous voulons faire savoir à tous les étudiantes et les étudiants qui ont si formidablement engagé cette lutte que nous sommes fiers et impressionnés par leur intelligence, leur rigueur, leur créativité, leur courage et leurs pratiques profondément démocratiques. Leur énergie nous donne confiance en un avenir qui pourra rompre avec le cynisme de la population à l'égard du politique, avec des orientations économiques et sociales dogmatiques, remettant en question la logique du "travaille, consomme et ferme ta gueule" selon la formule lapidaire reprise à maintes fois lors des manifestations. Nous voulons dire aux étudiants et aux étudiantes : Peu importe les choix que vous ferez, les chemins qu’emprunteront vos actions, nous serons à vos côtés.

Mais dans l'immédiat, nous voulons aussi nous adresser aux élus, à ceux et celles qui occupent des postes de hautes responsabilités pour leur demander de faire preuve de discernement. Dans un État démocratique, la politique de la loi et de l'ordre, l'usage de la force, le recours à la violence et la brutalité devraient être proscrit. Les titulaires de l'autorité doivent faire preuve d'écoute, de respect, démontrer une volonté de négocier de bonne foi dans un contexte où chacun et chacune se sent en sécurité.

Au ministre de la Sécurité publique et responsable de la SQ, Robert Dutil, au maire de Montréal et responsable du SPVM, Gérald Tremblay, nous demandons d’envoyer un message clair aux différentes forces policières. Tout doit être fait pour mettre fin à la répression brutale, à la violence stérile, au matraquage et au gazage de nos enfants et petits enfants. Malgré les discours démagogiques et trompeurs repris par les médias de masse, le carré rouge que nous portons avec eux n'est pas synonyme d'intimidation et de violence (sic) ou de terrorisme (resic). Assurer le respect des droits fondamentaux est également de votre responsabilité. La répression et la violence qui s’exercent sur le mouvement étudiant ne sont pas dignes d’une société qui se prétend démocratique et civilisée. Vous avez le mandat d'assurer la paix sociale et non de semer la discorde et la violence

Yolande James, ministre de la Famille et de l’Enfance : Nous vous avons déjà interpellé pour savoir ce que vous aviez l'intention de faire pour assurer le bien-être de l’ensemble des familles du Québec secouées par l’ampleur des évènements du printemps. Nous attendions de votre part des prises de position et des actions axées sur la conciliation. Qu’avez-vous fait depuis notre rencontre?

Et vous, directions générales des collèges et doyens des facultés, que ferez-vous pour respecter les décisions des assemblées étudiantes, vous cacherez-vous derrière la Loi 12 en faisant appel aux forces de l’ordre comme au printemps dernier? Nous vous demandons d’assurer l’intégrité physique et morale des étudiants qui tentent démocratiquement de participer à l'amélioration du milieu scolaire au Québec et par là à la construction d’un monde meilleur.

Nous désirons aussi nous adresser à l’ensemble de la population du Québec. Au cours des derniers mois, nous avons entendu le meilleur et le pire au sujet de la lutte étudiante. Beaucoup ont tenté de démoniser ce mouvement. Depuis longtemps, au Québec, n’avions-nous eu de débat dans l’espace publique aussi sensible et épidermique soulevant les passions. Au-delà des différences idéologiques, un des impacts majeurs de la lutte du mouvement étudiant aura été de nous secouer dans notre confort et notre indifférence. Leur engagement nous a démontré l’importance et la possibilité de l’implication de toutes et tous dans l’espace public pour revivifier l’exercice d’une démocratie qui ne se résume pas à aller voter aux quatre ans. La vie politique est un espace de paroles, de débats, de prises de positions et d’actions au quotidien sur l’ensemble des questions d’intérêts publics donc, on devrait toutes et tous se sentir concernés. Nous vous invitons donc tous, concitoyens et concitoyennes à appuyer et défendre le mouvement étudiant dans sa lutte pour le respect des droits collectifs et pour une plus grande démocratie. Nous vous invitons à être des témoins actifs.

Mères en colère et solidaires, parents contre la hausse, professeurs contre la hausse, têtes blanches carré rouge

Pour communication : meresencolere@hotmail.com
 

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